« Nous avons choisi de travailler sur l’œuvre de l’ex-ministre de la Jeunesse et des Sports Leïla Aslaoui ‘’Sans voile, sans remords’’, car elle répond aux critères que nous cherchons.

Si j’ai choisi d’adapter ce texte, c’est parce qu’il est très fort en émotion. En le lisant, on croirait que c’est une fiction pas une réalité. Cette histoire m’a interpellé, je me suis dit, voilà une histoire qui parle de nous et de ce que nous avons vécu », a confié le metteur en scène Ziani Cherif Ayad, lors d’un point de presse, hier, au Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi.

La pièce de théâtre adaptée du roman de Leila Aslaoui doit être «fin prête en mai » prochain, a encore indiqué Ziani Chérif Ayad, qui a souligné que le titre reste encore à déterminer.
Ziani Cherif Ayad n’a pas manqué à cette occasion d’évoquer le manque de textes théâtraux. «Comme vous le savez tous, notre théâtre vit un manque de texte, nous n’avons pas d’auteurs de texte théâtral et, aujourd’hui, nous avons une autre initiative que celle d’adapter les textes de romans ou de nouvelles en un texte théâtral. Personnellement, dans mon parcours, j’ai toujours travaillé avec des adaptations d’œuvres littéraires, comme Nadjma ou Hafila tassir…», a-t-il fait savoir. Avant d’ajouter : « Je suis de la génération de Abdelkader Alloula, alors nous travaillons avec des œuvres qui peuvent survivre encore et qui racontent l’histoire de notre pays, ce qui est aussi l’histoire du théâtre. » Le metteur en scène a donné l’exemple de Shakespeare qui « a écrit des histoires qui portent en elles un message dans le but de toucher le lecteur ou spectateur ». «Le passage d’un roman à une pièce théâtrale est très difficile, mais grâce aux capacités et la passion extraordinaire des artistes, cela a été rendu possible, ce qui est normalement le rôle des institutions de donner et de favoriser ces expériences. » Pour sa part, Leïla Aslaoui a raconté comment lui est venue l’idée d’écrire cette histoire.
« Je crois que je n’aurai jamais pu écrire l’histoire ‘’Sans voile, sans remord’’, si je n’avais pas rencontré, le 12 janvier 2011, et après 48 ans de séparation, une ancienne camarade de lycée. Après tant d’années, je ne l’ai pas reconnue car elle portait le voile. Pour la reconnaître, il a fallu qu’elle me donne des indices », indique-t-elle. Hadi Cherifa, chorégraphe de cette future adaptation, a indiqué avoir demandé un mois de préparation « uniquement pour l’expression contemporaine avant la réalisation et la création et seulement pour que les comédiens se sentent bien dans leur corps».
Il y a lieu de souligner que le texte est traduit par Nordine Saoudi alors que la scénographie est réalisée par Arezki Larbi. Les comédiens, Nidal, Nesrine Belhadj, Abbès Mohamed Islem et Mourad Oudjit devront porter le texte de la nouvelle pièce.
Présenté en 2013 dans une mise en espace intitulée « Tumulte des mots», le roman sorti en 2012, raconte le mutisme d’une mère résignée au silence, face à l’histoire et au personnage controversé de sa fille aînée. De cette dualité entre une mère qui a peur d’affronter le passé et sa fille qui manifeste une soif de savoir pour pouvoir comprendre et avancer, la tragédie s’installe, donnant lieu à des moments d’une tension extrême.
La trame, évoluant dans une double temporalité, évoque par moments la lutte de l’Algérie pour l’indépendance, et à d’autres la résistance des Algériens dans les années 1990 face au terrorisme. Leila Aslaoui, auteure de l’histoire tirée de l’histoire réelle d’une de ses anciennes camarades de classe, a déclaré que « Sans voile et sans remord » était un « hommage » au courage et à la détermination de la femme.