Le nouveau monde en gestation pourra se manifester, dans une de ses formes, dès demain, lundi, avec la première journée du sommet de l’Opep+ et de ses alliés. Une rencontre de deux jours dont les résultats sont très attendus par les marchés pétroliers. La question qui se pose depuis quelques semaines déjà, et dont la réponse sera connue à l’issue de ce sommet, concerne le report ou non, et cela dès janvier prochain, de l’assouplissement des restrictions sur la production. L’accord en vigueur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de leurs alliés, établi en avril dernier, porte sur le retrait du marché de 7,7 millions de barils par jour pour être ramené à 5,8 millions à compter du premier mois de l’année prochaine.
Les experts se relaient depuis quelques jours pour affirmer qu’il y aura probablement un report de trois à six mois de l’application de ces plans de baisse. Des estimations qui peuvent être démenties à la fin du sommet. Effectivement, plusieurs paramètres entrent en jeu. L’un d’eux se révèle être le comportement des mauvais élèves de l’Opep+. Trois pays essentiellement sont d’ores et déjà pointés du doigt comme étant ceux qui vont rendre les négociations difficiles, un membre influent de l’Union africaine, le Nigéria, et deux membres de la fantomatique ligue arabe, l’Irak et les Émirats arabes unis. C’est ce dernier qui risque d’être derrière le « coup » à venir. Embourbée, depuis plusieurs années, au Yémen et en Libye, cette monarchie du Golfe a une feuille de route bien particulière, et dont les objectifs sont bien différents de ceux des autres membres de l’Opep+. Son immixtion dans le dossier du Sahara Occidental, en ouvrant, au début de ce mois de novembre, un consulat à Laâyoune, est une des « facettes » de la nouvelle politique émiratie. A cela, il faut ajouter évidement l’accord de normalisation (qui sera suivi sans aucun doute par d’autres monarchies arabes) signé auparavant avec l’entité sioniste.
Ces récentes décisions font que les Émirats arabes unis vont devoir mettre en place de nouvelles politiques, et ainsi vouloir renflouer ses caisses. D’où le risque de voir ce pays vouloir produire plus de pétrole pour espérer engranger plus de recettes et donc pouvoir assumer leurs projets en cours. Un report de l’assouplissement des restrictions sur la production risque d’être refusé par cette monarchie, avide de pouvoir et d’argent. Si cela devait se concrétiser, l’existence même de l’Opep+ sera remise en cause, et ainsi donner une idée sur les profondes mutations que le monde va devoir subir à l’avenir, proche avenir.