La décision du ministère de la Santé de mettre fin aux fonctions du Dr Oukfil Abdeslam, Directeur de l’Etablissement public de santé de proximité (EPSP) de Tipasa, continue d’être dénoncée par le personnel médical et les travailleurs qui la considèrent comme étant « injuste et surtout injustifiée ».

Les travailleurs de l’EPSP de Tipasa, qui regroupe les secteurs sanitaires de quatre daïras, à savoir Ahmer El Aïn, Sidi Amar, Tipasa et Hadjout, ont organisé deux jours de suite des rassemblements au chef-lieu de wilaya pour dénoncer la fin de fonction du responsable de l’EPSP, un cadre très compétent, selon les médecins rencontrés peu avant l’installation du nouveau directeur. L’empressement de la tutelle à installer le nouveau directeur, en l’occurrence Mostefaoui Mohamed, venu de Sedrata, a surpris plus d’un travailleur, qui s’interrogent toujours sur les raisons de ce changement, si ce n’est « pour faire plaisir à la chargée de l’intérim qui s’est acharnée contre ce responsable irréprochable » qui l’a accusé de créer la zizanie (belbala) dans son rapport transmis au wali, qui l’aurait fait suivre au ministère de la Santé tel quel, sans essayer d’avoir un autre point de vue sur la situation et le différend opposant le directeur à la chargée de l’intérim. Les médecins rencontrés sont ulcérés par cette décision et la réaction du chef de l’exécutif qui, selon eux, « aurait pu écouter le point de vue de l’intéressé et des travailleurs » et dépêcher une inspection au lieu de punir le docteur Oukfil qui a été 20 ans au service de la santé publique et fait preuve de compétence dont tout le monde témoigne. La manière dont le directeur a été informé – à savoir par le biais d’une page facebook décriée – est l’autre reproche fait par nos interlocuteurs à la tutelle d’autant, diront-ils, que « cette page est connue pour son hostilité envers les médecins » et toutes les compétences de la wilaya. « Nos deux rassemblements au sein de l’EPSP, indiqueront-ils à Reporters, est une autre façon de dire que tous les travailleurs soutiennent leur directeur injustement sanctionné », ce qui « inquiète sur la gestion du secteur, sans DSP depuis plus de six mois, sans que cela ne gêne les décideurs en haut lieu ».
Les médecins rencontrés, qui en avaient gros sur le cœur, ne comprennent pas le manque de réaction des responsables de la wilaya qui se sont alignés sur la position de la chargée de l’intérim, alors que les inspecteurs dépêchés, en mai dernier par le ministère, n’avaient rien trouvé à reprocher au docteur Oukfil. Ils rappellent que lors de la décision, en mai dernier, de déplacer le service des urgences de l’hôpital Tagzait vers l’EPSP et qui a été bloquée par le conseil médical, faute de bonnes conditions d’accueil des malades, les représentants de travailleurs ont été reçus par le Secrétaire général de la wilaya qui, pour toute réponse, leur a dit qu’il était nouveau et ne savait même pas ou se trouvait le siège de l’EPSP, alors qu’il n’est qu’à quelques encablures de son bureau. Ceci, selon nos interlocuteurs, en dit long sur la gestion et le fonctionnement dans la wilaya et, par-delà, du secteur de la santé.
Ce dernier a perdu un cadre très compétent, qui a avait entamé sa carrière dans la santé publique quand la chargée de l’intérim était encore étudiante. Alors qui est derrière cet acharnement qui n’honore pas le secteur qui a besoin de cadres compétents et de sérénité en ces temps de pandémie ? Le nouveau directeur installé, un administrateur d’Oued Souf, a été à la tête d’un établissement sanitaire d’Annaba avant d’être démis de ses fonctions en 2018 puis, nommé, en 2020, au poste de directeur à l’EPSP de Sedrata. n