Labiba Ouinez (Winez) vient d’être nommée wali de Tipasa à la faveur du mouvement partiel, annoncé dans le corps des walis marqué par le départ de son prédécesseur Hadj Omar Moussa, démis de ses fonctions.
La nouvelle cheffe de l’exécutif de Tipasa, qui était à la tête de la wilaya de Témouchent, est l’auteure de la fameuse phrase déclamée en avril 2019 « l’Algérie est mieux que la Suisse», une déclaration qui lui a valu une tempête de réactions moqueuses sur les réseaux sociaux. Cette dernière, interrogée à l’époque par un confrère, a expliqué que sa déclaration faisait suite à une rencontre avec l’ambassadrice de Suisse qui avait déclaré que l’Algérie était mieux que la Suisse sur beaucoup de plans, citant au passage les paysages et la nature, ainsi que le programme social de logements en faveur des catégories démunies entre autres.
Alors, Madame la nouvelle wali, chiche ! donnez l’exemple en transformant nos villes en cités propres où il fait bon vivre, les citoyens vous en seront reconnaissants en tant que responsable digne de ce nom.
Le départ de Hadj Omar Moussa, dont c’était le premier poste en tant que wali, a surpris plus d’un. Il n’a pas eu le temps de faire ses preuves de commis de l’Etat, puisqu’il est arrivé en pleine pandémie de Covid-19 et s’est, aussitôt, retrouvé piégé et entouré des lobbys locaux qui ont repris du poil de la bête depuis. Ces derniers, omniprésents, vont certainement faire la part belle à la nouvelle responsable pour sa fameuse phrase, ayant eux-mêmes usé et abusé de ce langage démagogique.
La nomination pour la seconde fois d’une femme à la tête de cette wilaya – la première était Nouria Yamina Zerhouni (1999/ 04) condamnée à 5 années de prison fermes, une privilégiée du système puisqu’elle faisait partie du clan déchu Bouteflika – est différemment perçue, car d’aucuns diront qu’elle a du pain sur la planche face à la situation au niveau local qui a besoin d’un grand coup de balai, en particulier au niveau du chef-lieu de wilaya qui s’est clochardisé après avoir été complètement délaissé par les élus locaux.
Il faut signaler que le départ du wali Hadj Omar Moussa s’est passé de manière fracassante, tant le mécontentement était unanime, en particulier en raison des mauvaises relations du chef de Cabinet du wali et les membres de l’exécutif et de l’APW qui avaient programmé une session spéciale (le 7 septembre prochain) pour demander des comptes à ce dernier. On lui reproche son comportement lors de l’opération de relogement des familles de Messelmoune, qui ont bénéficié de 60 logements sociaux, réalisés dans le cadre d’un programme d’éradication du RHP. Alors les citoyens attendent la nouvelle wali sur sa belle phrase et son patriotisme, en rêvant que son programme fera, au moins du chef-lieu de wilaya de Tipasa, une ville aussi propre, sinon plus, que les villes suisses, dont c’est la principale réputation, en plus d’être une place financière mondiale. n