Alors qu’ailleurs, on applaudit chaque soir le corps médical et paramédical pour les remercier de leurs efforts pour lutter contre la pandémie, ici à Tipasa, une page Facebook n’a rien trouvé de mieux que de publier la liste de garde des médecins affectés au pavillon aménagé pour la prise en charge des malades éventuellement atteints du virus.

Les médecins de l’EHP Tagzait-Abdelkader de Tipasa ont été offusqués de trouver leurs noms rendus publics dans la liste de garde, ce qui, disent certains, risquent de leur poser problème à eux et à leurs familles qui risquent d‘être stigmatisés par leur voisinage du fait de leur proximité avec les éventuels malades atteints du virus corona.
Au-delà du fait qu’il est strictement interdit de rendre publique une note interne, qu’elle ait été photographiée par un travailleur de l’établissement ou par une tierce personne qui serait entrée sans autorisation, le personnel médical ne comprend pas le sens de cette publication et dénonce ce genre d’information qui ne respecte ni éthique ni déontologie. Alors que la pression est au plus haut point au niveau des établissements hospitaliers et chez les médecins, qui reçoivent chaque jour des cas suspects, tous avérés négatifs jusque-là, en plus des voyageurs qui sont en isolement dans les unités de l’entreprise de gestion touristique de Tipasa, non sans risques, les médias gagneraient à aider plutôt qu’à alarmer pour les encourager à faire face à l’épidémie si elle venait à prendre des proportions plus importantes. La publication, dernièrement, par la même page Facebook de photos de personnes étendues sur le sol, a créé un mouvement de panique chez certains citoyens qui commentaient lesdites photos en disant « que les malades tombent comme des mouches ».
Même les radios locales, selon nos interlocuteurs, devraient éviter de passer les commentaires de citoyens qui minimisent l’épidémie et appeler à se confiner pour éviter la contagion.
A Cherchell, les médecins, pharmaciens, archéologues et autres citoyens de divers secteurs se sont organisés en comité local de sensibilisation pour inculquer les comportements et gestes barrières à adopter tout en déplorant que les responsables locaux n’aient pas pensé à les associer dans leur comité de vigilance contre le coronavirus. n