Le nouveau wali de Tipasa Hadj Moussa Omar a organisé, samedi, sa première rencontre avec les représentants de la presse locale au siège de la wilaya pour une prise de contact, deux semaines après son installation dans ses nouvelles fonctions en remplacement de Mohamed Bouchemma, démis de ses fonctions dans le cadre du mouvement des walis.

Cette rencontre avec les correspondants locaux de la presse écrite et audiovisuelle a eu lieu suite à une rencontre avec les 28 présidents d’Assemblée communale et des 10 chefs de daïra. Il leur a été fait part des nouvelles orientations générales en matière de gestion du développement local, en insistant sur la prise en charge des besoins des citoyens qui sont très nombreux, ces dernières semaines, à exprimer haut et fort leur mécontentement en bloquant les routes et cadenassant les sièges des administrations locales, un nouveau mode de protestation.
Diplômé de l’Ecole nationale de l’administration (ENA), le nouveau chef de l’Exécutif est un enfant de l’administration locale puisqu’il a occupé, avant sa nomination à Tipasa, le poste de secrétaire général de la wilaya de Biskra après avoir été à la tête de la daïra d’Adrar et de Biskra de 2009 à 2015. Le nouveau wali a invité tous ceux concernés par le développement de la wilaya à unifier leurs efforts pour être au service des citoyens et améliorer leurs conditions de vie. Il a indiqué que la priorité, pour lui, sera accordée au programme de logements, dont 6 000 unités devraient être distribuées cette année, pour peu que les délais relatifs aux aménagements extérieurs soient achevés. Concernant les situations de blocage au niveau de trois communes, à savoir Hadjout, Douaouda et Attatba, créées par des divergences entre les élus, il a annoncé qu’un administrateur doté de toutes les prérogatives sera désigné pour gérer les affaires courantes si le contentieux persiste. Des mesures légales, dictées par la loi, seront, par ailleurs, prises si les membres des Assemblées élues refusent de coordonner leurs actions et bloquent la bonne marche du service public et des affaires de la collectivité et des citoyens dont les intérêts doivent être au-dessus de toute autre considération. Son prédécesseur Bouchemma, lors de son intervention au moment de la passation de consignes, a demandé pardon à ceux qu’il aurait offensés ou blessés et, apparemment, ils étaient nombreux si l’on en juge par les confidences des uns et des autres dont les langues se sont déliées à l’annonce de son départ. Le premier reproche qui lui a été fait est son « arrogance » avec ses collaborateurs, « son incompétence » et le peu d’empressement qu’il avait à prendre sa mission au sérieux et d’être au service de la population locale en prenant en charge ses problèmes et préoccupations. Les orientations du Président de la République quant à la moralisation de la vie publique et le renforcement de la bonne gouvernance à travers des réformes qui définissent les prérogatives et les compétences respectives de l’Etat et des collectivités territoriales dans une approche de complémentarité, vont servir de feuille de route aux nouveaux responsables. Lors de sa rencontre avec la presse nationale, le Président de la République avait dénoncé « certains responsables qui se focalisent sur les chefs-lieux de wilaya délaissant les autres localités, les plus déshéritées, appelant à réduire les inégalités sociales et remédier en urgence à cette situation, qui ne nécessite pas de grands moyens » tout en s’offusquant de certaines pratiques de replâtrage. « Les endroits que visitent les responsables, chefs de daïras, walis ou ministres sont entretenus, mais à quelques mètres de là, c’est l’enfer », a-t-il indiqué. A bon entendeur, salut ! n