L’ambassadrice du Canada en Algérie, Patricia Mc Cullagh, est venue à Tipasa rencontrer les membres de l’association Home, qui sont à l’origine du lancement d’un projet de tri sélectif des déchets ménagers, qui a touché des écoles primaires, des quartiers urbains d’habitations et le centre universitaire de Tipasa où un travail de sensibilisation est mené depuis 4 mois.

L’ambassadrice a été reçue par le wali, avant de se rendre, en compagnie du directeur de l’environnement de la wilaya et de l’équipe de Home présidée par Samia Balistrou, dans le quartier des 50 logements où ont été déposés des bacs pour le tri sélectif des ordures ménagères, au niveau d’une école primaire où elle a été reçue par le maire Guidji Salah ainsi qu’au centre universitaire où l’attendaient les membres du club Home et les responsables du centre universitaire. Elle a pu se rendre compte du travail effectué par ces jeunes pour inculquer ce geste écolo anodin, à leurs camarades, qu’est le tri sélectif en mettant à leur disposition des bacs avec différentes couleurs. La délégation s’est, également, rendue au niveau du CET (Centre d’enfouissement technique) de Sidi Rached, fermé en raison de sa saturation et qui fera l’objet d’extension sur un site situé à proximité en attendant de trouver une solution plus efficace aux déchets ménagers et le lancement d’opérations de tri sélectif à grande échelle.
Patricia Mc Cullagh, lors de sa tournée, s’est dite « agréablement surprise » et « très satisfaite » du travail accompli par des jeunes qui « s’impliquent et s’imposent dans ce projet pour défendre l’environnement », financé par le Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL), et espère qu’ils « continueront à travailler sur ce sujet jusqu’à ce que l’initiative fasse boule de neige ». Elle les a encouragés à poursuivre leurs efforts de sensibilisation sur le tri et la récupération des déchets, seule solution pour venir à bout du problème de gestion des ordures ménagères.
Lors de son intervention au centre universitaire de Tipasa, l’hôte de la wilaya a tenu à souligner l’importance de ce projet et déclaré que « ce que vous faites pour l’environnement, car aujourd’hui la question de l’environnement est une priorité pour nous, est très important, c’est-à-dire que même en faisant ces petites choses, chaque jour, cela donnera des résultats à la longue. Vraiment, je vous salue pour vos efforts et souhaite que ce projet soit une réussite ». L’ambassadrice du Canada Mac Cullagh a tenu à rappeler que, durant cette semaine, sera célébrée la journée mondiale de la planète, ce qui veut dire qu’il faut, chaque jour, « s’assurer que l’environnement est notre priorité » et reste un « sujet de tous les jours, important parmi nos préoccupations ». Pour l’ambassadrice, « une bonne vulgarisation de ces actions de tri est nécessaire, car il faut veiller à faire passer le message et développer ce réflexe dans votre quartier, chez vous, vous êtes les ambassadeurs et les ambassadrices de l’environnement et j’espère que vous allez continuer à faire du bon travail ». Ce projet de tri sélectif piloté par Home est financé dans le cadre d’une convention signée Le Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL).

