La hausse des prix des carburants promulguée dans la loi des finances complémentaire 2020 est considérée par l’ensemble des syndicats des transporteurs comme étant une nouvelle charge qui vient se greffer aux autres difficilement supportables. C’est pourquoi ils demandent à la tutelle de les autoriser à augmenter le tarif de leurs prestations. Une requête sur laquelle le ministre des Travaux publics et des Transports, Farouk Chiali, s’est prononcé en marge d’une visite d’inspection qu’il a effectuée jeudi dernier dans la wilaya de Médéa. Pour le ministre, «il est prématuré de parler en ces moments d’une révision à la hausse des tarifs des transports». Indiquant par contre que son département «est en contact permanent avec l’ensemble des représentants des différents intervenants dans le secteur des transports». Et de confier : «Nous avons perçu auprès de ces derniers, après une série de discussions tournant autour de la question de la hausse des prix des carburants, une certaine compréhension de la situation actuelle du pays qui ne permet pas d’envisager une augmentation des tarifs des transporteurs». Farouk Chiali a, par ailleurs, révélé que son département «s’engage à prendre en considération les préoccupations de cette catégorie professionnelle», assurant que «les consultations et les discussions vont se poursuivre», et que «toutes les propositions ou suggestions seront examinées et étudiées de façon sereine et responsable». Et de confier enfin : «Les délégations qui ont été reçues au niveau du ministère des Travaux publics et des Transports sont conscientes de la conjoncture difficile que traverse le pays. Nous avons pu les convaincre de sursoir à toute augmentation des tarifs du transport et de continuer à examiner ensemble cette revendication.» Mais s’est un autre son de cloche du côté de certaines fédérations notamment celle des transporteurs de voyageurs. En effet, des délégués révèlent à Reporters que jusqu’ici, leurs rencontres avec la tutelle ne se sont soldées par aucune avancée. Par ailleurs, on croit savoir que les négociations comme prévues dans les prochains jours promettent d’être difficiles car les transporteurs ont beaucoup de droits à faire valoir, ceux de répercuter les surcoûts sur les tickets de voyages, d’être indemnisés pour les pertes induites par la baisse du nombre de voyageurs à transporter, d’aides multiformes en faveur de l’après-confinement, etc., alors que l’Etat traverse une mauvaise passe financière. Les arbitrages seront à l’évidence très difficiles et les décisions salvatrices pour les transporteurs sinistrés risquent par conséquent de tarder. On comprend alors mieux cette réflexion d’un des membres du syndicat national qui évoquait, dans une chaîne de télévision privée, un «sale temps pour les transporteurs de voyageurs». Il faut effectivement reconnaître que les dégâts de ces quatre derniers mois de confinement sur cette filière stratégique sont énormes et que leur réparation ne peut que susciter de l’inquiétude chez ces opérateurs qui craignent que les pouvoirs publics ne répondent pas à leurs préoccupations.
«Abandonner cette filière à son sort c’est, en effet, courir le risque de dérégler, non seulement, la machine économique, mais aussi l’ensemble de la société», martèlent de nombreux observateurs. <