Les travailleurs du Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi, qui avaient prévu de tenir un sit-in hier devant l’établissement, ont annulé cette action.

La raison, selon une source sûre, le Syndicat des travailleurs du TNA aurait reçu un courrier adressé par le ministère de tutelle annonçant à l’ensemble des directeurs de théâtre que les «budgets seront revus à la hausse», mais aucune information concernant le montant de ces hausses n’a filtré. L’annonce de réduction de 50% des budgets de fonctionnement alloués aux théâtres algériens met en péril les salaires des fonctionnaires et l’avenir des spectacles préctacles prévus.

Pour l’instant, cette réponse favorable aux revendications des travailleurs a été suffisante pour faire revenir le calme au TNA. Une brève note de service rédigée par la section syndicale a été adressée aux employés leur annonçant le report du sit-in ainsi que la réponse positive du ministère de la Culture. « Pour l’instant, l’action est gelée, mais reste à connaître si le budget une fois revu à la hausse permettra au théâtre de fonctionner normalement et de préserver les emplois des fonctionnaires », nous a déclaré une employée.

 

Le TR de Béjaïa pas très convaincu
Par ailleurs, même si ce courrier a plus ou moins convaincu les travailleurs du TNA, cela n’est pas le cas du côté de ceux du Théâtre régional de Béjaïa qui voient en ce document une démarche visant à calmer les tensions, surtout que les actions de protestation coïncident avec la tenue du Festival du théâtre arabe d’Oran. «Pour notre part, nous comptons bel et bien reprendre la voie de la protestation avec un sit-in grandiose prévu samedi prochain. Cette fois, en plus des travailleurs du TRB, il y aura des artistes, des associations et même des étudiants qui ont constitué un comité de soutien à notre cause», nous a déclaré Farouk Mebarki, président du Syndicat des travailleurs du TR Béjaïa. D’ailleurs, une pétition appelant à soutenir les travailleurs du TRB a été lancée sur la toile via le réseau social, Facebook. S’agissant du courrier adressé par le ministère de la Culture, notre interlocuteur nous a affirmé n’avoir rien reçu. « Pour ce qui nous concerne, nous n’avons été contactés par personne mais, selon le courrier adressé au travailleurs du TNA, les budgets de l’ensemble des théâtres algériens seraient revus à la hausse. Cela n’est pas très net car quand on réduit un budget à moins de 50%, on peut par la suite l’augmenter juste de 8% et considérer cela comme augmentation même si cela reste très insuffisant pour répondre aux besoins des travailleurs », nous a confié Mebarki.

 

Le mécénat et le théâtre, une équation difficile
S’agissant de la dernière déclaration du directeur du TNA qui a relayé les propos du ministre Azzeddine Mihoubi sur la nécessité de se tourner vers des investisseurs privés, Farouk Mebarki nous a affirmé que « convaincre des hommes d’affaires à investir dans le théâtre est une chose très difficile, car il n’existe pas de marché du théâtre en Algérie ».
«Cela aurait été possible dans la mesure où les spectacles seraient vendus, mais la plupart du temps nous jouons gratuitement ou bien pour des sommes pas très élevées. Un spectacle pour adultes vaut 100 000 DA, tandis que celui pour enfants coûte 80 000 DA. Et dans le meilleur des cas, la durée de vie d’un spectacle ne dépasse pas trois représentations vendues… Cela ne rembourse même pas nos frais», nous a-t-il confié.