Les édiles des 13 communes côtières (sur les 28 que compte la wilaya de Tipasa) ont répondu aux instructions du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales relatives à l’installation de Monsieur plage, un administrateur chargé de veiller à l’état des lieux, au suivi de la situation et au bon déroulement de la saison estivale.

13 plages de la wilaya, qui sont les plus fréquentées durant la saison estivale seront, attentivement, scrutées puisqu’elles ont toutes été dotées de ce poste d’administrateur désigné par la commune pour veiller à l’état des lieux (hygiène, sécurité et autres activités de loisirs) et qui devra, en principe, rendre compte quotidiennement aux responsables de la wilaya de la situation des plages afin de parer à toute éventualité. Cette saison, qui commence à être marquée par une affluence massive de visiteurs et d’estivants, sera un test pour vérifier l’application de cette instruction du MICL donnée en 2015 déjà et qui n’a pas été suivie d’effet en raison du laxisme et du manque d’engouement des élus et autres responsables pour améliorer le cadre de vie et les lieux de loisirs des citoyens. «Monsieur Plage» sera donc, constamment, en contact avec les autres parties impliquées dans la gestion des plages, à savoir la Protection civile, les services de sécurité (Gendarmerie et Sûreté nationale) l’APC, la Direction du tourisme et le cabinet du wali.

Veiller à la gratuité de l’accès aux plages
Ses attributions concernent notamment le contrôle du nettoyage et de l’hygiène, la surveillance de la régularité des concessions octroyées sur les portions de littoral, l’éclairage, la sécurité et autres services destinés aux citoyens. La situation de l’hygiène des plages sera, particulièrement, surveillée à la loupe si les instructions du ministre étaient suivies d’effets comme il l’a déclaré en juin 2017 lors de sa visite à Tipasa où il a menacé par de lourdes sanctions tous les responsables laxistes qui ont été appelés à veiller à la gratuité de l’accès aux plages. Pour mettre fin au casse-tête de la gestion des plages par les communes, des initiatives ont été prises depuis l’an dernier qui consiste en des concessions de certaines plages à des partenaires publics ou privés comme cela a été le cas l’an dernier et cet été pour les plages du Colonel Abbès et El Haoues à Douaouda et Chenoua et El Beldj à Tipasa qui seront cédés à l’Anep. D’aucuns se sont interrogés sur le choix de l’Anep, une entreprise chargée de l’édition et de la publicité, pour gérer une plage. «Reporters» a posé la question au secrétaire général de la wilaya lors de sa dernière rencontre avec la presse sur la saison estivale, qui a répondu qu’il s’agissait d’une entreprise publique qui a, déjà, à son actif, l’expérience de 2017 qui a été, selon lui, concluante. Pour notre interlocuteur, l’expérience a été, non seulement, renouvelée, mais aussi étendue à trois autres plages très fréquentées par les vacanciers et nécessitaient une bonne prise en charge pour mettre fin au squat des plages, un phénomène qui a encore de beaux jours devant lui. L’ANEP, qui sera, entre autres, responsable de l’hygiène du milieu, pourra organiser le séjour sur ces plages très prisées par les familles qui pourront y louer du matériel de plage en contrepartie d’une contribution financière.
La collectivité locale, nous explique-t-on, pourra y gagner, non seulement en faisant rentrer de l’argent dans ses caisses en louant ces espaces, mais, aussi, se débarrasser de la gestion de ces espaces balnéaires devenus des décharges à ciel ouvert en plus du squat par des bandes de jeunes incontrôlables. Une expérience à suivre de près comme celles des plages des complexes touristiques qui ont obtenu des concessions des services des domaines et seront débarrassées des plagistes illicites qui rackettent les familles et ont fait la loi durant des années.
La concession de l’exploitation de trois grandes plages de la wilaya au profit de l’Agence Nationale d’Edition et de Publicité (Anep), selon un cahier des charges fixant la qualité des prestations qui y seront assurées, dont notamment la gratuité de leur accès, fait suite au «succès «de cette expérience au niveau de l’une des plages de la wilaya durant la saison écoulée.
Cependant, il y a lieu de signaler la bourde commise dernièrement par l’Anep qui a apposé un très grand panneau de publicité pour encourager le tourisme en Tunisie aux abords du complexe de Matarès, ce qui n’a pas été du goût des responsables du secteur au niveau local et national. Les plages concédées à l’ANEP, pour cet été 2018, sont celles de Colonel-Abbès et El Haoues situées à Douaouda, Chenoua et la plage bleue à El Beldj dépendant de la commune de Tipasa. Des plages réputées pour attirer un grand nombre d’estivants, que l’Anep va exploiter en prenant en charge les équipements et y organisant les animations nécessaires, tout en garantissant la gratuité de l’accès à leur niveau. La wilaya de Tipasa compte 42 plages autorisées à la baignade sur une côte de 113 km s’étendant de Douaouda à l’est jusqu’à Damous à l’ouest. Cependant, la région accuse un déficit énorme en structures d’accueil, car ne disposant que de 5000 lits. Une série de mesures ont été prises, selon le responsable de la communication de la wilaya, parmi lesquelles l’élaboration d’un nouveau cahier des charges relatif aux 44 camps de vacances que compte la wilaya, outre l’annonce d’enchères publiques auxquelles ont participé des opérateurs, suivant les cours du marché. Un nouvel article a été introduit dans le nouveau cahier des charges fixant le contrat de location à «une année renouvelable «contrairement aux années précédentes. Le suivi de l’application du nouveau cahier des charges est dévolu aux P/APC, au même titre que la valorisation des plages de la wilaya et de la qualité des prestations à leur niveau.

