La fête de l’Aïd a été gâchée pour les habitants de Temloul, une localité rurale de la commune de Menaceur (daïra de Sidi Amar) qui n’ont pas hésité à sortir dans la rue pour exprimer leur colère et attirer l’attention sur leur mal-vie et leurs souffrances en raison du mauvais état des routes, du déficit en transport, en réseau d’assainissement et autres déficits en salle de soins tout en réclamant une disponibilité de l’eau potable et du gaz naturel.

La sortie tonitruante des habitants du douar Temloul dans la rue de la commune de Menaceur a été calmée par une rencontre au siège de la daïra avec le P/APC Belarbi Zerrouki et les citoyens protestataires pour les rassurer quant à la prise en charge de leurs doléances, ajoutant que des projets concernant leurs revendications sont programmés.
Concernant le goudronnage de la route reliant le chef-lieu de la commune à leurs habitations, celui-ci sera fait en 2020 a promis le maire, tandis que pour le raccordement au réseau d’AEP, il est en cours avec l’installation des canalisations de distribution de l’eau.
Faute d’écoute de la part de tous les responsables et des élus, les citoyens trouvent qu’occuper la rue et empêcher la circulation routière sont le seul moyen efficace pour se faire entendre.
Il faut signaler que ce mode de communication s’est développé, ces derniers temps, malgré les promesses et attentes du mouvement populaire national de dénonciation du système de gestion du pays qui, espèrent-ils, finira par venir à bout de leur mal-vie et de ces problèmes d’un autre âge pour un pays disposant de ressources à même de le hisser très haut pour peu que l’on choisisse de bons gestionnaires.
Comme nous l’expliquera un fonctionnaire retraité, les cadres qui régissent l’action publique dans le domaine de la gestion urbaine et toute analyse visant à éclairer la problématique du rapport habitant/espace public sont inévitablement amenés à s’intéresser à la place et l’emprise des dispositifs dits de concertation. La concertation est indispensable et doit être évoquée de la façon suivante, à savoir que l’association des habitants et des usagers des quartiers concernés à l’élaboration du projet est indispensable pour répondre à leurs aspirations. Une bonne concertation repose sur le partage du diagnostic et l’élaboration concertée du projet, l’association des habitants et des usagers tout au long de la mise en œuvre du projet, l’évaluation des effets de ce dernier auprès des habitants et des usagers.
Faisant état d’un déficit de concertation entre les élus et la population concernée, il suggère de mettre en place un comité d’évaluation et de suivi, qui sera chargé de noter la participation des habitants concernant les points relatifs aux questions d’habitat, d’aménagement et d’ingénierie des projets.
Cela, hélas, ne semble pas être le cas dans nos collectivités locales puisqu’il faut signaler que, pour exprimer leurs doléances, face à un quotidien devenu de plus en plus invivable, de nombreux citoyens recourent à la rue pour exprimer leur ras-le-bol de situations visiblement ignorées par les responsables locaux, et donc des institutions directement concernées.

Les barricades et les fermetures de routes ont repris de plus belle
Ces protestations ont été, principalement, provoquées par les nombreuses pénuries d’eau, enregistrées ces dernières semaines, marquées par la canicule dans plusieurs communes, ainsi que par la dégradation des conditions de vie, notamment les coupures d’électricité ou l’absence de celle-ci dans certains foyers, sans oublier la détérioration des services sanitaires.
Les barricades et les fermetures de routes ont repris de plus belle, ces derniers temps dans la wilaya qui était plus à l’écoute des marches pacifiques des citoyens réclamant un autre système et de nouvelles normes de gestion de la collectivité locale. Ces deux derniers mois, ce fut au tour des habitants de plusieurs petits douars et villages de la commune de Menaceur, autrefois, très pacifiques, d’exprimer leur ras-le-bol dans la rue pour être entendus, fermant les routes menant vers d’autres agglomérations dans le but d’attirer l’attention des responsables sur les conditions de vie de déplorables, une action qu’ils jugent efficace pour se faire entendre.
Les citoyens réclament des conditions de vie décentes avec au quotidien du gaz de ville, de l’électricité sans interruption et de l’eau régulièrement dans leurs robinets.
Depuis le mois de juillet, un vent de protestation souffle sur plusieurs communes et outre le statu quo imposé par le pouvoir, mais aussi l’absence de solutions à même de répondre aux aspirations du peuple, la colère des citoyens semble monter d’un cran. Ce fut le cas, aussi, après les habitants de Temloul, il y a deux jours, des employés de Tonic Industrie ont, quant à eux, bloqué la route entre Bou Ismaïl et Koléa. Les employés en grève, depuis mardi, ont protesté contre le retard dans le versement du salaire de juillet et l’absence de matières premières pour faire fonctionner leurs unités pratiquement à l’arrêt faute d’argent.
Au début du mois de juillet, des citoyens n’ont pas décoléré après l’affichage des listes des bénéficiaires de logements sociaux dans les commune de Tipasa, Bourkika, Larhat, Attatba et Sidi Rached, des citoyens exclus ou n’ayant pas trouvé leurs noms sur la liste des bénéficiaires ont exprimé leur déception bruyamment. Durant le mois de juin, également, des citoyens de la commune de Bourkika n’ont pas hésité à cadenasser, durant toute la matinée, les portes du siège de l’APC, pour les mêmes revendications, et faire pression sur la commission pour revoir la liste des bénéficiaires. A Sidi Rached, les contestataires de la liste des bénéficiaires sont allés, encore plus loin, en murant, carrément, l’entrée de l’APC, ce qui a fini par inciter l’intervention de la daïra d’Ahmeur El Ain
Même topo au niveau de la commune de Hadjout où le projet de 800 logements est déjà achevé au niveau de 3 sites, mais reste à distribuer d’ou l’effervescence qui a commencé et pris de l’ampleur au douar Mâamar Belaïd.
Au niveau du chef-lieu de wilaya, des manifestants de la région du Chenoua avaient bloqué, en juillet, l’accès à la corniche du Chenoua (CW 109), en allumant des feux sur la route bitumée et déposant troncs d’arbres, branches, cailloux et pneus en travers de la route, frustrés, disent-ils, par leur marginalisation concernant la concession des plages.