La 14e édition de la Fête des agrumes, prévue ce week-end au sein de la CAW (la chambre de l’agriculture de la wilaya) de Tipasa, a été finalement reportée aux 22 et 23 février pour coïncider avec la visite du ministre de l’Agriculture, attendu jeudi pour une visite de travail.

Une bonne occasion pour les agriculteurs d’évoquer avec le ministre tous les problèmes auxquels ils sont confrontés et de s’informer davantage sur la décision des pouvoirs publics d’interdire l’importation de légumes frais et d’agrumes.
Cette 14e édition de la Fête des agrumes a été, en effet, placée sous le thème de «la commercialisation et de l’exportation», un thème qui intéresse les agriculteurs et colle à l’actualité d’autant que selon les derniers chiffres l’Algérie importe pour 16 millions de dollars d’agrumes du Maroc, d’Espagne et d’Egypte. Cette manifestation, qui connaît beaucoup de succès auprès des agriculteurs de la wilaya, sera une opportunité pour faire le point sur la production agrumicole de la wilaya ainsi que sur la situation du marché des agrumes à la lumière de la décision prise la semaine dernière par les pouvoirs publics d’interdire, désormais, l’importation d’agrumes et de légumes frais durant la période de récolte.
La décision semble, déjà, réjouir les producteurs pour qui la suppression de la concurrence étrangère faciliterait l’écoulement de leurs récoltes, un problème récurrent auquel ils étaient confrontés chaque année d’où le thème de cette 14e édition de Tipasa.
Selon les premières réactions, certains experts avancent un avis différent quant à ce changement qui risque d’encourager la spéculation sur les prix étant donné que 20 % des agrumes étaient jusque-là importés d’où la difficulté à compenser le déficit. La manifestation, qui verra la participation d’une trentaine des meilleurs agrumiculteurs de la wilaya qui exposeront les variétés d’orange, de mandarine, de clémentine, de citron, de pamplemousse, pomélo et autres kumquat, comportera un volet communications et débat et une visite, le deuxième jour de la manifestation, dans une exploitation agricole pilote qui expérimente de nouvelles variétés performantes d’agrumes destinés à l’exportation.
Les conférences seront axées, cette année, sur les problèmes de commercialisation et les perspectives d’exportation des produits agrumicoles selon les responsables de la chambre qui précisent que les précédentes éditions avaient surtout traité de «l’utilisation rationnelle de l’eau», «de la lutte contre la cochenille des agrumes » qui fait encore des ravages sur les vergers ainsi que sur «la problématique de la fertilisation des agrumes» pas encore maitrisée par les agriculteurs qui abusent de l’utilisation de produits phytosanitaires, dont les conséquences néfastes sur la santé du consommateur sont indéniables.
Les services agricoles indiquent que, cette année, la production des agrumes atteindra un bon chiffre par rapport aux années précédentes qui dépassent les prévisions des contrats de performance signés avec le ministère de l’Agriculture et du Développement rural. Selon le bilan de la DSA la production atteindra près de 1000 quintaux d’agrumes tous produits confondus contre 930 000 en 2015, tandis que la superficie dédiée aux vergers agrumicoles a dépassé les 1 500 ha.