Près de 40% des aviculteurs ont abandonné leurs activités ces trois derniers mois, selon un représentant de la filière avicole de la wilaya de Tipasa qui tire la sonnette d’alarme pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur la chute du marché de la viande blanche.

Selon Aïd Ahmed, membre de l’Association des aviculteurs de la wilaya de Tipasa et propriétaire du complexe avicole de Menaceur, la situation des éleveurs de poulets est catastrophique ces derniers temps marquée par une chute brutale et inexpliquée de la consommation de viande blanche. Cette chute a entraîné, dans son sillage, une baisse drastique des prix qui sont passés de 400 à 180 DA le kilo, mettant l’éleveur, selon notre interlocuteur, dans une situation difficile avec un manque à gagner important qui a obligé beaucoup d’entre eux (30 à 40%) à abandonner l’activité. Notre interlocuteur attire l’attention sur les retombées négatives de cette situation qui va se répercuter dans les mois à venir et, en particulier durant le mois de ramadhan, par une faiblesse de l’offre et par conséquent un renchérissement des prix et une nouvelle fois une dérégulation du marché.
Interrogé sur les attentes des éleveurs de la part des pouvoirs publics, il dira que l’Etat doit prévoir un soutien à l’activité en matière, entre autres, d’acquisition de la matière première et d’achat de l’aliment et surtout encourager et inciter à la réalisation de chambres froides pour stocker le surplus en cas d’abondance de la production.
Le responsable du complexe de Menaceur s’interrogera sur l’annulation du soutien à la réalisation de chambres froides qui pourrait être d’un grand apport en matière de régulation du marché de la viande blanche.
Il faut rappeler que près de 80% des éleveurs de poulets et autres volatiles travaillent dans l’illégalité dans la wilaya de Tipasa, selon le président de l’Association des éleveurs, approché lors d’une rencontre relative à la prévention de la grippe aviaire organisée dernièrement au niveau de la Chambre d’agriculture.
Les services agricoles, qui avaient tenté d’organiser la filière par une rencontre avec les producteurs, ont expliqué la disparité du prix du poulet qui peut passer du simple au double. C’est le cas, actuellement, en citant la loi de l’offre et de la demande sans oublier la mortalité dans les élevages due aux mauvaises conditions de production (élevage dans les serres) dans une filière, où règne une anarchie totale, citant des cas de coiffeur ou mécanicien qui deviennent du jour au lendemain éleveurs de poulets. Il faut mettre fin à cette situation, avaient martelé les responsables et représentants des chambres agricoles et du mouvement associatif en se conformant à la réglementation en vigueur par l’obtention d’un agrément, en professionnalisant le métier, en modernisant les infrastructures avec le soutien de l’Etat. Les responsables avaient appelé, alors, les éleveurs à s’organiser en partenariat avec les agriculteurs et en créant des points de vente destinés aux consommateurs et, pourquoi pas, un marché de gros du poulet, selon la suggestion du DSA. Les représentants de la Chambre d’agriculture avaient, de leur côté, fait part de la disponibilité de la Chambre à organiser des formations à la carte à tout éleveur intéressé par la filière, afin de débuter le métier avec un minimum de connaissance des techniques d’élevage pour un rendement à la hauteur de l’investissement.
Avec une production moyenne annuelle de 102 800 tonnes, la wilaya de Tipasa est classée 13e au niveau national avec un ratio de 16,6 kg de viande de poulets par habitant et par an et 211 œufs par habitant/an.