Court métrage retenu par le Festival international du film d’Alger (FICA) aux côtés des sept œuvres à l’affiche de la nouvelle catégorie intitulée « Fenêtre sur court ». Le film « Three Stolen Cameras » (trois caméras volées), réalisé par un collectif réunissant Equipe Média (Sahara Occidental) et RaFilm (Suède), a été présenté lundi dernier au public de la salle El Mougar.

La programmation de ce film documentaire, de 17 minutes, composé exclusivement d’images réelles tournées clandestinement entre 2009 et 2013 dans les territoires sahraouis occupés, a été par ailleurs l’occasion de découvrir le travail du groupe de journalistes et de cameramen à l’origine de sa réalisation, le collectif sahraoui Equipe Médias. En effet, présent pour certains lors de la projection du film, l’un des membres, Mamine Hachimi, nous précisera que la réalisation du documentaire « Three Stolen Cameras », un film, dont le titre est une référence aux difficultés rencontrées durant le tournage et dont le but principal – au travers de séquences souvent très violentes – est de témoigner de la répression des manifestations pacifiques à Laâyoune et dans d’autres régions du Sahara Occidental mais n’était cependant que l’un des aspects la mission confiée au groupe. « C’est en 2009, à Laâyoune, qu’a été créée Equipe médias, qui dépend du ministère des Territoires occupés (…) Notre groupe réunit de jeunes sahraouis, avec pour objectif de briser le blocus médiatique, de documenter les atteintes aux droits de l’homme ou encore l’exploitation de nos ressources naturelles par l’occupant (…) Mais ces images que l’on diffuse notamment sur notre site Internet sont aussi destinées à faire partie des archives du pays ». En effet, le groupe Equipe Médias réunirait aujourd’hui plusieurs dizaines de personnes, des militants ayant débuté leurs actions avec très peu de moyens, nous précise-t-on. Les caméras utilisées avait été importées clandestinement par crainte de dénonciations des commerçants locaux « presque tous des colons marocains », explique le commentaire du film. Mamine Hachimi, nous déclare ainsi à propos de la réalisation du court métrage, finalisé grâce au concours des cinéastes et monteurs suédois de RaFilm : « Nous avons contacté nos partenaires suédois de RaFilm en 2013, à l’occasion d’un cycle de formations dédié aux techniques de production cinématographique. C’est comme cela que la réalisation du film a commencé. » Le court métrage a été dernièrement censuré au Liban. En effet, retenu par le Festival international du film de Beyrouth, programmé début octobre, le militant sahraoui nous précisera: « Lorsque la diplomatie marocaine a appris que ce film, qui brise le blocus médiatique, serait diffusé au Liban (…) elle est intervenue avec force pour annuler la projection. Cela s’est fait sans aucune justification, le film a été retiré de la programmation sans même que l’on soit informé de la raison. Ce n’est que plus tard que la presse marocaine a prétendu que le film était réalisé avec le concours de l’Algérie. Ce qui est totalement faux. »..