La paisible commune de Messelmoune serait-elle devenue le nouveau couloir marin de l’émigration clandestine dans la wilaya de Tipasa à voir le nombre de harraga interceptés et qui seraient partis de la plage de cette commune ?
de Tipasa, Seddiki Djamila

Cette commune, rappelons-le, abrite un monument commémorant la tenue d’une réunion secrète des chefs des alliés, qui y ont organisé le débarquement d’Afrique du Nord, un événement important de la Seconde guerre mondiale. Hier, 12 jeunes harraga ont été récupérés par les agents de la Protection civile de la wilaya de Tipasa après avoir été secourus par un espadonier qui naviguait au large de Messelmoune, alors qu’ils avaient entamé leur route vers l’émigration clandestine, annoncent les responsables de la cellule de communication de la Protection civile. Alors que 10 autres, annoncés au large de Messelmoune, n’ont toujours pas été retrouvés suite à l’échouage de leur barque repérée par GPS. La wilaya de Tipasa serait-elle devenue le nouvel eldorado des passeurs clandestins qui ont trouvé là un filon pour s’enrichir et jeter dans l’aventure de jeunes en mal de rêve américain ? Le 30 septembre dernier, cinq jeunes harraga ont été secourus et un corps, sans vie, repêché alors qu’ils étaient en détresse en pleine mer. Ils ont pu être ramenés au port de Cherchell et évacués vers l’hôpital de Mahem. Quelques jours auparavant, les éléments de l’unité des gardes-côtes de la ville de Cherchell sont intervenus, à 50 km au large de Ténès, où une barque, qui emportait six aventuriers pour un voyage clandestin en direction des côtes européennes, a chaviré. Ils venaient de la wilaya de Khenchela, dont celui qui est mort noyé âgé de 30 ans, deux de Bou Haroun, un de Jijel et enfin le sixième originaire de la wilaya d’Alger. Le 24 septembre 2019, deux jeunes harraga ont été sauvés tandis que le corps sans vie d’un troisième a été repêché suite à l’échouage de leur embarcation, qui s’est trouvée en difficulté au large de Cherchell à 400 miles au large de la commune de Damous. Les trois jeunes aventuriers, âgés de 17 ans à 31 ans, étaient tous originaires de Mostaganem. La wilaya de Tipasa est devenue une région privilégiée pour ces départs clandestins ces trois dernières années. Durant le mois de juillet 2018, une dizaine de jeunes de la wilaya de Tipasa, dont une femme âgée de 25 ans, ont été secourus par les garde-côtes à Cherchell non loin de la plage Rocher blanc. Les recherches s’étaient poursuivies, en vain, pour tenter de trouver les trois autres personnes portées disparues, deux originaires de Cherchell et une troisième d’Alger, au large de Cherchell. Durant la même année, les Forces navales avaient mis en échec, en juillet, une tentative d’émigration clandestine menée par
9 jeunes, au large de la plage de Gouraya à l’extrême-ouest de Tipasa. Une année auparavant, c’est-à-dire en août 2017, 7 autres harraga sont partis des plages de la région de Bou Haroun, dont une femme âgée de 21 ans. Un seul a été retrouvé tandis que les six autres sont toujours portés disparus.n