Depuis le départ du responsable de la cellule de communication de la wilaya de Tipasa, parti sans crier gare, pour incompatibilité d’humeur avec le Cabinet du wali, dont le contrat venait à expiration, la presse locale est livrée à elle-même et les membres de la société civile, qui veulent s’impliquer dans des actions d’utilité publique, ne savent pas à qui s’adresser.

C’était le cas, notamment, des médecins retraités, dont le message transmis par un ex-responsable du service prévention de la Direction de la santé de la wilaya de Tipasa n’a trouvé comme moyen de communication qu’une page facebook, souvent controversée, pour lancer son appel. D’aucuns se demandent s’il existe un porte-parole ou un responsable au niveau du Cabinet du wali pour assurer cette tâche de coordination du travail, car les quelques actions sur le terrain sont souvent menées par la Chambre d’agriculture, la Conservation des forêts, les CFPA et des initiatives personnelles ou celles de bénévoles. Plus de communication officielle, la dernière en date concernait la célébration de la Journée de la victoire, une incongruité à notre sens, car les regroupements étaient déjà interdits à ce moment-là pour éviter la propagation du virus. Aucune réaction des responsables de la cellule de veille chargée du suivi de l’épidémie, présidée par le wali, alors la question qui se pose actuellement est de savoir qui assure la coordination en dehors des relations des responsables entre eux. Un dialogue de sourds s’est installé au niveau local car, d’un côté, la Directrice de la santé par intérim lance un appel sur les ondes de la radio locale pour inciter les médecins à apporter leur soutien à leurs collègues du secteur public sous pression, d’un autre, des médecins retraités proposent leur aide, mais ne trouvent pas d’oreilles attentives. Qui doit décider et répondre à l’appel de l’ancien chef du service de la prévention de la Direction de la santé de la wilaya de Tipasa et des médecins retraités annonçant leur désir de retourner travailler et contribuer à la lutte contre l’épidémie. L’ancien chef de service, retraité depuis cinq ans, avait proposé en même temps que d’autres collègues de se porter volontaire pour lutter contre cette épidémie et contribuer au sauvetage des vies. De leur côté, les membres du conseil d’éthique de la profession dentaire justifient la décision de fermeture des cliniques privées du fait que le ministère de la Santé n’a pas fourni des moyens de prévention, masques chirurgicaux, gels hydroalcooliques et autres gants en rupture de stocks dans les pharmacies et chez les grossistes. Les représentants de la presse locale sont désemparés devant ce mutisme et se contentent de broder sur la situation dans la wilaya, en glanant des nouvelles par ci par là sur les événements, ou encore en se contentant d’exploiter les informations fournies par les services de communication de la police et de la gendarmerie. La seule instruction officielle, entendue à la radio locale, est celle du wali ordonnant la création d’une cellule de crise et de suivi dans chaque commune, pour organiser des actions de solidarité en faveur des familles démunies et accélérer l’approvisionnement des zones d’ombre recensées auparavant, avant le déclenchement de la crise sanitaire. n