Institué en 2014 par la direction de la culture, en collaboration avec l’APW de Tizi-Ouzou, pour, notamment, aider à la promotion de la pratique théâtrale et l’encouragement des jeunes à la création artistique et à l’écriture dramatique, le prix Mohia de la meilleure dramaturgie en tamazight sera élevé au rang de concours national.

Ouvert à ses débuts aux auteurs du cru, ce prix désormais concernera tous les porteurs de projets d’écritures de textes pour le théâtre au niveau national. Un appel à participation et au dépôt de textes auprès de la commission de sélection sera lancé incessamment et le prix sera décerné en avril prochain. La décision prise par le ministère de la Culture d’institutionnaliser le prix institué en hommage à Mohia en l’élevant au rang national « vient dans le sillage de l’élévation de tamazight au rang de langue officielle et vise à promouvoir cette langue et à mieux faire connaître le dramaturge et son œuvre qui restent peu connus du public algérien », a annoncé la première responsable du secteur de la culture à Tizi Ouzou, Nabila Goumeziane, au deuxième jour de l’hommage rendu au dramaturge Mohia, les
7 et 8 de ce mois en cours. « Auteur prolifique, dont l’œuvre est le fruit de trente années de travail d’interprétations et de réflexions philosophiques et constitue un gisement littéraire inépuisable d’expression amazighe », dira la directrice de la culture pour qui « l’œuvre monumentale et novatrice de Mohia mérite d’être promue et étudiée ». « Le projet d’écriture littéraire de Mohia qui s’est inspiré de Kateb Yacine, de Slimane Azem, de la littérature kabyle d’inspiration orale ou écrite (textes recueillis par les pères blancs), est bien pensé. Il reste, malheureusement, mal exploité », regrette Amar Laoufi, enseignant chercheur au département de tamazight de l’université de Bouira qui a présenté une table ronde autour de l’œuvre de Mohia. Une rencontre qui s’est penchée sur le parcours biographique et l’œuvre ainsi que sur son engagement en faveur de la culture amazighe. L’hommage à Mohia s’est terminé dans l’après-midi.
Les planches du théâtre Kateb-Yacine ont accueilli « Sin-nni ». Adaptation en kabyle de « Les Emigrés » du dramaturge polonais Sławomir Mrożek Sin-nni (littéralement, ces deux-là) est jouée par les comédiens de la troupe Macahu d’Iferhounène.