La présentation du livre « la Plume et le Combat » de M’hamed Houaoura, au club littéraire de la bibliothèque de lecture publique Assia-Djebar à Tipasa, a permis d’ouvrir le débat sur la situation de la presse durant la période coloniale, une après-midi très émouvante qui a ressuscité des acteurs importants de cette période de la vie de l’Algérie.

Le parcours des personnalités comme Zahir Ihaddadène, historien spécialiste des médias, Lamine Bechichi, homme des médias avant et après la libération du pays, Pierre Chaulet, médecin et journaliste durant la lutte de libération nationale, Yveline Lavalette, militante de la cause nationale, la petite main de la revue Consciences maghrébines, a été décortiqué par les participants qui, au cours du débat, ont revisité un pan de notre histoire nationale qui gagnerait à être mieux connu de la jeune génération, oublieuse du combat de ses aînés. L’orateur, qui a qualifié les personnalités interrogées dans son livre, dont il a reproduit les témoignages, de « chevaliers de la presse », n’a pas manqué de rappeler que le rôle des médias en ces temps de colonisation française a été vite perçu par les jeunes militants de la cause nationale, qui l’ont pris en charge pour faire connaître le combat du peuple algérien, aidés par des journalistes étrangers engagés (Français, Yougoslaves, Autrichiens, Japonais, Suédois… ), qui ont permis d’internationaliser la lutte et la résistance des moudjahidine et de dénoncer la colonisation française. Les témoignages repris dans le livre « la Plume et le Combat » sont importants, comme le dira dans la préface du livre Ahcène Belkacem Djaballah, un spécialiste des médias en Algérie, car « le travail de M’hamed Houaoura vient combler un vide, en rassemblant quelques témoignages de personnes résolument engagées très tôt dans le combat libérateur. Un combat, pas facile, tant la tâche était nouvelle et compliquée face à un système assez bien organisé et doté de moyens colossaux. Avant le déclenchement de la guerre de libération, le paysage médiatique reflétait, exactement, la configuration de la société en place à l’époque. D’un côté une société européenne, dans sa majorité acquise à l’idée coloniale, de l’autre, deux journaux se préoccupant de la situation des algériens Alger républicain et El Bassair, mais ils furent, rapidement, interdits de parution le 1er septembre 1955 et pour le second en avril 1956.Tous les autres titres (rares, très rares, mais qui existaient), libéraux ou proches des Algériens, étouffés par la puissance économique des grands titres ». M’hamed Houaoura, correspondant du quotidien francophone El Watan, a rejoint la famille de la presse dans les années 1990 en pleine décennie noire, au moment où beaucoup avaient déserté les rangs du métier, devenu la cible des terroristes qui ont assassiné plus de 100 journalistes. Il en est à son deuxième livre après la publication de « la Moudjahida Yamina Oudei », une native de Hadjout et adoptée par les Cherchellois. Elle était la première femme qui a dirigé un maquis dans la région de Cherchell après le décès de son mari, qui a été oubliée, voire même, occultée, par les tenants de l’histoire officielle. M’hamed s’intéresse, de plus en plus, à l’histoire de la guerre de libération de l’Algérie et ne manque pas l’occasion de rappeler, non sans une pointe d’humour, que ce n’est pas un hasard s’il est né le 3 novembre 1954.