Le club littéraire de la Bibliothèque de lecture publique de Tipasa a rendu un hommage posthume à la défunte Assia Djebar en organisant, hier, une rencontre avec l’écrivaine Djoher Amhis-Ouksel venue partager son admiration pour cette femme, «une figure de l’aube», en revisitant son parcours et ses œuvres. Le livre «Assia Djebar, une figure de l’aube» de Djoher Amhis-Ouksel, dédié à l’écrivaine, édité en 2016 dans la collection «empreintes» de Casbah éditions, a fait l’objet d’un débat en présence de nombreux invités et adeptes du club. Djoher Amhis-Ouksel évoque, dans ce livre de 142 pages, le palmarès prestigieux de l’écrivaine et revient sur son parcours académique, ses œuvres et ses trajectoires en commentant les nombreux romans très inspirés de sa vie de femme. Assia Djebar, de son vrai nom Fatma-Zohra Imalhayène, née le 30 juin 1936 et décédé en 2015, est enterrée dans le cimetière de Cherchell. Sa mère appartenait à la famille des Brakna (Berkani), issue de la tribu des Béni Menacer. Son père qui a été pour beaucoup dans son éducation et son érudition, était instituteur. Après des études dans sa ville natale, à Blida, et en France (Paris et Sèvres), elle décida de quitter l’Algérie pour devenir professeur d’histoire moderne et contemporaine. La défunte a enseigné, aussi, à l’université d’Alger ainsi qu’à la faculté des lettres de Rabat, avant de devenir professeur titulaire à l’université de Bâton Rouge aux USA, puis à l’université de New York. L’œuvre d’Assia Djebar, composée de plus de vingt titres, répartis entre romans, nouvelles, poésie, pièces de théâtre, a été traduite en vingt-trois langues. L’écrivaine a reçu des dizaines de prix et de distinctions dans le monde entier avant de devenir une immortelle au sein de l’Académie française. Elle a, également touché au cinéma en réalisant entre autres «la nouba des femmes du mont Chenoua». Djoher Amhis-Ouksel dira, lors de ses interventions sur le livre, que «la thématique des œuvres d’Assia Djebar est dominée par son parcours personnel et la condition des femmes musulmanes faite de claustration et d’impossibilité de s’affranchir des contraintes de la domination masculine».