La question de l’environnement doit devenir «une cause nationale, un défi et l’affaire de tous ». Ce sont les propos du ministre des Ressources en eau et de l’Environnement Abdelkader Ouali qui a consacré une matinée sur le sujet au profit des journalistes qualifiés de partenaires importants pour venir à bout du fléau du manque d’hygiène et de l’atteinte à l’environnement.

Le ministère des Ressources en eau et de l’Environnement et les pouvoirs publics, après avoir prôné plusieurs politiques et stratégies de puise en charge des problèmes de l’environnement qui n’ont pas été efficaces, vient de changer de cap en axant son plan sur la mobilisation du citoyen pour pallier le déficit en moyens financiers lié à la crise.
Le citoyen a été jusque-là le maillon faible de toutes les stratégies engagées avec des moyens financiers colossaux, des équipements adéquats sans compter un arsenal législatif en avance sur la société, qui ont échoué d’où cette campagne lancé par le département de Abdelkader Ouali pour le mettre en avant de toute action.
C’est ainsi que le ministre a lancé, jeudi, à partir de la Maison de l’environnement de la wilaya de Tipasa, une journée d’étude au profit des journalistes dont le rôle en matière de sensibilisation sur la protection de l’environnement est primordial puisqu’il servira de trait d’union entre les pouvoirs publics et les citoyens. La mission et le rôle du journaliste dans le programme de sensibilisation du mouvement associatif et son impact sur la politique et la stratégie locale de protection de l’environnement ont été développés au cours de cette journée d’information qui inaugure une série de rencontres de mobilisation de la société civile en faveur de l’environnement. Le ministre, lors de sa dernière visite, à Tipasa avait annoncé que la stratégie environnementale de son département sera axée sur la mobilisation et la sensibilisation des citoyens qui doivent devenir des acteurs incontournables pour défendre et protéger le cadre de vie et l’environnement de manière générale, des citoyens sans lesquels aucune politique ne pourra réussir.

Exercice difficile et long
Expliquant la stratégie de son département d’aller vers la société civile, le ministre ne manquera pas de signaler que l’exercice sera difficile et long de mobiliser les citoyens et en faire des acteurs principaux qui défendront leur cadre de vie et l’environnement de manière générale. S’adressant à l’assistance, composée de journalistes et de représentants du mouvement associatif, en tant que citoyen et non pas en responsable, Abdelkader Ouali a exprimé son souhait de créer une citoyenneté en matière d’environnement et que chacun prenne ses responsabilités, se sente impliqué et mette du sien au quotidien. Après avoir rappelé ses trois rencontres de Sétif, Tlemcen et Blida, où, dira-t-il, il a rencontré des citoyens très conscients et de nombreux experts dans le domaine, en particulier des universitaires, il indiquera que la rencontre de Tipasa au profit des journalistes, qui sont des partenaires incontournables qui doivent s’impliquer davantage en informant les pouvoirs publics et sensibilisant les citoyens, est une continuité de l’action du ministère.
Il ne manquera pas de citer l’exemple de Blida où des réalisations, qualifiées de «citoyenneté environnementale», ont été prises en charge par des opérateurs économiques locaux. Le ministre a souhaité que l’expérience de Blida touche toutes les autres wilayas et fasse tache d’huile dans l’intérêt de tous.

Un observatoire de l’environnement
« Il existe au niveau national mais sans réelle efficacité. Il sera alimenté par des comités locaux et par les citoyens, et ce sera déjà un premier pas en avant », dira le ministre. Il permettra de faire une coordination entre les wilayas et d’organiser les actions efficaces et surtout crédibles mais aussi contrôler et faire le suivi des mesures prises pour y remédier. Une fois l’information centralisée à travers une banque de données sur la situation dans l’ensemble des wilayas, la responsabilité de chacun sera définie et perceptible afin d’en finir avec la politique de « ce n’est pas moi, c’est l’autre». L’observatoire, s’il réussit à éveiller les consciences et faire de la question de l’environnement une affaire de tous, voudra dire que nous aurons réussi dans notre mission. Le ministre ne croit pas aux mesures de coercition pour faire adhérer les citoyens à la cause de la protection de l’environnement mais plutôt à l’éducation et c’est ainsi qu’il va proposer au ministère de l’Education une lettre à distribuer chaque mois à l’élève sur un sujet lié à l’environnement qu’il pourra discuter, par la suite, avec ses parents.
Répondant à une question sur la responsabilité des opérateurs économiques en matière de pollution de l’environnement, le ministre rappellera qu’il existe une instruction claire relative à la présence d’un délégué chargé de l’environnement dans chaque unité économique, une mesure qui sera réactivée sitôt que le cadastre industriel sera achevé.

Le ministre et les clubs verts
Le ministre a profité de sa présence dans la Maison de l’environnement pour s’entretenir avec les adhérentes et membres des clubs verts de la wilaya avec lesquels il a échangé quelques informations sur la situation de l’eau en Algérie, des barrages, des nappes phréatiques, des puits et autres stations de dessalement de l’eau de mer, sans oublier de rappeler que la lutte contre le gaspillage et les fuites d’eau peuvent constituer une ressource supplémentaire en eau et qui est à la portée de tous.
Une petite pause qui lui a permis de souffler et qui a été appréciée par les élèves et en même temps un message du ministre aux jeunes écolos en herbe qui doivent s’en inspirer dans leur vie de tous les jours.
Le ministre a mis à profit sa visite à Tipasa pour aller, l’après-midi, dans la commune de Sidi Amar, visiter le barrage de Boukourdane où lui a été présenté le schéma synoptique de distribution de l’AEP et son amélioration après les derniers apports pluvieux qui ont été bénéfiques sur tous les plans.