La placette de la commune de Tipasa a bourdonné, hier dimanche, de professionnels, amateurs et autres consommateurs de miel réunis par la Chambre de l’Agriculture de la wilaya en collaboration avec la direction des services agricoles, le Conseil interprofessionnel de la filière et l’Association des apiculteurs, qui organisent la 8e édition de la fête du miel, du 25 au 29 novembre, ouverte au grand public.

Cette nouvelle édition de la fête apicole de la wilaya de Tipasa s’est ouverte avec une exposition vente d’une vingtaine de variétés de miel et d’autres produits de la ruche tels que la gelée royale, le pollen, le propolis et autres cires d’abeilles agrémentée d’une série de rencontres avec des professionnels du secteur, dont ceux de l’ITELV (Institut Technique de l’Elevage) et d’autres experts qui trancheront sur les lauréats du concours du meilleur miel de la région. Organisée sous l’égide de la Chambre de l’agriculture de la wilaya (CAW) de Tipasa, cette fête du miel a vu la participation d’une cinquantaine d’apiculteurs venus de plusieurs communes (Douaouda, Attatba, Bou Ismail, Hadjout, Aghbal, Ahmer El Ain, Menaceur, Béni Milleuk) dont plusieurs jeunes éleveurs ayant bénéficié du dispositif Ansej. La fête apicole, qui durera cinq jours, se décline sous forme d’exposition-vente et présentera des produits de l’apiculture comme le pollen, la gelée royale, la cire d’abeille et le miel, ainsi que les produits cosmétiques fabriqués à base de dérivés du miel. Hormis l’exposition et la vente, cette fête sera, aussi, l’occasion de se pencher sur les problèmes des apiculteurs sur le terrain et de promouvoir cette activité qui pourrait constituer un créneau porteur pour les investisseurs et qui connait un grand engouement avec près de 900 éleveurs récencés à ce jour dans la wilaya. Selon le secrétaire général de la Chambre de l’agriculture de la wilaya, Ahmed Bernaoui, cette 8e édition de la fête du miel comporte trois volets, à savoir une exposition-vente des produits, un autre réservé à l’information et la communication portant sur les spécificités et les problèmes de la filière et enfin un dernier consacré à la dégustation des produits du terroir qui clôturera la manifestation par la proclamation du lauréat de ce concours. La cinquantaine de participants à cette fête apicole, indiquera le responsable de la chambre, font partie des 885 apiculteurs identifiés et qui possèdent déjà leurs cartes d’adhérents de la chambre avec une nouveauté, cette année, la participation des représentants du conseil interprofessionnel de la filière apicole qui a été élu et attend son agrément par la Drag où le dossier est déposé depuis mars dernier. Au cours de cette manifestation annuelle des éleveurs d’abeilles, les exposants auront la possibilité de discuter avec les experts des maladies qui touchent l’apiculture, entre autres, celles dites de la loque américaine, la varoise et la fausse teigne qui touche le cheptel de la wilaya et des autres problèmes dont celui du vol des ruches et des incendies. Pour contourner les nombreuses difficultés auxquelles se heurtent les jeunes apiculteurs, dont celui du manque de professionnalisme, il faut rappeler que la CAW a pris en charge, depuis 2008, la formation de centaine de jeunes en commençant par ceux des communes montagneuses de Béni Milleuk et d’Aghbal qui ont bénéficié de plusieurs sessions de stages pour connaître les rudiments du métier d’apiculteur. Le secteur de la formation professionnelle s’est, lui aussi, mis de la partie, depuis 2005, pour offrir à des centaines de stagiaires inscrits dans la formation en apprentissage ou en résidentiel, des centaines de ruches pleines, et ce, dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de proximité de développement rural intégré (PPDRI) tout en leur prodiguant des formations à la carte. Deux centres (CFPA), à savoir celui d’Attatba et l’annexe de Damous, ont introduit depuis 2005 une nouvelle filière, à savoir la formation en apiculture qui dure 18 mois. L’accès à cette filière de niveau 2 n’est pas soumis à une exigence d’un niveau scolaire particulier. Au bout d’une formation de 18 mois, le stagiaire décrochera le diplôme de CAP d’exploitant en apiculture. D’autres CFPA, implantés dans les zones rurales, ouvriront des classes pour cette filière, selon un responsable de la direction de l’enseignement professionnel de la wilaya, d’autant plus que les secteurs de l’agriculture et des forêts disposent d’opérations de distribution des ruches dans le cadre du PPDRI. La wilaya de Tipasa dispose de milliers de ruches qui produisent, bon an mal an, 4500 quintaux de miel, a indiqué le secrétaire général de la CAW, une production qui a connu une courbe ascendante depuis le lancement du PNDA en 2000 et est, aujourd’hui, produite par près de 885 apiculteurs recensés dans la wilaya, ajoutera le même responsable qui s’est félicité de la présentation et de la qualité des produits exposés. L’exposition vente est assez représentative de la variété de miel produit par les apiculteurs de la wilaya qui sont cantonnés dans les communes de Douaouda, Attatba, Koléa, Chaiba ainsi qu’à Aghbal, Béni Milleuk entre autres. On y produit du miel d’une dizaine de variétés en particulier celui dit de montagne, de toutes fleurs, du petit jujubier, de l’oranger, de l’eucalyptus, de la carotte sauvage, du caroubier, de l’euphorbe et autre lavande.
L’exposition de cette année, un espace d’information, de communication et d’échanges d’expériences entre les apiculteurs se distingue de la précédente par une belle présentation du produit grâce à un effort fait par les producteurs dans l’emballage en verre qui est généralisé. En plus des producteurs étaient présents à l’ouverture de l’exposition les responsables de l’ITEV (institut technique de l’élevage) de Baba Ali qui interviennent dans le volet labellisation et analyse du miel, ceux des banques, de la CRMA, de l’ANSEJ, la CNAC, l’ANGEM et les entreprises spécialisées dans l’emballage.. Concernant l’écart existant entre le nombre de ruches et la production mellifère, le même responsable a indiqué que les ruches mettent 2 à 3 années pour entrer en production, tout en précisant que certaines conditions climatiques, le froid en particulier, et la non-maîtrise des techniques d’élevage sont également à l’origine de la faible production. Il faut signaler que lors des précédentes éditions, les organisateurs ont fait en sorte de faire de la formation continue, en abordant au cours du salon, plusieurs questions dont celles liées aux «effets thérapeutiques du miel», la « traçabilité du produit» et « la lutte contre les maladies des abeilles la varoise et la fausse teigne », « la labellisation du miel » une préoccupation à prendre en charge dès maintenant en prévision de l’ouverture du marché algérien, indiquent les animateurs de cette journée.

