De l’aveu de nombreux producteurs et responsables du secteur agricole, les fraises vendues sur nos étals sont toutes bourrées de pesticides qui, malheureusement, sont utilisées peu avant la récolte pour les protéger contre les différents prédateurs, dont la fourmi qui se délecte de ce fruit très prisé.

Lors de la dernière édition de la Fête de la fraise, alors que nous visitions une exploitation agricole située à Nador, nous voulions avoir le cœur net à propos de ce problème d’utilisation de pesticides peu avant la récolte du fruit, le producteur nous avouera que cela est une réalité et « ceux qui vous diront le contraire mentent », précisera-t-il. Cette information nous dissuada et coupa sec l’envie de participer à la séance de dégustation organisée sur place. Ce thème devrait être abordé lors de la 9e édition de la Fête de la fraise qui sera organisée, ce jeudi, par la direction des services agricoles et la chambre d’agriculture en étroite collaboration avec les instituts techniques et les opérateurs économiques, au niveau de la placette de la cité administrative et non plus au siège de la chambre comme cela se faisait habituellement. Le grand public pourra, ainsi, s’informer sur la culture de la fraise dans la wilaya de Tipasa, qui a connu, elle aussi, une expansion formidable ces dernières années avec une surface dédiée qui avoisine les 350 hectares où plus de 10 variétés, résistantes aux contraintes imposées par le changement climatique, sont exploitées. Une exposition de plusieurs variétés de fraises dont la Camarosa et la Nayad, les plus appréciées, seront la vedette de cette manifestation. Selon les responsables du secteur, les producteurs de Tipasa, qui maîtrisent parfaitement la culture de la fraise, cultivent plus de 10 variétés qui ont fait leurs preuves en Algérie, à savoir la Camarosa, la Nayad, la Toudla, la Festival, la Ventaria, la Viva, l’Amiga, la Rania, la Fortuna, la Nabila, la Sananedria, la Sabrina, la Ciba, et la Carmela. La superficie consacrée à cette culture est de plus de 350 ha avec un rendement de 250 à 300 quintaux à l’hectare, selon les chiffres de la Direction des services agricoles (DSA) un chiffre qui évolue eu égard à l’engouement pour cette production. Les principaux producteurs proviennent des zones de production agricoles que sont les zones du centre Ouest de la Mitidja, représentées par les communes de Sidi Amar, Bourkika, Sidi Rached, Bou Ismaïl, Khemisti, Douaouda, Chaïba et, depuis peu, Ahmer El Aïn. La production moyenne de la fraise dans la wilaya est de 350 quintaux à l’hectare. L’investissement est lourd, puisqu’il faut dépenser entre 3 à 5 millions de dinars à l’hectare, nous confient des producteurs exposant lors des foires agricoles. S’agissant des maladies qui touchent ce fruit, les fellahs font face à la pourriture grise ou Botrytis, dont le prédateur est le «Tryps», un insecte ravageur qui se développe en raison de la faiblesse de l’aération de la serre qui reste souvent fermée pour développer la croissance. La Fête de la fraise est l’autre rendez-vous très couru au niveau de la Chambre de l’agriculture de la wilaya.
Deux gros producteurs, implantés dans les communes de Bou Ismaïl et de Douaouda, les précurseurs et les premiers à s’être lancés dans cette culture considérée à l’époque comme une aventure, se partagent le marché de la fraise dans la wilaya. Les spécialistes de l’ITCMI (Institut technique des cultures maraîchères et industrielles) participent, sous forme de vulgarisation sur les techniques de protection phytosanitaire de la fraise, et les questions d’assolement et de pratique de la rotation, autres difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs.