Les responsables de la wilaya de Tipasa ont mobilisé tous les services concernés afin de circonscrire la contamination du choléra, qui a atteint 13 personnes sur les 18 suspectées découvertes dans un quartier de la commune d’Ahmer El Aïn. Depuis lundi, les responsables de la santé ont dépêché des équipes médicales dans des cliniques mobiles pour aller à la rencontre des familles de la région

, où a été découvert le vibrion du choléra, en aval de la source de Sidi El Kebir qui aboutit dans un oued du même nom, et comptent mobiliser leurs unités de dépistage sanitaire (UDS) à la rentrée scolaire. Même si la source d’eau, à laquelle s’abreuvaient toutes les familles vivant aux abords, semble indemne d’infection, elle a été fermée par mesure préventive. Les responsables poursuivent leurs investigations pour connaître l’origine exacte de la contamination qui peut avoir pour origine l’oued situé à proximité de la source. Les équipes de la direction de la santé sont sur place pour effectuer des visites médicales, rassurer les familles de la région, mettre fin à la psychose et distribuer 129 boîtes de médicaments aux proches des personnes infectées par le virus et circonscrire ainsi la contagion. Les équipes médicales vont profiter de ces déplacements pour faire de l’éducation sanitaire et expliquer aux familles les gestes quotidiens à adopter pour se prémunir de l’infection. Se laver constamment les mains, laver les fruits et légumes, faire bouillir l’eau et même y ajouter des gouttes d’eau de javel, tout en veillant à l’hygiène de l’eau stockée dans les bâches et autres réservoirs. L’hygiène est la seule solution pour venir à bout de cette maladie, expliqueront les responsables de la santé. Jusqu’à ce jour, ces derniers sont formels, la contamination s’est arrêtée aux six familles de ce quartier qui sont entrées en contact avec d’autres membres de leurs familles et proches, par conséquent, se sont contaminées, puisque le choléra se transmet par le toucher. Malgré les assurances des responsables locaux, les citoyens continuent de s’inquiéter et la moindre petite diarrhée est appréhendée et fait l’objet de visite à l’hôpital le plus proche. Ce qui, en soit, est une bonne chose car vaut mieux prévenir que guérir. En attendant les résultats de l’Institut Pasteur des derniers prélèvements au niveau de la source, de l’oued et des terres agricoles environnantes, les responsables ont procédé au chaulage de tous les points d’eau et autres endroits où se trouvent des eaux stagnantes. Les responsables de l’hydraulique, eux aussi, sont mobilisés sur le terrain pour faire des prélèvements partout, même s’ils ont déclaré que l’ensemble des 130 sources gérées par la Seaal ou par les bureaux communaux d’hygiène (BCH) ne sont pas contaminées. Les 650 puits agricoles ont fait l’objet de contrôle réguliers avec des résultats négatifs jusqu’à la découverte du vibrion en bas de la source de Sidi El Kebir. Il faut signaler que les premiers prélèvements, dans la précipitation, n’ont pas été faits à plusieurs endroits -c’est-à-dire à la sortie de l’eau, dans le bassin et en aval- pour écarter toute suspicion. D’où les explications du wali lors de la conférence de presse, qui indiquait que l’eau qui coule n’est pas infectée, tandis que le vibrion se trouvait plus bas. De nouveaux prélèvements ont été faits et transmis à l’Institut Pasteur pour plus de précisions. Toujours sur le plan sanitaire et en prévision de la rentrée scolaire, un casse-tête pour les responsables étant donné le déficit en eau dans certaines zones, l’état catastrophique des sanitaires et des réservoirs de stockage, les responsables de la santé vont mobiliser toutes les UDS. De nombreux citoyens ne comprennent, toutefois, pas que les responsables locaux n’aient pas interdit la vente informelle des fruits et légumes aux abords des routes, comme cela a été fait dans la wilaya limitrophe de Blida. D’autant qu’à ce jour, on ne connaît pas l’origine de la contamination et les deux hypothèses sur la provenance, à savoir l’eau ou des fruits et légumes, restent d’actualité.