“I never saw an Algerian stood down to shine another man’s shoes. More than just economics is at play here: Algerians’ pride is not for sale at any price”
(Andrew G. Farrand, The Algerian Dream: Youth and the Quest for Dignity, New Degree Press, 2021, p. 100).

“Algerians are proud people. They suffer injustice [as their ancestors have many times over the century] but they draw the line at humiliation”
(Andrew G. Farrand, op.cit., p.235).

“Algeria is fundamentally a nation rooted not in ethnicity, language, or culture, but instead, in a set of ideas: self-determination and resistance to imperialism, justice and social solidarity, independence and freedom”
(Andrew G. Farrand, op.cit., p. 93).

Par Arezki Ighemat, Ph.D en économie Master of Francophone Literature (Purdue University, USA)


Ayant découvert très récemment l’ouvrage d’Andrew G. Farrand, The Algerian Dream : Youth and the Quest for Dignity—Le Rêve Algérien : La jeunesse et la quête pour la dignité—publié aux Editions «New Degree Press», en 2021, nous avons voulu savoir comment un Américain, un outsider, est-il arrivé à pénétrer le cerveau de l’Algérien et y lire ses rêves alors que très peu de chercheurs algériens ont analysé ce domaine particulièrement secret et complexe de la personnalité et de l’identité algériennes. Pour pouvoir le faire, l’auteur —
qui a séjourné et travaillé en Algérie pendant une dizaine d’années—a divisé son ouvrage en deux parties. Dans la première partie—qu’il a intitulée «Crossroads Years, 2012-2021, (les années-carrefour, 2011-2021) — l’auteur considère que les Algériens ont principalement huit catégories de rêves qui ne sont pas entièrement réalisés et qu’il analyse dans les huit chapitres de cette première partie. La deuxième partie—appelée «The Movement» — est consacrée à l’analyse du mouvement du 22 février 2019, le Hirak, qui, en arabe, signifie également «mouvement». Ne pouvant pas rendre compte de façon exhaustive de tous les résultats de cette analyse de 394 pages dans un article de journal, nous nous contenterons de souligner ce que nous considérons comme les idées essentielles de l’ouvrage. Pour ce faire, nous suivrons le plan de l’auteur, à savoir : énumérer et analyser les huit rêves étudiés par l’auteur (ce que nous ferons dans la première partie) ; nous verrons ensuite, dans la deuxième partie, comment l’auteur dissèque ce qu’il appelle le «Mouvement», c’est-dire le «Hirak».

Les huit rêves principaux des Algériens
Dans son ouvrage, Andrew G. Farrand énumère et analyse huit catégories de rêves qu’il considère être ceux de la jeunesse algérienne : (1) avoir une «voix politique», c’est-à-dire avoir son mot à dire dans la prise des décisions politiques ; (2) être reconnue pour son identité non seulement algérienne mais aussi ethnique, culturelle et linguistique en même temps qu’avoir le sentiment d’appartenir à un ensemble national ; (3) pouvoir saisir les opportunités économiques et avoir une chance de réussir dans ce qu’elle entreprend ; (4) pouvoir accéder aux sources du savoir et de l’information ; (5) se sentir en sécurité et avoir accès à des soins de qualité ; (6) avoir un chez-soi et un environnement favorable ; (7) avoir la possibilité de créer des produits artistiques et de jouir de lieux de loisirs et de détente ; et (8) pouvoir vivre dans un environnement où règne la justice et où la dignité est respectée. Nous allons donc voir brièvement, ci-après, comment l’auteur définit et explique chacun de ces rêves.
