La nouvelle de la vandalisation de la statue d’Aïn El Fouara à Sétif a rappelé aux Tipasiens un même épisode, qui s’est déroulé en 2014, dans la commune de Cherchell où un forcené s’en était pris à des statues de la fontaine romaine justifiant son geste en expliquant qu’«elles le regardaient et le provoquaient avec leurs yeux» chaque fois qu’il passait devant elles.

Ce sont exactement les mêmes méthodes utilisées, à savoir un marteau et un burin, et le «forcené» s’est mis méthodiquement à détruire les statues qui ornaient la fontaine romaine de la place de Cherchell avant que la police n’intervienne, prévenue par des citoyens qui ont essayé de s’interposer sans résultat. Le malade mental, disait-on, alors qu’il s’agissait d’un intégriste du quartier, dit Bordj El Ghoula, connu pour être un fief d’intégristes, s’était attaqué à un vestige historique, composé d’une fontaine rehaussée par quatre visages monumentaux. Le forcené, avant d’accomplir son sinistre acte, avait déposé à même le sol de la placette un marteau, un burin et un pic, fait une brève prière avant d’escalader le monument, en commençant par s’attaquer au nez et au visage de la tête monumentale sculptée. Il s’accroupit de nouveau et exécute une prière puis remonta pour s’attaquer ensuite aux autres têtes sculptées des jeunes femmes. Ce vestige connu sous l’appellation de fontaine romaine est situé au cœur de la place de la ville de Cherchell et, par conséquent, du centre historique destiné à être intégré dans le plan de protection et de mise en valeur des sites archéologiques (PPMVSA). La fontaine romaine est une structure composée de quatre masques monumentaux représentant un vieillard et trois jeunes femmes adossés à un chapiteau corinthien, supportant un second chapiteau formé de deux coupoles, d’où jaillissent plusieurs filets d’eau. Les archéologues avaient émis des hypothèses sur leur origine dont la plus plausible est celle qui les identifie à des divinités marines Nérée et les Néréides, ayant servi au décor d’un temple dédié au dieu Neptune. Les Cherchellois, dont beaucoup de personnes âgées et des joueurs de boules qui fréquentent cette place romaine, avaient exprimé leur stupeur et leur colère de voir ce vestige agressé par un illuminé qui avait fait la même tentative, en 2012, avant d’être empêché par des citoyens.