Les bombardements de l’enclave de Gaza se sont poursuivis hier alors que la résistance palestinienne a tiré des salves de roquettes sur Israël. En Cisjordanie où les affrontements se sont ravivés, une journée de grève largement suivie a été observée.

Synthèse de Anis Remane
Les Palestiniens de Cisjordanie ont organisé hier mardi une journée de grève générale et de «colère» en solidarité avec Gaza, qui a é té très largement suivie. En marge de ces rassemblements, qui ont dégénéré en affrontements avec l’armée, deux Palestiniens ont été tués et des soldats israéliens blessés par balle. Depuis le début du nouveau cycle de violences armées entre l’Etat hébreu et des groupes de Gaza le 10 mai, au moins 230 personnes, en grande majorité des Palestiniens, ont été tuées. Les raids israéliens se sont poursuivis sur l’enclave palestinienne de la bande de Gaza, laissant de plus en plus d’immeubles éventré.
A peine ouvert quelques heures, le point de passage de Kerem Shalom a été refermé mardi par Israël après des tirs d’obus palestiniens, faisant faire demi-tour aux camions de l’aide internationale chargés de vivres, de médicaments et d’essence.
A la crise sécuritaire s’ajoute le risque d’une crise humanitaire, avec près de 40.000 Palestiniens déplacés et 2.500 personnes ayant perdu leur maison dans les bombardements, et un risque de pénurie alimentaire et sanitaire, selon les agences humanitaires internationales. Côté israélien, deux ouvriers thaïlandais ont été tués dans l’après-midi par des tirs de missiles depuis Gaza vers le sud du pays, a annoncé la police.
En neuf jours, 3.500 roquettes ont été tirées dont environ 90% ont été interceptées par le système de défense anti-aérien israélien, selon l’armée. Depuis le début des hostilités armées, 213 Palestiniens ont été tués à Gaza, dont au moins 61 enfants, et plus de 1.440 blessés, selon un bilan palestinien. En Israël, douze personnes ont été tuées, dont un enfant, et 294 blessées par des tirs de roquettes.
Une diplomatie
à la peine
Sur le front diplomatique, le président palestinien Mahmoud Abbas a plaidé devant l’émissaire américain Hady Amr en visite en Cisjordanie pour une «intervention» de Washington. La porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki a défendu l’approche diplomatique «discrète» mais «intensive» de Washington.
A Bruxelles, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a appelé hier à «un arrêt immédiat de toutes les violences et à la mise en oeuvre d’un cessez-le-feu» entre Israël et les Palestiniens, à l’issue d’une réunion en urgence des ministres des Affaires étrangères de l’UE. «L’objectif est de protéger les civils et de permettre l’accès de l’aide humanitaire à Gaza», a déclaré M. Borrell, en soulignant que cette déclaration avait l’appui de 26 des 27 Etats membres de l’Union européenne, mais pas celui de la Hongrie.
Le diplomate a jugé «inacceptable» le «nombre élevé de victimes civiles, y compris des femmes et des enfants». «Nous condamnons les attaques de roquettes du Hamas et d’autres groupes terroristes sur le territoire d’Israël, et nous soutenons totalement le droit d’Israël à se défendre (…) mais cela doit être fait de façon proportionnée et en respectant le droit humanitaire international», a ajouté M. Borrell. Il a enfin estimé que la sécurité des Palestiniens comme des Israéliens «nécessit(ait) une véritable solution politique». Même si la priorité est à la cessation des violences, le chef de la diplomatie de l’UE affirme qu’il faudra ensuite «rétablir un horizon politique» pourtant bien plombé en raison du déluge de feu israélien sur les Palestiniens de Gaza. Dans le sud du Liban, au moins cinq personnes ont été blessées à la frontière avec Israël, l’armée israélienne ayant tiré des fumigènes et des gaz lacrymogènes contre des manifestants escaladant le mur de séparation, a indiqué l’agence nationale d’information ANI. Depuis plusieurs jours des manifestations quotidiennes ont lieu à la frontière, en solidarité avec les Palestiniens, pour dénoncer les bombardements israéliens meurtriers contre la bande de Gaza ayant débuté le 10 mai. Vendredi, un manifestant libanais a été tué par des tirs israéliens. Hier, mardi, dans la région frontalière d’Adaisseh, des manifestants ont, selon l’agence ANI, «escaladé le mur frontalier en béton pour hisser des drapeaux du Hezbollah». Ils ont également «caillassé la clôture et un char de l’ennemi» israélien. «L’ennemi a tiré des gaz lacrymogènes et des fumigènes, faisant cinq blessés outre des cas d’évanouissement et de suffocation», selon la même source, qui n’a pas donné plus de détails sur l’identité des blessés. <