L’association Home à la manœuvre pour le tri sélectif
Samia Balistrou, la présidente de l’association Home, a tenu à rappeler pour sa part qu’elle fait partie d’une « génération qui a connu une nature saine où celle-ci avait, encore, tous ses droits ». « Je me suis tant émerveillée, dira-t-elle, lors de mes plongées sous-marines, devant la riche faune marine en admirant ces ballets de poissons et leurs mœurs réglés au rythme de l’univers depuis la nuit des temps. Puis, déplorera-t-elle, j’ai assisté, impuissante, à l’invasion du plastique, des déchets de tous genres qui couvrent aussi bien la surface terrestre que les fonds marins ». L’hémorragie s’est poursuivie, témoignera-t-elle, pendant des décennies, loin des yeux des hommes rendant ces paysages méconnus et presque dépourvus de vie. « J’ai parlé autour de moi, j’ai crié mais personne ne m’a entendue.
Aujourd’hui, grâce à l’association Home, avec des dizaines d’adhérents et des milliers de partisans, des amoureux de la nature, qui n’attendaient que l’occasion de se joindre à un mouvement écologique, j’ai pu, enfin faire quelque chose ».
Elle explique que Home a formé, depuis 2 ans, 67 ambassadeurs de la mer, qui sont des écoliers de Tipasa. Une expérience unique, au niveau national, pour porter ce message auprès de la société civile, mais aussi aux plus hautes instances.
Home a introduit le concept du tri sélectif des déchets ménagers auprès d’habitants, d’écoliers et d’étudiants du campus universitaire. Déterminés plus que jamais, et de plus en plus nombreux, « nous serons, peut-être, le premier maillon d’une longue chaîne qui se construira au fil des jours », espère-t-elle. Depuis janvier, l’association Home pilote un projet de sensibilisation sur le tri sélectif lancé dans plusieurs quartiers, trois écoles ainsi qu’à l’université de Tipasa. Ce projet, financé par le Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL), a permis à l’association Home qui travaille, aussi, sur la préservation du milieu marin, de le démarrer dans trois sites d’habitation, à savoir les 50, 80 et 59 logements de la ville de Tipasa, dans 6 CEM, ainsi qu’à l’université où une section Home Université est déjà créée pour le suivi et la pérennité de l’action. Leur objectif est de poursuivre leurs efforts de sensibilisation sur le tri et la récupération des déchets, seule solution pour venir à bout du casse-tête de la gestion des ordures ménagères.
La visite de l’ambassadrice, accompagnée de l’attaché politique, Kirk Daniel Duguid, avait pour but de s’enquérir de l’état d’avancement du projet financé par le FCIL qui soutient le projet qui s’étalera sur six mois, à hauteur de deux millions de dinars avec une participation de l’association évaluée à 480 000 DA. Les hôtes de la wilaya ont pu constater, de visu, les efforts entrepris pour protéger l’environnement. Selon Samia Balistrou, qui s’est rendue compte de la difficulté de la tâche, l’objectif de cette opération, entamée il y a quatre mois par un travail de sensibilisation des familles en faisant du porte à porte dans les quartiers sélectionnés, et qui s’est poursuivie par la distribution de bennes destinées au tri sélectif des déchets, est d’encourager la création de comités de quartiers qui se chargeront d’assurer le suivi du projet et sa pérennité, qui se fait en collaboration étroite avec l’Epic Tipasa Propreté.
Il faut rappeler que l’ambassade du Canada s’est, déjà, intéressée à la wilaya de Tipasa il y a deux ans, en tenant à recevoir Amar Adjili l’écolo de l’année qui n’a pas hésité à nettoyer, seul, pendant deux mois les plages de Matarès et du Chenoua en espérant faire des émules et sensibiliser sur le sujet, mais qui, hélas, en raison d’hostilités diverses, a préféré partir pour continuer son œuvre de salubrité publique, ailleurs. L’ambassadrice de l’époque Isabelle Roy, qui avait reçu Amar en compagnie d’amis, dont la présidente de Home, avait raconté, qu’elle-même, n’hésitait pas à ramasser les déchets lors de ces promenades sur les plages algériennes et encourageait les militants écolos à ne pas se décourager citant l’exemple du Canada qui a réussi à régler définitivement, le problème et par vaincre les récalcitrants à coups d’amendes.

Le Fonds canadien d’initiatives locales finance 10 projets en Algérie
Le conseiller politique, Kirk Daniel Duguid, qui accompagnait l’ambassadrice à Tipasa, a déclaré à Reporters que le Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL) a permis de financer dix projets en Algérie, dont deux projets dédiés aux questions de l’environnement, dont celui de Tipasa avec l’association Home et un autre à Tlemcen. Les autres projets concernent la santé chez les femmes migrantes à Tamanrasset, un portant sur les jeunes autistes à Constantine, d’autres à Béchar et Béjaïa, un sur l’autonomisation des femmes à Bordj Bou Arreridj et un autre à Boumerdès. Normalement, expliquera-t-il, « nos projets ciblent, surtout, la société civile pour les rendre autonomes en les finançant deux années de suite. Nous avons financé deux autres projets, très intéressants avec le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, dont un à Batna, sur l’amélioration des capacités des femmes élues ». Le Fonds Canadien d’Initiatives Locales, à l’instar de plusieurs ambassades qui encouragent la réalisation de programmes de développement locaux, finance des projets modestes en apportant un soutien financier direct à des organisations non-gouvernementales locales et pour de petits projets visant plusieurs thématiques liées à la sensibilisation sur les questions de l’environnement en direction du grand public. Il touche, aussi, des thèmes de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes, de la gouvernance démocratique, des changements climatiques, de la viabilité de l’environnement, de la sécurité et de la stabilité…
Actuellement, ajoutera notre interlocuteur, « nous travaillons sur le lancement de l’appel à financement de projets avant la fin du mois d’avril, les associations intéressées ont six mois pour se manifester sur de sujets divers, dont des conférences sur des thématiques diverses ou projets à court ou long terme. Celles-ci peuvent nous contacter par le biais de face-book ou tweeter sur le site de l’ambassade du Canada en Algérie ». Le coût de financement du projet varie, selon son importance et sa durée, mais cela peut aller jusqu’à 2 millions de dinars (15 000 à 20 000 dollars canadiens) par projet.
L’association Home de Tipasa, conclura-t-il, « a bénéficié de 20 000 dollars canadiens et je dois dire que nous sommes très satisfaits du travail accompli surtout au niveau des écoles car c’est là qu’il faut investir pour sensibiliser sur l’environnement ».