Le premier rêve indiqué et étudié par l’auteur est ce qu’il appelle «Political Voice» (une voix en politique). Dans ce chapitre, l’auteur parle de la trop grande centralisation du pouvoir de décision et de la faible, voire l’absence totale, de participation de la population (notamment des jeunes)—qui constituent environ 44% des 45 millions d’habitants qui composent l’Algérie aujourd’hui. Pour étayer encore davantage ce «gap» entre l’importance numérique de la jeunesse et sa faible contribution au processus de décision politique, l’auteur cite certaines déclarations de l’ancien président algérien Abdelaziz Bouteflika dans son discours du 8 mai 2012 à Sétif. Dans ce discours, Bouteflika avait déclaré—une phrase qui est restée célèbre mais jamais mise en pratique—« Djili tab djnanou» (le temps de ma génération est fini). L’auteur cite une autre déclaration de Bouteflika, qui, est un corollaire de la précédente : «Vous [les jeunes] devez maintenant vous préparer à assumer les responsabilités à venir». L’auteur cite encore une déclaration de l’ancien président qu’il considère être en contradiction avec les précédentes : «Vous ne connaissez même pas votre histoire…Qui est Krim Belkacem ?… Abane Ramdane ?…Zighoud ?…Ben Boulaid ?…Lotfi ?…Amirouche ?». Pour l’auteur, en effet, demander aux jeunes de regarder en avant et en arrière en même temps est une contradiction dans les termes. L’auteur parle ensuite du rôle insignifiant des partis politiques dans la gouvernance du pays. Il pense que, face à la centralisation du processus de décisions et à la faible ou l’absence d’influence des partis politiques, la jeunesse aimerait jouer un plus grand rôle.
Le deuxième type de rêve de la jeunesse algérienne est de voir leur identité reconnue et de se sentir appartenir à une communauté nationale. Ici, l’auteur souligne qu’en dépit de la diversité ethnique, linguistique et culturelle existant dans le pays, «Algeria is fundamentally a nation rooted not in ethnicity, language, or culture, but instead, in a set of ideas : self-determination and resistance to imperialism, justice and social solidarity, independence and freedom» (L’Algérie est fondamentalement une nation basée non pas sur l’ethnicité, la langue, ou la culture, mais plutôt dans un ensemble d’idées : l’auto-détermination et la résistance à l’impérialisme, la justice et la solidarité sociale, l’indépendance et la liberté) (Andrew G. Farrand, op. cit, p.93). L’auteur pense que cet ensemble d’idées est cependant souvent mis en question à la fois par les citoyens et par les leaders politiques : «[…] at the bottom, citizens squabbling in brutal cultural wars, and ravaged at the top by officials repressing their people and engaging in flagrant corruption» (à la base, les citoyens s’engagent dans des guerres culturelles brutales, et au sommet les officiels répriment leur peuple et s’engagent dans une corruption flagrante) (Andrew G. Farrand, op.cit, p. 93). D’un autre côté, cette unité dans les idées n’empêche pas que les questions d’ethnicité, de langue et de culture ressurgissent fréquemment, mettant en évidence la diversité sociale du pays : le rôle de l’arabe dialectal (Daridja), la place de Tamazight, le rôle des femmes dans la société, etc. C’est ainsi que, pour l’auteur, les Algériens «seek answers to questions like : Who am I ? Who are we? (Les Algériens cherchent des réponses aux questions : Qui suis-je? Qui sommes-nous ? (Andrew G. Farrand, op. cit., p. 92).
Le troisième type de rêve ou quête des Algériens est la recherche d’opportunités économiques. Ici, l’auteur commence par souligner la fierté ancestrale des Algériens : «I never saw an Algerian stood down to shine another man’s shoes. More than just economics is at play here : Algerians’ pride is not for sale at any price” (Je n’ai jamais vu un Algérien se baisser et cirer les chaussures d’un autre homme. Il y a plus qu’une question économique en jeu ici : la fierté des Algériens n’est pas à vendre et ce à aucun prix) (Andrew G. Farrand, op.cit., p.100). L’auteur souligne que les Algériens—surtout les jeunes—sont en grande majorité en quête d’opportunités, qu’elles soient un emploi bien rémunéré ou la possibilité de créer une affaire qui leur permette de vivre dignement. Cependant, le système, notamment le système éducatif, ne leur permet pas toujours de réaliser l’une ou l’autre de ces opportunités. Parlant, en particulier, de l’enseignement supérieur, il dira : «As far as it is concerned, the university’s mission is to deliver diplomas, nothing more» (En ce qui la concerne, la mission de l’université est de délivrer des diplômes, sans plus) (Andrew G. Farrand, op.cit., p. 117). Par ailleurs, toujours selon l’auteur, l’inexploitation de certains secteurs comme le tourisme par exemple qui, dans les pays voisins, fournit des revenus substantiels et emploie un grand nombre de jeunes, constitue un manque à gagner non négligeable et permet à la réserve de chômeurs—constituée principalement de jeunes—de s’agrandir d’année en année.
