Les responsables au niveau local ne savent plus sur quel pied danser. Fallait-il organiser la cérémonie du 3 mai marquant la Journée internationale de la liberté de la presse ou pas ? Ne pas le faire risquait de provoquer une levée de boucliers des représentants de la presse locale qui auraient crié au mépris, le faire c’était prendre le risque de la voir boycottée. Alors le résultat est que cette cérémonie a été décidée et programmée pour samedi matin à 9H pour une collation avec distribution de cadeaux. Le résultat est que la pomme a été coupée en deux, les responsables de la wilaya ont fait leur devoir, c’est-à-dire le minimum en invitant les représentants de la presse locale et les obligés du wali ont répondu présents. Chacun étant libre de choisir sa trajectoire, la réaction des journalistes, dont une partie a répondu présent et l’autre a boycotté, ne fait que refléter une situation préexistante, à savoir une présence nombreuse de zélés du système qui bouffent à tous les râteliers et qui ont, grandement, participé à la décrédibilisation du métier et sa clochardisation et quelques récalcitrants qui tentent de faire avec des règles, une éthique et une déontologie du métier d’informer. Ainsi, va la vie et avec les temps qui courent, les clarifications et décantations devraient se faire pour en finir avec une corporation toujours aux abois avec ses zélateurs, ses profiteurs et autres adeptes de l’allégeance aux hommes du système du moment et prêts à tourner casaque dès que le vent tourne. Le communiqué des collègues du site Cherchell News, envoyé à tous les correspondants, probablement pour le proposer comme position de tous les représentants de la presse locale est assez explicite de cette dualité et complicité. Celui-ci, qui énonce que la cérémonie organisée par la wilaya pour la célébration de la journée du 3 mai doit être boycottée pour être en conformité avec la révolte du mouvement populaire national, mais ne manque pas d’expliquer que cette attitude ne signifiait pas une opposition au wali, un personnage fort sympathique, qui est très ouvert avec la presse… Les confrères, à l’origine du communiqué, ne perdent pas le nord puisqu’ils se disent mieux vaut ne pas trop se démarquer au cas où la situation politique n’évoluerait pas dans le sens voulu par les manifestations populaires et que le système se maintienne ou perdure. Enfin rien de nouveau. Dans son allocution, reprise sur les ondes de la radio locale, le wali n’a pas pu résister à l’envie d’exprimer sa reconnaissance et son attachement à ce média, fidèle des pouvoirs publics, en toutes circonstances, qui en plus d’être son chouchou préféré n’a pas hésité à le féliciter pour son professionnalisme. Un qualificatif qui a écorché beaucoup d’oreilles qui qualifient de ronronnant ce média public et qui s’est, beaucoup, discrédité par sa mauvaise couverture de la révolte populaire, contrairement à d’autres chaînes qui se sont imposées à leur corps défendant à l’image de la 3.n