L’industrie du textile sort peu à peu de la léthargie dans laquelle elle s’est retrouvée à partir des années 1990. Une sortie de crise certes timide, mais qui va de plus en plus prendre de l’élan si l’on se réfère au nombre de participants à la 3e édition du Salon international du textile, habillement, cuir et des équipements, « Texstyle-Expo », qui se tient du 21 au 23 janvier courant au Centre international de conférences Abdellatif-Rahal d’Alger.

Un événement, qui se tient en parallèle avec le Salon international de la pierre naturelle, marbre, céramique et des équipements «Algeria Stone », dans sa première édition. Deux salons organisés par la Sarl CGCOM Event et inaugurés, hier, par le ministre de l’Industrie et des Mines Youcef Yousfi. Le ministre a sillonné les stands de l’expo « Algeria-Stone », en marquant des haltes auprès des exposants versés dans la transformation de marbres issus de gisements locaux et parfois importés, et où il a reçu des explications sur leurs activités respectives non sans les encourager à viser l’exportation de leur production. Il s’est rendu ensuite au Salon « Texstyle-Expo », marqué par une forte participation de sociétés turques mettant en avant leur avancée dans le domaine de la production de qualité ainsi que les équipements dernier cri pour le tissage et la confection.
Mais c’est sur le stand de l’Algérienne des industries textiles, le sigle SPA dont est « Tayal », une joint-venture entre des entreprises publiques algériennes et la société privée Intertay, de droit turc, qui a créé un pôle des industries textiles à Sidi El Khettab dans la wilaya de Relizane, que Youcef Yousfi s’est attardé. C’était d’ailleurs prévisible compte tenu de l’envergure de Tayal et l’impact de sa riche production sur le marché local de la filature, de la bonneterie et de l’habillement. Mesut Toprak, le P-DG de Tayal, a mis à profit la présence du ministre pour lui annoncer que les pantalons « jean », issus des ateliers de confection de son usine, seront sur le marché du détail à partir du mois de mars prochain, non sans lui préciser que la production de « jean » actuelle est de 125 000 pantalons et d’autres produits comme les polos, seront aussi présents sur le marché.
Le P-DG a enfin indiqué au ministre que l’ensemble des structures du complexe sera fonctionnel dès la fin du premier semestre 2019. De son côté, le ministre a rappelé au responsable du complexe de s’atteler à intensifier la production « car la demande existe dans les types d’habillement cités plus haut », lui a-t-il rappelé.
Autre stand visité par le ministre, celui de l’Association nationale de la chaussure, où sont exposées des dizaines d’échantillons de chaussures tous sexes et âges confondus de différentes saisons, produits par des industriels de la chaussure. Le ministre a pu ainsi remarquer le niveau de qualité. « Avec des chaussures pareilles et les vêtements de Tayal, tout porte à croire que le secteur du textile et de la chaussure est enfin sur de bons rails », a lancé le ministre. Le président de l’association a déclaré au représentant du gouvernement : « On peut mieux pour peu que les pouvoirs publics prennent acte des doléances des professionnels de la chaussure. » (lire entretien). Sur d’autres stands du secteur public, notamment chez les producteurs de tissu industriel et de maroquinerie, le ministre s’est félicité enfin du niveau de qualité atteint, et de dire, enfin « le secteur dans toutes ses variantes est à la veille de se rattraper et ainsi de gagner les parts de marché qu’il a perdues ». Notons qu’à l’issue de la visite des deux salons, un point de presse a été organisé. Une occasion pour le ministre d’indiquer aux médias que « le secteur du textile commence à se développer. C’est une bonne chose pour notre économie car les perspectives d’exportation dans le secteur sont de plus en plus réelles dès lors que le niveau de qualité atteint ouvre droit à gagner des marchés à l’international ».
Et de lancer : « Nous allons facilement atteindre les 3 milliards de dollars d’exportation hors hydrocarbures en 2019. » Interrogé sur la question des dossiers de projets d’investissement déposés au niveau de son département, il a tenu à préciser : « Le gouvernement donne la priorité aux projets qui assurent des postes d’emploi et dont la portée économique est avérée. » Cependant, le ministre ne dira mot sur les demandes d’installation de nouvelles usines de montage automobile émises par des constructeurs.<