Le quatrième rêve analysé par l’auteur est ce qu’il appelle le savoir et l’information (knowledge and information). Dans ce chapitre, l’auteur souligne surtout la non fiabilité du système d’information et la difficulté d’y accéder, notamment dans certains secteurs. Il souligne aussi le manque de sondages d’opinions, ce qui ne facilite pas, selon lui, la prise de décision aux différents niveaux de l’économie.
Le cinquième rêve des Algériens est d’avoir un logement décent et un bon environnement. Depuis l’indépendance, le gouvernement a fait de la politique du logement une de ses priorités en construisant des centaines de milliers de logements pour satisfaire les besoins croissants de la population. Cependant, en dépit de tous ces investissements, les Algériens vivent toujours dans ce qu’ils appellent la «crise de logement». Beaucoup de jeunes atteignant l’âge de mariage retardent leur mariage ou se résignent au célibat parce qu’ils ne trouvent pas de logement. Beaucoup vivent encore chez leurs parents. Pour ce qui est de l’environnement, l’auteur dit que l’Algérie est en retard dans ce domaine qui n’a pas reçu l’importance et l’attention qui lui revient. Il cite l’exemple du projet «Désertec» (destiné à produire de l’énergie solaire et à l’exporter vers les pays d’Europe) qui a dû être abandonné tandis que les pays voisins ont adopté des versions de ce projet et les ont adaptées à leurs besoins de consommation intérieure. Pour l’auteur, l’Algérie ne semble pas vouloir se dessaisir de sa dépendance des hydrocarbures. L’autre exemple cité par l’auteur—qui, celui-là, a fait l’objet de critique et de protestation de la part de la population, notamment celle du Sud du pays—est le projet du gouvernement d’exploiter le gaz de schiste, projet qui a fini par être abandonné, tout au moins pour le moment.
Le sixième rêve des jeunes Algériens est de se sentir en sécurité et en bonne santé. En particulier, ceux qui ont vécu pendant la «Décennie Noire» des années 1992-2002 et qui ont connu les affres de l’insécurité et de la guerre rêvent que cela ne se reproduise pas. Ils ont tellement souffert de cette guerre interne qu’ils ont un seul désir : vivre en paix et en sécurité. L’auteur parle aussi dans ce chapitre d’un autre désir qui est cher aux Algériens : la santé. Il cite des anecdotes où il montre que le système algérien de santé n’est pas à la mesure des ambitions de la population. Ceci est aggravé par l’hémorragie de médecins qui fuient les hôpitaux algériens pour travailler dans les hôpitaux européens ou américains.
Le septième rêve de la jeunesse algérienne est de pouvoir créer des produits artistiques et culturels. L’auteur souligne que l’Algérie dispose de sites historiques et artistiques reconnus mondialement comme patrimoine de l’humanité ainsi que d’une grande diversité culturelle. Il souligne aussi le ‘gap’ existant entre le désir de création artistique de la jeunesse et les moyens dont ils disposent.
Le huitième et dernier rêve cité par l’auteur est la soif de justice et de dignité. Cette soif ne date pas d’aujourd’hui mais remonte à la période coloniale où le règne de l’injustice envers les Algériens était la règle. L’auteur rappelle aussi que l’Algérie était une sorte de «Mecca» pour les mouvements de libération nationale dans les années 1960 et 1970 et qu’elle a toujours lutté contre l’injustice où qu’elle se trouve dans le monde. Il souligne aussi que les Algériens sont jaloux de leur souveraineté : «While they [Algerians] sometimes critique their country without mercy, they fiercely guard their sovereignty and are quick to circle the wagons if they sense an outsider’s judgment” (Tandis qu’ils critiquent quelquefois leur pays sans merci, les Algériens sauvegardent leur souveraineté et sont prompts à se rebiffer dès qu’ils entendent une critique venant d’un outsider) (Andrew G. Farrand, op.cit, p. 219). L’auteur dit encore que les Algériens ont été ravis de voir que certains membres de l’ancienne élite politique aient été jugés et emprisonnés pour corruption, mais qu’ils considèrent que ceci n’est qu’un début et que donc la lutte contre ce fléau qui gangrène la sphère politique et économique doive se poursuivre.

