La Chambre d’agriculture de la wilaya de Tipasa a lancé, depuis le 25 février, une caravane de sensibilisation et d’information au profit des fellahs sur la nécessité de contracter des assurances pour parer à toute éventualité et prévenir toute catastrophe, qu’elle soit liée aux inondations ou à la sécheresse qui pointe le bout de son nez.

Le déficit en pluviométrie et, par conséquent, en ressources hydriques, est en train de s’accentuer puisqu’il n’est pas tombé une seule goutte de pluie depuis le mois des décembre, risque, en effet, d’avoir des effets négatifs sur les rendements et par-delà sur la production de produits maraîchers, agrumes ou encore en céréaliculture. Les agriculteurs ne cessent de réclamer à l’Office national d’irrigation et de drainage (Onid) leur quota en eau pour sauver leurs cultures. La caravane, lancée en coordination avec la Caisse régionale de mutualité agricole (CRMA) dont le siège se trouve à Koléa et les responsables des comités interprofessionnels des filières agricoles, sur l’importance des assurances pour la protection des exploitations se rendra dans plusieurs communes en commençant, le 27 février par une rencontre avec les agriculteurs de Chaïba au niveau de l’exploitation 63, dite Karimi, qui sera suivie par une seconde le 10 mars à Sidi Rached, à la ferme bovine Ibrahim, puis le 12 mars à la CAW de Tipasa. Les animateurs vont déployer des moyens techniques et humains ainsi que leur talent de spécialistes pour sensibiliser les fellahs sur l’intérêt d’assurer leurs exploitations contre les risques inhérents aux incendies, la foudre, la grêle et la responsabilité civile du fellah et des membres de sa famille. La question de l’assurance des exploitations agricoles, que ce soit pour le matériel ou la production elle-même, se pose de manière récurrente aux agriculteurs, qui restent très réticents à contracter une police d’assurance, indiquent les responsables de la CRMA. Les responsables du secteur et de la CRMA ne manquent pas de déplorer que l’agriculteur continue d’ignorer que contracter une police d’assurance ne peut être que bénéfique pour lui car, en plus, de la couverture du sinistre pour l’agriculteur celui-ci, en adhérant à la CRMA, bénéficiera d’une ristourne chaque fin d’année au prorata de ses cotisations. On pensait que les intempéries qu’avait connu la wilaya de Tipasa, le 11 novembre 2002, avaient fait prendre conscience que nul n’était à l’abri d’un sinistre. Il faut se rappeler que les agriculteurs de la wilaya de Tipasa, suite à ces intempéries, ont bénéficié d’un soutien pour relancer leurs activités agricoles au niveau des 100 exploitations touchées par les inondations et recensées par les services de l’agriculture, et 47 d’entre eux, avaient contracté une police d’assurance auprès de la CRMA qui les a pris en charge dans le cadre du FNDA. Une partie des exploitations sinistrées ne devrait bénéficier d’aucune indemnité, étant donné que leur matériel était implanté sur le domaine fluvial, c’est-à- dire dans des zones inondables et qui ne donnent droit à aucun dédommagement. Il a été très difficile aux experts de la CRMA, chargés de faire une évaluation des dégâts dans les exploitations, de trouver la trace du matériel, car celui-ci était installé sur les abords ou dans les lits d’oued ou encore sur les plages des localités côtières. Plus d’une dizaine de cas ont été recensés par les experts de la CRMA, ce qui n’a pas empêché ses services de les prendre en charge afin de leur donner une chance de redémarrer leur activité agricole. La CRMA de Hadjout, qui couvre les localités allant de Aïn Tagourait à Damous, a pris en charge le montant des indemnisations évalué à près de 100 millions de dinars. Ces indemnisations avaient couvert les dommages subis par les plasticulteurs dont 234 chapelles ont été emportées par les fortes chutes de pluie. En plus du matériel composant la chapelle, à savoir la charpente métallique et le film plastique, les services de la CRMA ont enregistré un grand nombre de sinistres touchant le matériel d’irrigation, en l’occurrence les moteurs, moto-pompes et autres matériels d’équipement des forages et des puits.
Prévenir toute catastrophe, qu’elle soit liée aux inondations ou à la sécheresse
Les agriculteurs qui s’approvisionnent ainsi directement à la source en eau ont mal évalué les risques puisqu’ils avaient tablé sur une sécheresse endémique. De nombreux exploitants agricoles des daïras de Cherchell, Gouraya et Damous avaient, en effet, implanté leur matériel d’irrigation sur le domaine fluvial autrement dit dans les lits d’oued et sur les plages, ce qui est contraire aux clauses du contrat. L’autre problème auquel se sont trouvés confrontés les agents de la CRMA est relatif à l’assurance du matériel agricole dont le contrat stipule que celui-ci est assuré, seulement, contre les incendies, d’où un autre dilemme pour la CRMA. Autant de points à développer lors de cette caravane. Finalement, les responsables de la CRMA et ceux des services agricoles ont tranché la question en décidant d’indemniser l’ensemble des agriculteurs touchés par les inondations tout en les sensibilisant sur les bienfaits et la nécessité de se couvrir grâce à une assurance. Pourtant, la Chambre d’agriculture de la wilaya de Tipasa organise sans cesse des journées d’information et de sensibilisation au profit des agriculteurs de toutes les filières et n’hésite pas à aller à leur rencontre, accompagnée des représentants des différentes compagnies. La signature récente d’une convention d’assurance et de partenariat entre la CNMA et le Conseil interprofessionnel de la filière pomme de terre (CNIF/PT) a été une occasion d’informer sur la nécessité de se couvrir et sur l’importance qu’accorde la mutualité au monde de l’agriculture, en proposant des polices d’assurance adéquates. La CNMA, par le biais de son large réseau régional, s’engage ainsi à assurer la couverture de l’ensemble des risques inhérents au patrimoine, notamment ceux liés aux activités du secteur, à savoir des producteurs de pomme de terre, les transformateurs, les stockeurs ainsi que toutes les autres couvertures relatives aux biens meubles et immeubles, installations et équipements. On apprendra que la CNMA lancera, prochainement, une nouvelle offre relative à l’assurance-incendie des oliviers, pour protéger le patrimoine oléicole contre les incendies qui ont causé, ces dernières années, des pertes importantes d’oliviers. L’autre assurance proposée par la CNMA au profit du monde agricole est intitulée « Sahtek fi darek » (ta santé chez toi), ce nouveau produit a été élaboré en partenariat avec Magh/Assistance, une société spécialisée dans les soins d’urgence à domicile. C’est un service vital, car il cible en particulier la population agricole en la faisant bénéficier de la prestation médicale à domicile, d’autant que les agriculteurs et les éleveurs ainsi que leur familles se trouvent souvent dans des zones reculées où il y a un manque terrible de structures médicales », ont expliqué les responsables. Lors de son lancement, on apprendra que 37 wilayas sont concernées par ce nouveau produit qui sera généralisé à travers tout le territoire national via le réseau de la CNMA qui compte actuellement 367 agences locales. « Le produit concerne les 3 millions d’assurés de la CNMA dont les 220 000 agriculteurs et éleveurs adhérents à la mutuelle, mais il reste ouvert à toutes les catégories de société souhaitant bénéficier d’une assistance médicale de proximité », en les faisant bénéficier d’une série de soins, entres autres, les premiers secours, les consultations générales, les examens cliniques et les analyses médicales. n