Samedi, 28 mai, le ministre nigérien de la Défense nationale Alkassoum Indatou a déclaré qu’environ 700 civils et 500 militaires ont été tués dans des «attaques terroristes» au Niger, depuis 2013, a rapporté l’Agence de presse nigérienne (ANP). Le ministre a fait cette déclaration à l’Assemblée nationale nigérienne, en réponse à un député qui lui a demandé si le gouvernement nigérien dispose d’un «plan de sortie définitive» de la crise sécuritaire que connaît le pays.

Synthèse Salim Benour
«Les Nigériens font face à une guerre qui leur est imposée depuis plus d’une dizaine d’années», a affirmé le ministre Alkassoum Indatou. «Ce terrorisme est responsable de près de 1200 pertes en vies humaines, dont 700 civils et 500 militaires et a un coup social énorme avec des milliers de déplacés, la famine, l’aggravation de la pauvreté, la privation des droits d’aller et venir, nous amenant à des prorogations récurrentes d’états d’urgence», a-t-il déploré.
Les premières «attaques terroristes» ont été enregistrées en mai 2013 au Niger, avec deux attentats-suicides contre une caserne militaire et un site d’exploitation minière dans la région d’Agadez. La situation s’est particulièrement dégradée à partir de 2015 avec les premières attaques de Boko Haram à Diffa, dans le sud-est du Niger, près de la frontière avec le Nigeria. En 2017, les régions de Tahoua et Tillaberi, frontalières du Mali, ont basculé dans l’insécurité avec des attaques attribuées à des «groupes terroristes» opérant dans le nord du Mali.
Au Mali, où la situation sécuritaire reste encore inquiétante en dépit des succès enregistrés durant ces derniers mois par les forces armées maliennes, les FAMa, ce ne sont pas moins de 257 casques bleus qui ont été tués depuis 2013. C’est ce qu’a indiqué El-Ghassim Wane, le Chef de la Mission Multidimensionnelle pour la Stabilisation du Mali (Minusma) à l’occasion de la journée internationale des casques bleus (27 mai). Ce bilan fait de la Minusma, dont le mandat actuel expire en juin, «la mission de maintien de la paix la plus dangereuse des opérations que les Nations unis conduisent en différents points du globe», a annoncé son chef, parlant de ««malheureux privilège». «Nous portons en nous leur mémoire et leur sens du devoir continue de nous inspirer dans la conduite de la tâche difficile, complexe, mais aussi exaltante qui est la nôtre», a-t-il souligné. «Ils nous rappellent, de façon poignante, le pacte qui nous lie à ces héros qui nous ont quitté prématurément, à savoir la poursuite déterminée de l’œuvre commencée ensemble. Nous avons l’obligation de continuer à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que leurs sacrifices ne soient pas vains. C’est là le plus grand hommage que nous pouvons leur rendre», a-t-il encore dit. Samedi, neuf casques bleus de la Minusma ont été blessés dans l’explosion d’un engin artisanal au sud-ouest d’Aguelhok dans la région de Kidal, dans le nord du Mal.
Le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont aux prises avec des insurrections jihadistes et les Etats voisins comme le Bénin, le Ghana, le Togo et la Côte d’Ivoire s’inquiètent de débordements sur leur territoire. Une récente série de raids frontaliers dans ces pays situés au sud du Sahel a confirmé les craintes que des groupes jihadistes de la région cherchent à progresser vers la côte. Début mai, une attaque a été perpétrée dans le nord du Togo, au cours de laquelle huit soldats sont morts et 15 assaillants ont été tués, selon le gouvernement togolais. Il s’agit de la première attaque «terroriste» meurtrière au Togo, indiquait alors Lomé.
Jeudi, 26 mai, le Bénin a déclaré avoir connu «près d’une vingtaine d’attaques de groupes armés». C’est la première fois que le gouvernement béninois donne un bilan global de ces attaques qui ont officiellement commencé fin 2021, même s’il n’utilise à aucun moment le terme jihadiste dans ce texte publié jeudi sur son site internet. «Déjà, près d’une vingtaine d’attaques des groupes armés contre le Bénin et l’armée enterre une dizaine de ses soldats», est-il écrit dans ce compte-rendu publié après une cérémonie organisée à Cotonou en hommage à cinq soldats tués en avril au cours de l’une de ces attaques. «Il n’est plus de doute, le Bénin est en guerre contre le terrorisme», a déclaré au cours de cette cérémonie la vice-présidente du Bénin Mariam Chabi Talata, citée dans ce compte-rendu. La première attaque meurtrière connue dans le nord du Bénin remonte à décembre 2021, où deux soldats avaient été tués dans une localité proche de la frontière avec le Burkina Faso, où sévissent des groupes jihadistes. Le gouvernement avait alors annoncé renforcer son déploiement militaire dans le nord du pays pour sécuriser ses frontières. n