Le «Hirak» ou comment les jeunes Algériens envisagent leur avenir
Pour analyser ce qu’il appelle «Le Mouvement»–qui n’est rien d’autre que ce les Algériens appellent «Hirak»–l’auteur divise la deuxième partie de son livre en quatre chapitres : (1) la Révolution (le Hirak I de 2019 et le Hirak II de 2021) ; (2) la «contre-révolution» (la réaction du Pouvoir face à ce mouvement) ; (3) «Crises après crises» (l’instabilité qui a caractérisé le pays depuis l’indépendance) ; et (4) le «Futur» (les perspectives d’avenir pour l’Algérie et pour la jeunesse.
Le premier chapitre de cette deuxième partie s’intitule «La Révolution». Dans ce chapitre, l’auteur parle des causes qui ont conduit les Algériens—en majorité des jeunes—à descendre dans la rue pour manifester leur ras-le-bol et demander le changement à travers le slogan devenu «légendaire» : «Yetnahaw Gaa» (ils doivent tous s’en aller). L’auteur indique que le Hirak a réalisé certains de ses objectifs—la fin du règne Bouteflika et la mise en jugement et emprisonnement de plusieurs membres de son clan politique et économique—mais que l’objectif général symbolisé par le slogan «Yetnahaw Gaa» n’a pas pu être atteint car il était trop ambitieux. L’auteur considère que le choix fait par les protestataires d’un mouvement pacifique était judicieux, mais le fait que le Hirak n’avait pas de représentants acceptés par tous les manifestants et de plate-forme comportant des revendications précises et faisables, ne lui a pas permis d’avoir un siège à la table de négociations, contrairement au gouvernement qui avait un programme précis : élections présidentielle et législative, révision de la Constitution, élections communales, etc).
Le deuxième chapitre de la deuxième partie porte sur ce que l’auteur appelle la «contre-révolution». Il s’agit ici de la stratégie adoptée par le gouvernement face au Hirak. L’auteur explique que la stratégie adoptée par le Pouvoir a permis de mettre fin—sans bain de sang—au mouvement. Selon l’auteur, pour empêcher le mouvement de s’amplifier et de s’éterniser, le Pouvoir a mis en pratique une batterie de six tactiques : l’intimidation, la confrontation, la division, l’apaisement, la cooptation, et la négociation. En particulier, le Pouvoir a profité de l’absence d’offre de dialogue par les Hirakistes pour proposer son propre dialogue à travers le fameux Panel de Dialogue et de Concertation. L’autre facteur qui a permis au gouvernement de mettre fin au mouvement a été l’irruption de la pandémie de covid-19. Le Pouvoir avait utilisé covid-19 pour justifier l’instauration de couvre-feux et l’interdiction de tout rassemblement ou marche.
Le troisième chapitre de la deuxième partie est appelé «Crisis upon crisis» (Crise sur crise). L’auteur montre ici que les crises se succèdent et se combinent sans que les réformes et les politiques adoptées par les gouvernements successifs ne puissent les résoudre. L’Algérie, en effet, est confrontée depuis plusieurs années et aujourd’hui plus qu’avant à des crises multiples : crise économique (la manne constituée par la forte augmentation actuelle du prix du pétrole, qui a atteint plus de $100 le baril, n’est pas certaine de se poursuivre) ; crise sanitaire due à la pandémie de covid-19, qui a aggravé la crise économique ; crise politique (qui est à la fois une cause et une conséquence du mouvement de protestation). L’auteur dit que la différence entre le mouvement de la lutte de libération nationale par le FLN et le mouvement du Hirak est que le premier est du type «Top-Down», c’est-à-dire que la révolution de 1954 a été lancée par les leaders politiques (les Neuf Historiques), appliquant en quelque sorte, la devise de Larbi Ben M’Hidi selon laquelle «Throw the Revolution into the street, and the people wil take it up» (Jetez la Révolution dans la rue et le peuple va la saisir) (Andrew G. Farrand, op.cit, p. 328) tandis que le Hirak est un mouvement du type «Bottom-Up», c’est-à-dire initié par le peuple.
