La saignée au profit du parti majoritaire, le FLN, continue dans la wilaya de Tipasa. Après le FFS de Koléa et le MPA de Sidi Amar, majoritaires dans les conseils communaux, les militants FNA de l’APC d’Aïn Tagouraït ont annoncé leur ralliement au FLN, a-t-on appris au cours d’une conférence de presse organisée au siège de l’APC.

Le président de l’APC, Djilali Djerboua (qui en est à son troisième mandat à la tête de la commune, auparavant sous l’étiquette FLN) a été élu cette année dans la liste FNA. Ce qui ne l’a pas empêché de regagner sa maison mère qu’est le FLN sitôt la victoire annoncée, dira-t-il sans aucune gêne pour ceux qui l’ont élu et porté à la tête de la commune.
Il a, de surcroît, tenu à l’annoncer solennellement au cours d’une conférence de presse pour lui donner le maximum d’écho et justifier son choix. Le nomadisme politique tend à devenir une culture et ces élus ne sont, en fait, mus que par leur propre intérêt. Quelle pitoyable image donne-t-on, encore une fois, au lendemain des élections locales d’élus qui transhument d’une formation politique à une autre sans état d’âme !
Le secrétaire général du parti FLN, Djamel Ould Abbès, peut se réjouir de ce ralliement de militants élus sur la liste de partis politiques de l’opposition, dont les candidatures n’ont pas été retenues sur sa liste, et qui font allégeance d’eux-mêmes. A moins que toute cette mascarade n’ait été préparée.
Pour tous ces élus ayant rejoint le FLN, diront certains commentateurs au fait de la scène politique, ce parti est une rampe de lancement d’une carrière politique qui peut mener loin. Le nomadisme politique continue de profiter au parti du Front de libération nationale, puisque plus de 70 APC au niveau national ont rejoint ce parti après les élections locales du 23 novembre dernier.
Se pose alors la question de savoir pourquoi a-t-on interdit le nomadisme politique dans l’Assemblée nationale, mais pas dans les APW et les APC ?
Il faut relever que la loi interdit le nomadisme politique aux députés uniquement au sein de l’APN. C’est pourquoi les élus indépendants et les autres partis pour les APC et les APW ont profité de ce vide juridique pour rejoindre le FLN. L’interdiction du nomadisme politique inscrit dans la Constitution, adoptée par le Parlement, profite curieusement au premier parti qui domine les deux chambres. Le gouvernement propose que les élus, qui quittent leur parti pour rejoindre un autre, soient déchus de leur mandat. L’article 67 du projet de loi déposé par le ministère de l’Intérieur stipulait : «Est déchu de plein droit de son mandat électif, tout élu qui aura rejoint, en cours de mandat, un parti politique autre que celui sous l’égide duquel il a été élu en qualité de membre de l’Assemblée populaire nationale, du Conseil de la nation, d’une assemblée populaire communale ou de wilaya.» Cette disposition, destinée à mettre fin aux transfuges des élus d’un parti à un autre, a été retenue pour l’APN seulement. La loi électorale a été adoptée en 2016, sans les articles controversés, à une large majorité par l’Assemblée populaire nationale (APN). Cette loi encourage le nomadisme politique avec la suppression du désormais ex-article 67 qui déchoit de son mandat électif tout élu qui aurait rejoint, en cours de mandat, un parti politique autre que celui sous l’égide duquel il a été élu.