La Chambre d’agriculture de la wilaya de Tipasa a organisé, récemment, une journée de formation sur l’agriculture biologique, destinée aux cadres du secteur en collaboration avec l’Institut technique de technologie moyen agricole spécialisé (ITMAS).

L’objectif de ce programme de formation du Programme de renforcement des capacités humaines et d’assistance technique (PCHART), inscrit dans la cadre de la coopération avec l’Union européenne des cadres des DSA de quatre wilayas, à savoir Alger, Blida, Boumerdès et Tipasa, est de former des formateurs en matière de développement de l’agriculture biologique, qui ne doit plus rester un projet de luxe destiné aux sociétés développées, mais s’inscrire, peu à peu, dans les mœurs agricoles de notre pays pour préserver la biodiversité et la santé du citoyen. L’animatrice de l’ITMAS, qui a encadré la journée de formation à Tipasa, est, d’emblée, entrée dans le vif du sujet en expliquant qu’il était temps de revenir aux bonnes méthodes d’exploitation des terres avec le souci de préserver l’environnement, car l’utilisation des pesticides a eu des effets néfastes sur la faune avec la disparition de nombreux insectes qui fertilisaient le sol, l’infestation des terres avec les produits chimiques, les engrais de synthèse et autres pesticides (fongicides, herbicides) sans oublier la pollution des nappes phréatiques bourrées de nitrates et de chlore. Une agriculture biologique ne veut pas dire une agriculture naturelle, expliquera l’oratrice puisqu’il s’agit de bannir les produits chimiques et utiliser des produits naturels pour traiter ou renforcer une plante par une utilisation raisonnée des produits et des techniques d’assolement et de rotation culturales sans passer par le défoncement des sols.

L’Algérie accuse un réel retard
De nombreuses méthodes qui ont fait leur preuve par le passé et auxquelles il faut revenir peu à peu. En attendant de mettre en place, en Algérie, des organismes de certification des produits biologiques, les services agricoles font dans l’information et la sensibilisation à ce mode de culture qui doit être développé pour protéger les terres agricoles, la faune et la flore, mais aussi la santé de tous. A commencer par celle du fellah qui souffre de nombreuses maladies liées à l’utilisation abusive des produits chimiques et autres pesticides. Le constat fait au cours de cette journée est que l’Algérie, contrairement à ses voisins marocains et tunisiens, accuse un réel retard en matière d’agriculture biologique ce qui est considéré, par nombre de spécialistes, comme un sérieux handicap à son développement économique, d’autant qu’elle a la prétention d’exporter ses produits vers les pays européens et ailleurs dans le monde. C’est un travail de longue haleine, car dans notre pays, les mentalités sont très dures à changer et les agriculteurs ont, de plus en plus, de mal à réaliser que l’agriculture qu’ils pratiquent n’est plus d’actualité ni pertinente. Et pour dessiner les contours de l’agriculture algérienne de demain, il faut opter pour le « bio » qui est l’avenir en Algérie.
Notre pays dispose d’un potentiel intéressant puisque une grande partie de son agriculture dite traditionnelle peut bénéficier d’une conversion rapide et d’une certification bio. Le PRCHAT est un programme destiné à appuyer la mise en œuvre des programmes du Renouveau rural qui offre un cadre opérationnel permettant de répondre aux objectifs prioritaires de revitalisation économique et sociale des espaces ruraux, dans un contexte de durabilité et de bonne gouvernance.

Bannir l’utilisation abusive des produits chimiques
« Sa mise en œuvre nécessite le renforcement de capacités des acteurs locaux, l’intégration des dispositifs mis en place par les différents secteurs dans la perspective de synergies économique, sociale et environnementale, la promotion de nouvelles relations de partenariat entre les différents acteurs des sphères économiques, institutionnelles et de la société civile. Le PRCHAT vise à assurer une bonne gouvernance locale, contribuera, en définitive, à améliorer la gouvernance des territoires ruraux en permettant aux acteurs du développement d’améliorer leurs interventions dans la formulation des projets, dans leur mise en œuvre et dans leur suivi d’évaluation, de s’intégrer dans des mécanismes de concertation favorisant la promotion de relations de partenariat entre les organisations de la société civile, les administrations locales et les porteurs de projets ». La journée de formation est co-organisée avec la direction de la Vulgarisation agricole dans le cadre du PRCHAT de l’Union européenne. Il faut rappeler, que dans le cadre de l’exécution de ce programme, initié par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural en guise de soutien à la politique de développement de l’économie agricole et rurale, 4 139 agriculteurs et 2 139 cadres techniques du secteur agricole ont été formés. Depuis 2011, il a été lancé plusieurs sessions de formation au niveau des instituts techniques au profit des agriculteurs et cadres originaires des wilayas jouissant d’un fort potentiel agricole, constitué des principales filières stratégiques et d’importance économique, notamment les céréales, les cultures maraîchères (pomme de terre et tomate), les rosacées fruitières, l’olivier et le palmier dattier. Les autres thématiques ont, également, porté sur les problèmes phytosanitaires liés à ces différentes spéculations ainsi que les moyens de lutte appropriés, traitement d’hiver des arbres fruitiers et vigne et ravageurs et fléaux des céréales.