Le Théâtre régional d’El Eulma organise, dès  le 31 janvier, une manifestation culturelle intitulée «12 heures d’art », afin d’attirer un plus large public en lui proposant une combinaison de nombreux arts. Au menu de  ce jeudi, de 10 heures à 22 heures, du théâtre bien sûr, mais également du cinéma, de la musique ou encore les arts plastiques.

A cette occasion, Sofiane Attia, directeur du Théâtre régional d’El Eulma affirme que cet événement se tiendra dorénavant, le dernier samedi de chaque mois afin d’impulser une nouvelle dynamique à l’activité de l’infrastructure qu’il dirige. Il souligne à ce propos que l’objectif principal de cette démarche est de « trouver une solution efficace à ce phénomène d’absence du public, notamment en organisant une manifestation tous les derniers samedis du mois de 10H à 22H ». Le directeur du Théâtre régional d’El Eulma annonce d’ores et déjà que le lancement de ce concept, dont le coup d’envoi sera donné ce jeudi, sera marqué par l’organisation d’un spectacle de la pièce «El Haraz», produite par le Théâtre régional d’Oran, suivie d’un spectacle de contes de Sedik Mahi et Naïma Hamailia. Des pièces pour enfants et pour adultes organisées en plein air «si le climat le permet ». Il est également prévu dans le volet littérature la présence de l’écrivain et lauréat du prix «El-Djazaïr Takra’a», Ahmed Abdel Karim, qui partagera avec les présents son expérience dans l’écriture. Une autre rencontre avec le dramaturge et personnalité culturelle, Rochdi Redouane est également au programme. Cette manifestation connaîtra aussi des séances de lectures de poèmes et des chants lyriques par Amine Cheikh et un concert musical de d’Ibrahim Hadarbache de l’école Alhan wa Chabab. Dans le volet du septième art, «12 heures d’art» accueillera également la projection du film «Human» d’Issam Taâchit. Le Directeur du Théâtre régional d’El Eulma nous confie qu’à travers cet événement, il souhaite rassembler tous les arts sous un même toit. «Une opportunité pour le dramaturge d’utiliser le conteur, le poète, le musicien ou le romancier pour mettre en œuvre un spectacle théâtral.» Sofiane Attia a tenu également à mettre en exergue les efforts déployés par son équipe afin d’attirer et de réconcilier le public avec le théâtre d’El Eulma. «Que le nombre de spectateurs soit de deux à trois personnes ou de quarante à cinquante personnes, mon but est de remplir la salle. Et l’une de mes intentions est d’octroyer des cartes d’abonnement aux amateurs du quatrième art », dira-t-il. Sofiane Attia déclare, d’autre part, qu’ «après avoir résolu les soucis administratifs du Théâtre régional d’El Eulma, nous passons désormais au domaine artistique. C’est dans ce cadre que nous avons ouvert les portes aux personnalités du quatrième art qui activent dans les régions voisines, telles que Sétif, M’Sila et Bordj Bou-Arréridj afin qu’ils contribuent à revitaliser l’animation au niveau de notre théâtre». Il ajoute : «Nous avons également adopté une nouvelle stratégie afin de ramener le public au sein du théâtre en nous déplaçant chez eux. Nous leur avons distribué notre programme, soit à leur domicile ou en affichant ce dernier dans les magasins de proximité. Nous n’avons pas encore atteint notre objectif comme nous le souhaitions mais on y travaille.» Notre interlocuteur dira également que «nous avons organisé de nombreuses activités artistiques et littéraires dans le théâtre et attiré de nombreuses activités extra-théâtrales, telles que « Faouara Show » et autres. Cependant, nous n’avons toujours pas atteint nos objectifs, car le théâtre ne peut rien réaliser en l’absence du public car c’est pour lui que l’on produit».
La nécessaire spécialisation des théâtres
Sofiane Attia nous confie, également, qu’aujourd’hui, il devient nécessaire que les théâtres se spécialisent en soulignant que «le théâtre d’El Eulma s’est donc spécialisé dans le théâtre d’ombres et les marionnettes et dans tout ce qui touche au théâtre pour enfant. Nous excellons de plus en plus dans ce domaine et nous avons réussi à produire des œuvres de haute qualité», estime-t-il. En ce qui concerne le théâtre pour adultes, il explique que «la réconciliation avec le mouvement théâtral local nous a été bénéfique. Sans les coopératives et les mouvements associatifs de la région, nous n’aurions pas réussi à relever ce pari». Le directeur du théâtre d’El Eulma souligne également l’importance d’associer le théâtre au système éducatif, social, économique… Il a notamment donné l’exemple d’un concours organisé par son théâtre intitulé «Star des écoles » à Bordj Bou-Arréridj après que «la direction de l’éducation de Sétif a refusé d’adopter cette initiative», confiera-t-il. Sofiane Attia annonce également que des sessions théâtrales seront organisées au niveau des prisons, où des formations en théâtre seront assurées aux prisonniers et même aux gardes pénitenciers et cela dans le but de promouvoir le théâtre dans tous les lieux et espaces possibles.n