Les amoureux du quatrième art ont assisté, avant-hier soir, à la représentation de la pièce «Ya Lil», produite par le Théâtre régional de Constantine et adaptée de l’œuvre de l’écrivain marocain Abdelkrim Berrechid «Ya lil ya aïn». Elle a été mise en scène par le metteur en scène Haroun El Kilani et présentée au Théâtre national algérien Mahieddine-Bechtarzi (TNA).
La pièce «Ya lil» a projeté les spectateurs dans le quotidien se déroulant dans des quartiers dans lesquels vivent des marginaux avec leur lot de problèmes de sécurité urbaine, ainsi que des histoires personnelles de chacun des personnages, leurs déceptions, leurs aspirations, leurs espoirs de s’en sortir aussi.
On y découvre les nuits de quatorze personnages évoluant dans les bas-fonds d’une grande ville inconnue, qui rencontrent les mêmes déboires, voire la même histoire de loosers, écrasés par une société cruelle, impitoyable, un rouleau compresseur. Ce qui donne à la pièce une certaine universalité. Des hommes et des femmes aux destins croisés, mais incertains, vivant en marge de la société, dans un monde fait à leur image, où le jour n’existe particulièrement pas pour eux.
Les événements débutent en suivant l’histoire d’une femme, Safia, mère célibataire, qui attend impatiemment le retour de son amoureux parti à la recherche d’un meilleur avenir et surtout de la fortune, dans un pays étranger, loin de sa famille et ses amis, et surtout de celle qui l’aime. Ce dernier change totalement de comportement lors de son retour chez lui, il devient violent. C’est également l’histoire de Lalla, d’un ivrogne invétéré, d’un derwiche, de deux policiers, de SDF, et autres marginaux, rébus de la société, dont les destins s’entrecroisent sous des passages musicaux et des lumières distinctes. Cette œuvre artistique reflète l’âme humaine dans toute sa complexité et ses contradictions.
La pièce s’est distinguée par son décor mobile, qui s’adapte au mouvement des comédiens. Le metteur en scène s’est basé, en outre, sur la technique de l’image, afin d’éviter le discours inutile et laisser parler les images. Le public a longuement applaudi le jeu exceptionnel et les efforts des comédiens sur les planches du TNA.