Tipasa sera la première wilaya, où seront réalisés les travaux des grands transferts qui seront suivis par des essais techniques nécessaires avant la mise en service du barrage de Kef Eddir, où le ministre s’est rendu lundi au cours d’une visite d’inspection dans la wilaya qui l’a mené à Damous, Tipasa, Chaïba et Bou Ismaïl.

Ce projet, très attendu, sera d’un grand apport quant à l’avenir de la wilaya en matière d’AEP.

Sur place, le ministre a insisté sur l’aménagement des abords du barrage en espaces verts et en infrastructures dédiées aux activités de loisirs dont les sports nautiques, sans oublier une structure permanente de la Protection civile pour surveiller les citoyens qui sont de plus en plus nombreux à se rendre sur ces sites, à l’origine de nombreux accidents et décès de jeunes attirés par la plongée surtout en été.
Concernant le coût de réalisation du projet de transfert des eaux à partir du barrage de Kef Eddir (entrée en exploitation en décembre 2015) les responsables de la direction de l’hydraulique l’estiment à 27 milliards de dinars.
Ce transfert d’eau à partir du barrage Kef Eddir, dont le taux de remplissage actuel est de plus de 30%, sur une capacité théorique estimée à 125 millions de m3, englobe la réalisation de plus de 256 km linéaires de conduites dont 110 km traversant la wilaya, en plus de 13 stations de pompage d’eau, des réservoirs d’eau au niveau des 17 communes bénéficiaires et une station de traitement d’une capacité de 210 000 m3/j. Une fois opérationnel, ce transfert d’eau, prévu à la livraison dans un délai contractuel de 30 mois, va assurer un approvisionnement 24 heures sur 24 en mettant notamment fin au déficit en eau qui touche les 11 communes de la partie Ouest de la wilaya, parallèlement à l’affectation d’un volume de près de 15 millions de m3 à l’irrigation agricole. Le projet de réalisation du barrage interwilayas de Kef Eddir a enregistré un grand retard dans sa réalisation, dû principalement au non-respect, par l’entreprise italienne qui a pris en charge le projet au début, de ses engagements. Le contrat passé avec cette entreprise a été résilié en 2011 puis confié à Cosider dont c’est la première expérience dans ce genre de projet.
Doté d’une capacité de stockage de 125 millions m3, le barrage Kef Eddir, réalisé dans la localité de Damous située à l’extrême ouest de Tipasa devrait, une fois mis en exploitation, assurer l’approvisionnement en eau potable 24h/ 24 au niveau de la wilaya de Tipasa et renforcer l’approvisionnement en eau potable de dix communes de l’ouest de Tipasa, trois communes d’Aïn Defla et trois autres dépendant de la wilaya de Chlef, en plus de l’exploitation des eaux pour l’irrigation de terres agricoles et l’alimentation en eau d’une zone d’expansion touristique.
L’opération de transfert des eaux du barrage de Kef Eddir lancée ce lundi par le ministre de l’Hydraulique et des Ressources en eau Necib Hocine, qui a mis à profit sa tournée pour s’arrêter au niveau de plusieurs infrastructures dépendant de son secteur en vue d’améliorer la vie des citoyens. Après la commune de Damous, la délégation s’est rendue successivement dans la commune de Tipasa pour visiter les deux réservoirs 10 000 m3 et 5 000 m3 puis dans la commune de Chaïba pour le lancement des travaux de réalisation de la station de pompage au niveau du complexe hydraulique Chaig.
La tournée a pris fin dans la commune de Bou-Ismaïl où la délégation a inspecté les travaux du projet de réalisation de la station d’épuration lancé depuis 2015 dont le taux de réalisation est de 25% avant de visiter l’agence commerciale de Seaal chargée de la gestion déléguée de l’eau dans la wilaya.

La Station de traitement et d’épuration des eaux usées de Bou Ismail
La STEP de Bou Ismaïl, d’une capacité de traitement de 60 000 m3/ jour, est appelée à prendre en charge les besoins de 230 000 habitants à l’horizon 2030.
Confiée au groupement Sinohydro/EFFACEC/ KEGT (Chine, Portugal, Algérie), la réalisation de cet ouvrage permettra de protéger le littoral de la pollution terrestre, la valorisation des boues pour l’épandage agricole, l’éradication des MTH ainsi que l’amélioration du cadre de vie des citoyens.
Cette nouvelle station (la quatrième dans la wilaya), d’une capacité de traitement de 150 000 équivalents habitants (deux fois plus grande que les trois déjà opérationnelles), coûtera la bagatelle de 2 milliards de dinars. Elle est destinée à la prise en charge du traitement et de l’épuration des eaux usées et ménagères (non industrielles) des communes de Bou Ismaïl, Bou Haroun, Khemisti, Fouka et une partie de celle de Douaouda.
La réalisation de cette Step, à l’entrée Est de la commune de Bou Ismaïl, sur une superficie de 8 hectares, vise à mettre fin au casse-tête des rejets des eaux usées en mer qui ont fortement pollué le littoral de la wilaya. La wilaya de Tipasa dispose, à ce jour, de trois Step implantées respectivement à Tipasa, Koléa et Hadjout qui entrent dans le cadre du schéma de protection du littoral et de certaines zones touristiques et agricoles de la wilaya.