Les responsables, ainsi que l’équipe médicale de la clinique privée Boudjella de Hadjout ont organisé, durant trois jours, des portes ouvertes destinées au corps médical et à la presse pour répondre « aux propos calomnieux » du Directeur de la santé et de la population de la wilaya de Tipasa lors de la dernière session de l’APW.

Selon le docteur Boudjella, propriétaire de la clinique, des propos « calomnieux » tenus par le Directeur de la santé et de la population de la wilaya lors de la dernière session de l’APW, au cours de laquelle il présentait aux nouveaux élus le dossier santé, ont surpris les responsables de la clinique incriminée qui ne trouvent aucun justificatif à cela. D’autant, expliquent-ils, qu’à aucun moment il ne leur a été fait de remarques négatives quant à la situation de leur établissement. Le Dr Boudjella a tenu à assurer, lui-même, la visite guidée de la clinique, qui a ouvert ses portes en 2011 et exercé jusque-là sans aucun problème. D’où leur étonnement quant à cette réaction intempestive du premier responsable de la santé. A aucun moment les inspecteurs du service prévention de la Direction de la santé n’ont signalé de problème ni aucune autre structure, dont la commission santé de l’APW, qui, à la suite de sa visite inopinée, a fait un rapport positif sur la structure, selon lui. Ce sont là les propos du docteur Boudjella qui ne comprend pas cette soudaine animosité du DSP qui, à son goût, a accordé plus de temps de parole sur la clinique, qui dispose de 20 lits seulement dont 13 dédiés à l’obstétrique, au lieu de s’intéresser aux 1 500 lits des établissements publics dont il a la gestion. Il refuse de tomber dans la polémique et préfère que ce soit ses patients et leurs familles, dont le fichier comporte, à ce jour, 5 000 malades, qui témoignent et jugent du sérieux et en la probité du travail dans sa clinique.  Concernant la raison à l’origine de cette réponse du DSP, Boudjella indiquera qu’il répondait à une interpellation d’un élu sur les raisons du blocage du projet d’extension de la clinique Boudjella. Le DSP, après avoir expliqué que des réserves sur le dossier avaient été émises par le ministère de la Santé, aurait pu s’arrêter là au lieu de faire un réquisitoire contre son responsable, lui reprochant, entre autres, de détourner le personnel médical des établissements publics dont celui de la maternité de Hadjout. Selon le DSP, expliquera à Reporters Dr Boudjella, le personnel médical et paramédical du service maternité de la polyclinique de Hadjout sous-traiterait les malades qui aboutissent à la clinique en échange d’une rémunération. Ses propos l’engageaient pleinement en tant que responsable de wilaya du secteur étant donné qu’il disposait de preuves, soutient-il. Cet aveu de laxisme du premier responsable du secteur de la santé, face à une situation dont il était informé puisqu’il l’a expliqué avec force détails, a surpris l’auditoire qui ne s’explique pas que des sanctions n’aient pas été prises à l’encontre des personnes incriminées au lieu de s’attaquer à la clinique Boudjella qui se considère comme un partenaire à part entière au service de la santé du citoyen. Alors, pour faire contre mauvaise fortune bon cœur, et au lieu d’entretenir la polémique et d’envenimer les relations, celui-ci, pour réhabiliter l’image de la clinique, l’a  ouvert aux journalistes et à ses confrères qui jugeront par eux-mêmes le fonctionnement et l’état des lieux de cet établissement privé, qui dispose de 20 lits et d’un service gynécologie obstétrique, ouverte il y a trois années pour combler le déficit en la matière. Depuis cette date, la clinique a œuvré en complément aux structures du secteur public en enregistrant plus de 800 naissances en 2017. Lors de la visite, l’état des lieux semblait irréprochable et disposant de moyens de travail modernes, équipé d’un laboratoire pour les analyses biologiques d’urgence qui a été complètement rénové, de deux tables d’accouchement avec une prise en charge de plus de 100 parturientes par mois. Les malades hospitalisés semblaient, plutôt satisfaits des conditions d’accueil et de la prise en charge médicale d’une équipe dévouée selon les propos de certains. A l’image de cette maman primipare venue de Aïn Defla, qui séjournait dans une salle très proprette, équipée d’un téléviseur en compagnie de sa petite Kamélia qu’elle voulait appeler Julia mais a essuyé un refus de l’APC qu’elle ne comprend pas, ignorant, probablement, qu’il existait une liste de prénoms autorisés. Le service maternité est pris en charge par 10 gynécologues dont certains conventionnés, tandis que le service pédiatrie est organisé autour de 6 chirurgiens et d’orthopédistes exerçant dans le cadre de conventions. Cette autre maman, au chevet de son enfant opéré la veille, qui s’est dite satisfaite du séjour malgré la douloureuse facture (160 000 DA), tout en reconnaissant que les radios, dans la commune de Hadjout, étaient beaucoup moins chères qu’à Aïn Defla où elle a dû débourser 40 000 DA (contre moins de 20 000 DA ici). Le service pédiatrie, dirigé de main de maître par une femme, le docteur Hakimi Nadjet, reçoit jusqu’à 20 enfants par mois de 0 à 16 ans atteints de diverses pathologies dont les malformations congénitales, plastiques des mains et des pieds et souffrant de pathologies de chirurgie infantile, biliaires, pariétales, viscérales et autres traumatologies. L’autre nouveauté introduite, ces derniers temps, selon le directeur, est la cœlioscopie utilisée à 85% pour le traitement de la vésicule biliaire, de la prostate (75%) et des tumeurs de la vessie. La clinique, expliquera notre interlocuteur, dispose d’espace pour une extension à 20 autres lits, mais le dossier traîne depuis deux ans dans les méandres bureaucratiques. Pour assurer une prise en charge optimale des malades, la clinique a signé, depuis 2016, des conventions avec 28 médecins privés dans différentes spécialités, chirurgie générale, infantile, gynécologie-obstétrique, orthopédie, urologie, ophtalmologie et réanimation. Cette colère injustifiée du DSP serait, de l’avis de nombreux médecins, « due à son arrogance » qui explique la saignée de médecins spécialistes qui ont quitté le secteur public et carrément la wilaya de Tipasa ces dernières années. On nous apprendra que, ces derniers mois, plus de 10 spécialistes ont fui le public et se sont installés  à titre privé (gynécologue, chirurgien infantile, chirurgien viscéral, chirurgien, orthopédiste, rhumatologue, cardiologue, urologue et dermatologue…). Contacté par téléphone pour avoir des éclaircissements sur ses griefs contre la clinique Boudjella, le DSP nous a reçus en exprimant sa surprise que ses propos aient été si mal interprétés. Ecoutons-le.