Le spectacle théâtral «Hymne à l’identité» présenté samedi au théâtre régional Kateb Yacine de Tizi-Ouzou constitue un voyage à travers l’Histoire du combat identitaire et un plaidoyer pour la transmission culturelle en Algérie. Présenté à l’occasion de la célébration du 23ème anniversaire de la disparition du poète et chanteur Lounès Matoub, la représentation a replongé les spectateurs dans une saga historique des militants qui ont porté le combat identitaire à travers différentes étapes des années 20 du siècle dernier jusqu’à aujourd’hui. Le spectacle s’ouvre sur une discussion sur la langue et la culture entre deux chantres de la culture amazigh, feux Mouloud Mammeri et Tahar Djaout, dans laquelle le premier prodigue au second des conseils sur l’impératif de sauvegarde et de transmission de celles-ci. La trame, ponctuée d’Ichewiqqen et de dhkkar (chants religieux), tourne autour de l’apprentissage de la langue par Koceila, campé par le jeune comédien Nazim Talmat Kadi. Il est entraîné dans les champs par son grand-père Mohand Arab et son père Smail qui lui inculque la langue à travers des chansons de Matoub. Les personnages de la pièce, cinq hommes et trois femmes, portent tous des prénoms d’illustres militants de ce combat «en hommage à leur apport et leur contribution» souligne, à ce propos, Lynda Hantour, scénariste du spectacle. En épilogue de la pièce, un cri sort de sous la tombe, sur laquelle se recueille le jeune Koceila, appelant à poursuivre le combat pour la sauvegarde et la transmission de cette langue, auquel il sera répondu par «un hymne à l’identité» qui constitue «un serment d’engagement à le poursuivre» explique Lynda Hantour.