La première double rentrée, universitaire et scolaire, du gouvernement Djerad, est un véritable test de «fiabilité». Elle était attendue comme difficile à gérer, elle sera sans aucun doute très difficile. A quelques jours de la fin du mois de septembre, le flou persiste toujours.
Pour l’université, les premiers pas de la rentrée sont plus que poussifs. Comment s’adapter à la crise sanitaire sévissant dans le pays? Une question à laquelle il faut plusieurs réponses dépendant de paramètres encore plus nombreux. Il n’est pas question uniquement de moyens, financiers ou autres, mais avant tout d’organisation. Cette dernière ne pouvant se faire qu’avec la coordination de plusieurs secteurs. La situation dans laquelle se retrouve le département d’Abdelbaki Benziane est loin d’être enviable. En premier lieu, il y a les mesures gouvernementales instaurées pour contrer la propagation de la Covid-19 qui sont toujours en vigueur. Si elles étaient adaptées à la situation générale du pays depuis mars dernier, elles deviennent actuellement des obstacles à contourner pour espérer réussir cette rentrée 2020-2021.
Un saut vers l’inconnu comportant de grands risques pour l’enseignement supérieur, déjà vilipendé depuis belle lurette. La solution préconisée, consistant à un retour des étudiants «selon l’évolution épidémiologique dans chaque wilaya» reste insuffisante. Devant ce défi, d’autres alternatives doivent être trouvées, et l’ère des rafistolages n’est plus de mise. D’ailleurs, préconiser l’option digitale pour espérer sauver l’enseignement est loin d’être rassurante. Certes, le e-learning reste une bouée de sauvetage, mais son efficacité est d’emblée remise en cause. Il suffit de se fier au blocage virtuel subi il y a quelques jours par tous les Algériens avec le déroulement de l’examen du baccalauréat.
De son côté, le secteur de l’éducation nationale est loin d’être rassurant. Si la rentrée universitaire est poussive, celle que devra gérer Mohamed Ouadjaout est carrément «insaisissable». A ce jour, aucune date n’a été encore déterminée! Reportée à plusieurs reprises, la rentrée scolaire est devenue la hantise des parents d’élèves avant tout. La majorité d’entre eux se retrouvent à épier le moindre signe du ministère de l’Education. C’est qu’il est question de l’avenir des enfants et en même temps du quotidien de millions de familles. Une date est attendue, mais pas que. Le ministère devra également rassurer les parents sur les conditions dans lesquelles se déroulera une rentrée des plus incertaines. Une équation à plusieurs inconnues.