Halte à la délivrance «anarchique» des autorisations de restauration
Parallèlement, un nouveau cahier des charges, adapté au cours du marché, a également été décidé pour les centres de loisirs relevant des localités côtières, avec l’interdiction faite aux présidents des communes de délivrer «anarchiquement» des autorisations de restauration sur les plages, mais selon des conditions biens claires, notamment concernant l’hygiène et les équipements. La concession, par l’EGTTipasa, d’une des plages de la Corne d’Or à la société privée «Fabrik», chargée de l’événementiel, pour la seconde année consécutive, ne semble pas faire que des heureux, car, même si les prix ont été revus à la baisse (1500 DA la chaise, le transat et le parasol) durant la semaine (2500 DA le week-end), et 4000 DA le lit à baldaquin, beaucoup restent réticents à y aller. Lors de notre visite, le jeudi vers 19h, la plage était complètement vide. Cette année HTT a tenu à marquer sa présence sur le site avec une grande banderole portant sa marque et les sponsors, tandis que la boite Fabrik a marqué discrètement sa présence conclue sur la base d’un partenariat avec un cahier de charges précis. Tout le monde se souvient que l’expérience de 2017 n’a pas laissé de bons souvenirs puisqu’il aurait été question de manque de transparence dans la transaction ce qui aurait valu à l’ex-directrice un départ précipité, sans tambour ni bagages. Il faut dire, par ailleurs que le complexe la Corne d’or a été, littéralement, pris d’assaut le vendredi, car en plus des résidents, l’accès était permis aux détenteurs du fameux sésame la carte VIP ce qui n’a pas manqué de provoquer des échauffements de nerfs, face à l’incivisme de certains. Les agents de sécurité et l’équipe de gendarmerie détachée sur le site ont eu toutes difficultés du monde à gérer le flux des visiteurs et, selon certains témoignages, de nombreux vols sont signalés sur la plage et des agressions.
Vendredi vers 14 h des témoins oculaires ont raconté qu’une jeune fille serait tombée du haut de la falaise alors qu’elle se défendait contre un agresseur qui voulait lui arracher son téléphone portable à quelques mètres de la réception où les agents sont présents en grand nombre. Le père de la victime est arrivé en courant pour alerter les agents qui se sont déployés aussitôt pour lui porter secours.