Le miel algérien est très apprécié à l’extérieur du pays…

Selon le représentant de l’association des apiculteurs de la wilaya de Tipasa, la réputation du miel du terroir, dira-t-il, a largement dépassé nos frontières, explique notre interlocuteur puisqu’il a eu l’occasion d’exposer dans les pays du Moyen-Orient où le miel sedra (euphorbe) est très demandé. Le produit, présenté dans toutes ses variétés qui sont pour l’heure au nombre de 18 (eucalyptus, euphorbe, jujubier, chardon, romarin, multifleurs, agrumes, lavande, thym…), une panoplie de variétés de miel et de produits à base de cette substance aux vertus thérapeutiques nombreuses et avérées, connaît un réel engouement et un intérêt auprès des consommateurs.
Les foires organisées dans plusieurs wilayas et qui connaissent un franc succès populaire, offrent la possibilité aux citoyens d’acheter du miel et des produits de la ruche. Le pollen, la gelée royale, la propolis, la cire d’abeille, les produits cosmétiques à base de miel et ses dérivés, qui sont bio, c’est-à-dire 100% naturel sont présents sur les stands des exposants. Les nombreux visiteurs présents, grâce à la politique de proximité, ont la possibilité de déguster gratuitement les différents parfums de miel et de profiter pleinement des conseils des exposants très accueillants du reste. Reste de sérieux problèmes à prendre en charge par les responsables du secteur et ceux du conseil interprofessionnel dont celui de l’utilisation de nombreux pesticides sans mesurer la gravité de leurs gestes qui ne sont pas sans effet sur le cheptel car celui-ci est à l’origine de la disparition des millions d’abeilles décimées par ces produits chimiques alors que l’abeille est, tout le monde le sait, indispensable à l’être humain, à la faune et à la flore. L’autre problème posé par les éleveurs est celui de la difficulté d’installation de ruchiers dans certaines parcelles agricoles ou dans des zones forestières, un réel obstacle pour les apiculteurs auxquels il est opposé un refus où exigé d’être payés alors que la présence des ruchiers est utile à la pollinisation qui peut aider à la fructification des récoltes. Pour l’exportation du miel algérien vers les marchés internationaux, reste à remédier à l’absence d’un laboratoire d’analyses répondant aux normes mondiales, autant de questions à aborder et prendre en charge pour offrir un produit de qualité devenu une exigence de santé publique.