La Chambre de l’agriculture de la wilaya (CAW) de Tipasa a abrité, durant trois jours, un atelier de formation destiné aux conseillers agricoles, dont le rôle est d’aider les exploitations agricoles à améliorer la qualité et la quantité de leur production (que ce soit dans le domaine végétal ou animal) ainsi que leurs conditions de travail.

Animé par des experts français dans le cadre du programme Profas (lancé en 2015) de coopération bilatérale entre les deux ministères français et algérien, cet atelier a permis de décortiquer le métier et les missions du conseiller agricole qui sont d’un apport appréciable en matière de vulgarisation agricole en vue de l’amélioration des rendements de l’agriculture et gagneraient à être valorisés et mis à la portée des jeunes. La mission du conseiller agricole est d’aider les exploitations agricoles à améliorer la quantité et la qualité de leur production (que ce soit dans le domaine végétal ou animal) ainsi que leurs conditions de travail à partir d’une démarche précise, à savoir l’analyse de l’exploitation, le diagnostic des avantages et les difficultés. Pour les deux animateurs français Myriam Borel et Gilles Tatin, il ne s’agit pas de calquer un modèle français, aussi perfectible soit-il, sur l’agriculture algérienne qui est différente et à des spécificités propres, mais de veiller à confectionner, à partir des interventions des participants, un modèle et un document référentiel qui soit le plus proche possible de la réalité de l’agriculture algérienne. L’atelier, organisé conjointement par la Direction de la Formation, de la Recherche et de la Vulgarisation (DFRV) du ministère algérien de l’Agriculture et du Développement rural et la Direction générale de l’Enseignement et de la Recherche (DGER) du ministère français de l’Agriculture, s’articule autour de la formation des ressources humaines au profit de l’agriculture en mettant en place des programmes de formation pour les proposer aux écoles et centres de formation professionnels pour améliorer le développement agricole. Ces formations pourront, de surcroît, apporter un plus en matière d’offres d’emplois, puisque les bénéficiaires de ces programmes pourront, par la suite, trouver facilement du travail dans un secteur qui a grandement besoin d’une main-d’œuvre qualifiée et d’être modernisée grâce aux nouvelles techniques et technologies. Cette formation, qui a déjà touché d’autres wilayas du pays, vise à proposer une mise à niveau des procédures d’intervention en amont et en aval dans les exploitations agricoles à travers les conseillers agricoles qui peuvent apporter un plus en matière de nouvelles techniques de production qui tiennent compte de nombreux facteurs, dont celui du changement climatique qui n’est pas sans effet sur le secteur. Les conseillers agricoles, autrefois appelés vulgarisateurs ou animateurs agricoles, ont une mission importante en ce sens qu’ils apportent à l’agriculteur un plus en l’incitant à respecter les mécanismes et techniques nouvelles d’exploitation tout en le conseillant pour améliorer les capacités managériales du personnel. Le conseiller agricole, étant l’interface entre les agriculteurs et les responsables du secteur, est très utile aux deux partenaires puisqu’ils apportent un plus à l’exploitant, mais également en collectant des informations utiles aux responsables du secteur. L’objectif de l’atelier de formation était de sortir avec un catalogue référenciel des métiers de l’agriculture et une charte du conseiller agricole qui servira de base de travail qui ne sera pas inutile en cette période de vaches maigres ou l’Algérie vit une crise économique. Au cours des discussions, les experts français n’ont pas manqué de relever que les potentialités et atouts dans le secteur de l’agriculture en Algérie étaient énormes qui gagneraient à être valorisées, et ce, grâce à un climat tempéré, des superficies aux grandes potentialités sans parler d’une main-d’œuvre jeune qui constitue un atout considérable pour relever le défi. Le Profas s’inscrit dans le contexte du document cadre de partenariat, signé entre les gouvernements algérien et français en décembre 2012, consacrant la coopération d’exception entre l’Algérie et la France. Conformément à ce cadre, les parties algérienne et française souhaitent promouvoir les actions de coopération qui contribuent au renforcement des capacités de l’administration algérienne en renforçant les liens entre leurs institutions, en encourageant entre elles les échanges de compétences et le transfert de savoir-faire. Cet objectif vise l’amélioration de la qualité et de l’efficacité des services publics algériens, à travers notamment une meilleure participation à la satisfaction des besoins des citoyens. A ce titre, le Profas soutient des projets structurants engageant des actions concrètes et intégrées dans le cadre de partenariats entre institutions algériennes et françaises d’où cette formation de conseillers agricoles à Tipasa.