Le continent africain est devenu «un pôle d’attraction» pour l’organisation terroriste Daech, a estimé, hier à Alger, le commissaire de la paix et sécurité à l’Union africaine (UA), Smaïl Chergui.

S’exprimant à l’ouverture de la 3e assemblée générale (AG) d’Afripol, qu’abrite l’Algérie pendant deux jours, le responsable au sein de l’organisation panafricaine a indiqué que « le continent africain est exposé aux dangers de crimes transfrontaliers et de menaces terroristes, en devenant un pôle d’attraction pour l’Etat islamique (EI) (Daech) ». Le même responsable a ajouté que la menace terroriste est ressentie sur les frontières, notamment depuis que Daech s’est implanté en Libye.
Mais pour M. Chergui, et bien que les menaces à la paix et la sécurité ne font que s’aggraver, « la résistance des criminels ne nous découragera pas », a-t-il soutenu. A ce propos, le secrétaire général de l’Organisation internationale de la police criminelle (Interpol), Jurguen Stock, a indiqué que le monde entier fait face à « l’épineux problème des terroristes qui sont en mouvement », estimant que « le terrorisme n’a jamais été aussi global et complexe qu’il ne l’est aujourd’hui». Dans ce sens, il a fait savoir, qu’Interpol avait récemment détecté les déplacements de 12 terroristes qui essayaient de rejoindre l’Europe depuis le continent africain, relevant la coopération d’Interpol avec l’Afripol notamment pour la mise en place d’un réseau global de lutte contre la criminalité et la signature d’un accord important pour le partage d’informations. M. Stock a indiqué, par la même occasion, qu’Interpol et Afripol « œuvraient pour le renforcement de leurs alliances à travers l’échange d’informations et de coopération, pour aider les agences de sécurité de tous les pays à neutraliser les terroristes et les criminels ». Il explique que l’Algérie revêt une « importance particulière » dans la lutte contre le terrorisme, en raison de sa position en Afrique du Nord et de sa proximité avec le continent européen», a-t-il indiqué.
Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Salah Eddine Dahmoune, a indiqué, pour sa part, que « la concrétisation effective des bureaux de liaison nationaux d’Afripol constitue une base essentielle dans l’échange d’informations et d’expertises entre les pays et l’élaboration des analyses pénales, stratégiques et opérationnelles. « La mobilisation de tous permettra une lutte efficace contre le terrorisme et le crime dans une région qui aspire à un avenir meilleur pour garantir la prospérité de ses peuples dans la paix et la stabilité», a-t-il dit. Il a ajouté que cela « exige le renforcement des compétences opérationnelles et techniques» des services de la police africaine, à travers le développement des méthodes de travail et la création de centres d’excellence en matière de formation, de recherche et d’analyses pénales policières ». Pour sa part, le directeur exécutif d’Afripol, Tarik Ahmed Sharif, a souligné qu’Afripol « ne pouvait réaliser ses objectifs que si elle jouit du soutien continu de tous ses membres pour réaliser ses objectifs et ses engagements, saluant au passage l’Algérie pour son aide constante en faveur de l’Afrique ».
Les travaux de la 3e AG, qui prennent fin aujourd’hui, sont une occasion pour les chefs de police africains d’examiner et de débattre les aspects fonctionnels et organisationnels et d’échanger leurs points de vue et leurs expériences sur la prévention et la lutte contre les diverses formes de criminalité transnationale organisée. n