Les autorités thaïlandaises ont décidé de prolonger de trois mois l’état d’urgence dans trois provinces du sud du pays, une région en proie à une rébellion séparatiste armée depuis plusieurs années.

Le général Wallop Raksanoh, secrétaire général du Conseil de la sécurité nationale, a déclaré que le comité chargé d’évaluer la situation dans le Grand-Sud a décidé de prolonger de trois mois l’état d’urgence pour les provinces de Yala, Pattani et Narathiwat. L’état d’urgence a été déclaré dans le sud du pays pour permettre le déploiement de l’armée avec d’importantes prérogatives dans la lutte contre les attaques armées des rebelles. Les arrestations et les interrogatoires des suspects arrêtés ne sont plus soumis aux procédures légales. Depuis 2004, la Thaïlande connaît une rébellion séparatiste dans plusieurs provinces au sud du pays, aux frontières avec la Malaisie. Depuis son émergence, le conflit a fait près de 7 000 morts dans des attaques à la bombe où des échanges de tirs sporadiques entre militaires et hommes armés. D’après un rapport de l’ONG «Deep South Watch», le conflit séparatiste dans l’extrême sud de la Thaïlande a fait 235 morts en 2017. La dernière attaque meurtrière remonte au 22 janvier dernier, lorsque trois personnes ont trouvé la mort et 24 autres ont été blessées dans un attenant à la bombe dans la ville de Yala au sud du pays. Le bilan des morts et les dégâts collatéraux de ce conflit ont cependant baissés ces dernières années. D’après les observateurs, la baisse des victimes s’explique par une plus forte présence des forces de l’ordre, l’implantation d’un réseau d’informateurs dans les zones à risque et la nouvelle tactique des insurgés qui privilégient des attaques ciblées contre des bâtiments et installations publiques avec des engins explosifs à faible puissance. Les autorités thaïlandaises ont lancé en 2017 une initiative qui consiste à accorder une amnistie aux rebelles contre le dépôt des armes. Des rebelles de certaines factions ont accepté de se rendre alors que d’autres, plus actives, ont refusé l’offre du gouvernement.n