Le délai légal de dépôt des candidatures pour l’élection présidentielle du 4 juillet prochain est venu à expiration samedi à minuit et ne peut être prorogé. Le Conseil constitutionnel a annoncé, hier, que deux candidats ont déposé leurs dossiers de candidature à la présidentielle du 4 juillet.
Il s’agit d’Abdelhakim Hamadi et Hamid Touahri.

Le Conseil constitutionnel a indiqué qu’il statuera sur les deux cas conformément aux exigences de la loi électorale. Légalement, le Conseil constitutionnel dispose d’un délai de dix jours pour rendre son verdict sur les deux candidatures.
L’organisation de ce scrutin constitue un vrai test pour le régime qui s’accroche mordicus à sa solution constitutionnelle à la crise politique que connait le pays depuis maintenant quinze semaines. Cette solution, qui se base sur l’article 102 de la Constitution, s’est accompagnée d’un désamour de la classe politique et de tout le peuple qui rejettent non seulement le principe de l’élection, mais des joutes organisées par Noureddine Bedoui et Abdelkader Bensalah, deux figures du régime Bouteflika, contestées par la rue. La solution constitutionnelle, qui passe par l’organisation d’une élection présidentielle dans un délai de 90 jours, semble être également rejetée par la classe politique qui, opposants et partis au pouvoir, a décidé, à l’unanimité, de boycotter cette échéance. D’ailleurs, les deux seuls candidats ayant déposé leurs dossiers ne sont pas issus de la classe politique. Pourtant, les quatre partis de l’Alliance présidentielle, le FLN, RND, MPA et TAJ, qui ont annoncé leur adhésion à la solution constitutionnelle, qui exige qu’il y ait une élection présidentielle durant les 90 jours de règne d’Abdelkader Bensalah, n’ont pas jugé utile de joindre l’acte à leur soutien, en se portant candidats à cette élection. L’ANR et le Front El-Moustakbal, qui étaient dans les starting-blocks, ont annoncé, samedi, leur décision de suspendre leur participation à cette élection jusqu’à « la réunion des conditions nécessaires à la réussite de cette échéance électorale décisive ». Les deux candidats à la candidature, Abdelhakim Hamadi et Hamid Touahri, qui se présentent comme candidats indépendants, n’ont pas pu changer grand-chose à la donne, puisque, excepté les dix jours de sursis dont dispose le régime pour la révision de ses plans de base, n’apporte aucune garantie quant à la tenue de l’élection dans les délais légaux. Même si les dossiers d’Abdelhakim Hamadi et de Hamid Touahri éviteraient au Conseil constitutionnel de constater l’absence de candidatures à l’élection du 4 juillet, ce qui serait suivi d’un report de fait du prochain scrutin, les conditions politiques de la tenue de cette élection ne sont pas réunies. La légitimité du prochain président exige une adhésion populaire et politique au processus électoral. Or, le peuple, qui affiche son rejet de ces élections sans relâche, pose le préalable du départ des deux « B » restants, Bedoui et Bensalah en l’occurrence, à son adhésion aux prochaines élections. La classe politique, quant à elle, a jugé impossible la tenue d’une élection présidentielle dans les conditions actuelles, marquées essentiellement par le rejet de cette échéance par l’électorat, par l’administration locale représentée par les maires ainsi que par les magistrats. Des partis, des personnalités et des leaders politiques ont suggéré de dépasser les solutions prévues par la Constitution, étant donné que la crise est plutôt politique, laquelle impasse exige, en revanche, une solution politique qui suppose le départ des deux « B », la désignation de personnalités neutres à même de conduire la transition, la désignation d’un gouvernement de compétences nationales, l’organisation de larges consultations avec la classe politique et la société civile et la tenue d’une présidentielle à l’issue d’une courte période de transition à même de permettre au prochain président d’enclencher les réformes politiques et économiques dans les plus brefs délais. Pour ainsi dire, maintenir les élections dans les conditions politiques actuelles serait un pari risqué pour le régime, même avec la présence de deux candidats dans les starting-blocks, de surcroît candidats à la candidature, étant donné que leurs dossiers n’ont pas été encore validés par le Conseil constitutionnel.<