Elégante, le port altier et élancé, la voix suave et aérienne, la chanteuse Lamia Aït Amara a charmé le public venu assister à la soirée du début du Ramadhan coïncidant avec la clôture du Mois du patrimoine au Théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi Ouzou. En véritable prima onna, avec un orchestre de huit musiciens, Lamia Aït Amara a offert un concentré d’émotions et d’harmonies.

Elle interprétera, tour à tour, des mélodies et des chants puisés du terroir et du patrimoine algérien, passant avec aisance et subtilité des standards du répertoire andalou à des reprises de grands noms de la chanson kabyle, à l’instar de Chérif Kheddam, Akli Yahiaten, Idir, Matoub Lounès et Slimane Azem. De ce drenier, elle entonnera, en début de spectacle, «Algérie, mon beau pays», donnant toute sa splendeur émotionnelle à cette ode au pays natal, à cette complainte de l’exilé que fut Slimane Azem. De « Jahegh bezzaf d’ahmeziane » d’Akli Yahiaten, à « El dzaïr nch’Allah atsehlou » de Chérif Kheddam, puis « Yetseggikh wouliw », de Matoub Lounes, Lamia Aït Amara reprendra « Harramtou bik nouaassi », « Achiyatoune » ou encore « Ya l’werchane ». Et d’achever son spectacle avec un «achwiq», air du terroir kabyle si bien chanté par les femmes. Ce fut un véritable voyage dans le temps et l’espace musical algérien, revisitant les chansons qui ont bercé son enfance et les influences venues de sa formation musicale au sein de l’association de musique andalouse les Rossignols d’Alger, qu’elle a rejoint dès l’âge de 4 ans. Elle y fait connaissance avec la musique arabo-andalouse et ses dérivées et s’exerça sur différents instruments de musique, tel que le rebab, le luth, la mandoline et le violon. Ces renseignements sont puisés d’une note biographique publiée sur la page facebook dédiée à l’artsiste, qui, append-on sur le même support, « très tôt, elle se démarqua par ses capacités vocales très particulières, en ce temps-là, formée par le professeur Youcef Ouznadji, élève du maître Sid Ahmed Serri. L’association lui permet pendant plus d’une décennie de se frotter à l’univers de la musique et ainsi enchaîne plusieurs scènes en tant qu’élève dans ladite association. A 18 ans, elle intègre l’association El Inchirah encadrée par maître Smaïl Hini. Très rapidement, elle devient une des solistes principales d’El Inchirah, ce qui lui permettra d’enrichir davantage son répertoire et de basculer aussi vers d’autres styles que la sanaâ, tel que le hawzi, le madih, le melhoun, etc. Elle gagne en assurance et professionnalisme durant cette période et son parcours est également marqué par plusieurs participations à l’échelle nationale et internationale. C’est en 2014 que la chanteuse décide de s’envoler dans une carrière solo, en formant son propre orchestre, soucieuse de la valeur et de la richesse patrimoniales et artistiques de cette musique. Elle se lance le défi de planer sur plusieurs répertoires allant du malouf de Constantine jusqu’au gharnati de Tlemcen… la nouba n’est pas sa seule préférence, elle excelle aussi dans l’interprétation du gharbi, malhoun et hawzi en y apportant sa touche spéciale, un regard jeune, actuel et contemporain de ces styles. Dans ses interprétations, on retrouve à la fois un brin d’originalité traditionnelle et beaucoup de créativité. Son timbre vocal très doux et sensible lui permet de transmettre tant d’émotions. Ainsi sa musique se place dans une dimension très profonde où l’on retrouve les valeurs fondamentales de la poésie et de la musique. Lamia Aït Amara offre à son public, à chaque apparition, un véritable spectacle d’émotions ».