Attendu à l’occasion du 8e Festival international du film d’Alger (Fica) dédié au film engagé, qui se tient depuis vendredi, le long métrage documentaire «Tes cheveux démêlés cachent une guerre de sept ans» a été présenté, dimanche, à la salle El Mougar par sa réalisatrice Fatima Sissani.

Retraçant la vie de trois militantes et combattantes de la cause algérienne durant la guerre de Libération, avec un focus particulier sur le parcours d’Evelyne Safir Lavalette (1927-2014) depuis son adhésion à l’Association de la jeunesse algérienne pour l’action social (Ajaas), en 1951, qui a rassemblé des Algériens, des pieds-noirs et des Européens de différentes origines religieuses pour aider à l’éducation et l’amélioration des conditions sociales des jeunes Algériens.
Le documentaire revient brièvement sur son travail d’agent de liaison du Front de libération nationale (FLN), sa participation au premier numéro du journal El Moudjahid, ou encore son rôle dans l’acheminement de matériel et de courrier ou l’hébergement de plusieurs leaders de la guerre de Libération nationale. Evelyne Safir Lavalette raconte aussi sa vie passée dans les prisons d’Oran, Chlef puis, Alger, où elle a été torturée depuis son arrestation en 1956.
Fatima Sissani a choisi par la suite de recueillir une succession de témoignages auprès des deux autres combattantes que sont d’Alice Cherki et Zoulikha Bekadour. Elle en a fait une juxtaposition dans le but d’appuyer sa recherche d’un engagement à contrecourant de la pensée dominante dans les milieux européens colonisateurs ou algériens conservateurs.
Les trois femmes ont également évoqué leur vie après l’indépendance de l’Algérie. Une période qui a vu Evelyne Safir Lavalette intégrer la première Assemblée nationale et participer à la mise en place du système éducatif, Alice Cherki repartir en France et, Zoulikha Bekaddour se «retirer du monde politique en raison des luttes pour le pouvoir».
Présente au débat qui a suivi la projection du documentaire, Mme Bekaddour ne manquera pas de remercier «tous ceux qui ont contribué à sa réalisation», car, dira-t-elle, «il donne la parole à trois femmes venant de différentes communautés qui ont pris la parole au hasard» et a raconté comment elle est arrivée au combat et au militantisme, puis s’est engagée dans la lutte, expliquera-t-elle. La moudjahida précisera, à l’occasion qu’ Eveline avait hébergé Benyoucef Benkhedda, Abane Ramdane, Mohamed Larbi Ben M’hidi, et d’autres militants, sans que les militaires français ne l’apprennent. Le 8e Fica se poursuit jusqu’au 8 décembre à la salle El Mouggar avec au programme des documentaires comme «Kemtiyu Cheikh Anta» du Franco-Sénégalais Ousmane William Mbaye, «Vivre avec son œil», de la Française Naïs Van Laer, ou encore «Maman colonelle», du Congolais Dieudonné Hamadi. Toutes les œuvres projetées sont rediffusées le lendemain à la Cinémathèque d’Alger.