Le quatrième et dernier chapitre de la deuxième partie porte le titre «Le futur». Dans ce chapitre, Andrew Ferrand fait en quelque sorte œuvre de prophétie en proposant les tendances ou les scénarios qui ont des chances de se réaliser en Algérie dans les années à venir. La première tendance qu’il projette est que les crises actuelles continueront à se produire jusqu’à ce que des solutions au niveau politique soient trouvées. La seconde proposition que fait l’auteur est que le système politique ne pourra changer que si certains facteurs et conditions sont réunis, comme par exemple le mouvement du 22 février 2019 ou une volonté émanant de l’élite politique elle-même. Concernant le rôle des leaders politiques, l’auteur dit que si l’élite politique avait mis le président Bouteflika à la retraite il y a quelques années et n’avait pas laissé la situation devenir explosive, le Hirak n’aurait peut-être pas existé. La troisième tendance que l’auteur prévoit pour le futur est que le Hirak, tel qu’il était et tel qu’il opérait, n’était pas et ne serait pas suffisant pour changer drastiquement le statu quo dans le pays. La quatrième et dernière proposition de l’auteur est que, si l’Algérie veut éviter d’autres bouleversements dans le futur, les leaders doivent s’efforcer de comprendre les préoccupations de la jeunesse «By establishing a new social contract centered around citizens’ dignity and well-being—and adjusting it in the years to follow—Algeria can avoid more breakdowns in the future» (En établissant un nouveau contrat social centré autour de la dignité et du bien-être des citoyens—et en ajustant ce contrat au cours des années à venir—l’Algérie peut éviter de nouvelles crises dans le futur) (Andrew G. Farrand, op.cit, p. 339).

Conclusion
Nous avons vu que Andrew G. Farrand a considéré que les principaux rêves des Algériens—notamment de la jeunesse—sont au nombre de huit groupes : une voix politique, l’identité et l’appartenance, les opportunités économiques, le savoir et l’information, le logement et l’environnement, la sécurité et la santé, la créativité artistique et la culture, et la justice et dignité. Il dira aussi que ces rêves—même s’ils sont les plus importants—ne sont pas les seuls «But there are as many Algerian dreams as there are Algerians» (Il y a autant de rêves algériens que d’Algériens) (Andrew G. Farrand, op.cit, p. 329). Beaucoup d’Algériens qui liront le livre s’étonneront de ne pas y trouver un rêve qu’ils considèrent comme commun à tous les jeunes—même si l’auteur y fait brièvement allusion dans son livre— : partir ailleurs à la recherche d’opportunités économiques et éducatives et surtout de reconnaissance. L’auteur a analysé ensuite le Hirak—le mouvement comme il l’appelle—qui constituait l’espoir de la jeunesse algérienne de pouvoir enfin réaliser leurs rêves. Il dira que ce mouvement—même s’il a réalisé quelques-uns de leurs rêves (mettre fin à 20 années de gouvernance sans partage de Bouteflika, mise en branle d’un processus de lutte contre la corruption—il n’a cependant pas réalisé leur rêve ultime : «Yetnahaw Gaa», et ce pour deux raisons principales : ce rêve était trop ambitieux et le mouvement n’avait pas désigné de représentants qui auraient pu faire des propositions plus réalisables et plus acceptables.
La seule chose, pour l’auteur, qui empêcherait que l’Algérie connaisse d’autres crises à l’avenir est que le leadership du pays passe un «contrat social» avec la jeunesse algérienne et lui donne une «voix» dans le processus de construction de ‘L’Algérie Nouvelle».