L’arsenal juridique mis en place à l’encontre des fraudeurs durant les épreuves de l’examen du baccalauréat et le blocage intermittent d’internet n’a pas dissuadé bon nombre d’individus de tenter l’aventure de la triche via les réseaux sociaux. Résultat. Cinquante individus à travers plusieurs wilayas ont écopé de peines de prison.

Une bonne partie des personnes condamnées sont majeures et ne sont pas candidates au bac, mais ont tenté de faire fuiter les sujets et leurs corrigés. Malgré les sanctions qui sont tombées dès les premiers fraudeurs arrêtés et condamnés, lundi dernier, d’autres ont pourtant continué à le faire, et ce, jusqu’au dernier jour de l’examen jeudi.
En effet, jeudi, plusieurs tribunaux ont prononcé des peines d’emprisonnement allant d’un an avec sursis à deux ans de prison ferme, assorties d’amendes allant de 50 000 à 100 000 DA à l’encontre de 19 individus, ayant atteint l’âge de majorité pénale, tandis que dix autres individus ont été placés en détention provisoire en attendant leurs procès, a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué.
Les mis en cause ont été poursuivis pour des faits liés à «la diffusion ou la fuite des sujets du baccalauréat ou de leurs corrigés» mais aussi à l’«usurpation d’identité d’autres candidats», est-il précisé dans le même communiqué, ajoutant que «les juridictions n’ont enregistré aucun cas lié à la diffusion ou la fuite des sujets ou de leurs corrigés avant le début des épreuves».
Les fraudeurs ont été repérés dans de nombreuses wilayas du pays. A Bouira, le tribunal de Sour El Ghozlane a prononcé une peine d’un an de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 DA avec mandat de dépôt à l’audience à l’encontre de K. B. A Djelfa, le tribunal d’Aïn Ouassara a condamné à une peine d’un an de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 DA deux accusés. Le tribunal de Boufarik, à Blida, a prononcé une peine d’un an de prison ferme assortie d’une amende de 50 000 DA à l’encontre d’un autre accusé avec mandat de dépôt à l’audience. Le Tribunal d’Aflou, à Tiaret, a condamné à une peine d’un an de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 DA l’accusé répondant aux initiales B.T.
Le Tribunal de Laghouat a condamné 5 prévenus à une peine d’un an de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 DA. A Relizane, une peine de 18 mois de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 DA a été prononcée par le Tribunal contre deux prévenus et la même peine a été prononcée contre le prévenu O. B. avec mandat de dépôt à l’audience.
A Tipasa, le tribunal d’El Affroun a condamné les prévenus à une peine d’un an de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 DA avec mandat de dépôt. Au Tribunal de Azzaba (Skikda), les deux mis en cause ont écopé de peines de 2 ans et de 18 mois de prison ferme, tandis que le Tribunal d’In Salah (Tamanrasset) a condamné l’accusée D.F. à une peine d’un an de prison avec sursis assortie d’une amende de 60 000 DA et le Tribunal de Ouargla a prononcé six mois de prison ferme, assortie d’une amende de 50 000 DA à l’encontre de Y.A.H. Et ce n’est pas fini, le ministère de la Justice ayant précisé que 10 individus ont été placés en détention provisoire après le report de leur comparution immédiate jusqu’à leurs procès devant les Tribunaux de Bir El Ater, d’El Aouinet, de Tébessa, de d’El Attaf et de Ksar Chellala.

Les sanctions ont pourtant commencé lundi
Il convient de noter que dès lundi dernier, au deuxième jour des épreuve du bac, huit personnes ont été condamnées à des peines de prison allant de 10 mois à 3 ans, et des amendes allant de 50 000 à 500 000 DA. Le lendemain, mardi, 14 personnes ont été condamnées à des peines allant jusqu’à 2 ans de prison pour les mêmes faits, alors que 4 autres ont été placées sous mandat de dépôt. Les condamnations prononcées n’ont pas dissuadé d’autres personnes qui ont tenté, elles aussi, de frauder le lendemain, mercredi, où 9 personnes ont encore été arrêtées et condamnées.
Cette semaine du bac 2020 restera dans les annales du bac algérien, étant donné que c’est la première fois que des sanctions aussi sévères sont prononcées contre les fraudeurs qui tentent de décrédibiliser cet examen, clé de sésame de l’université qui reste le rêve de tout candidat.
Les juridictions, selon le ministère de la Justice, poursuivent le traitement de toutes les affaires dans le cadre des dispositions prévues par l’amendement du code pénal du 28 avril 2020. Ce code prévoit, dans le volet portant incrimination des actes d’atteinte à l’intégrité des examens et concours, une sanction de 1 à 3 ans de prison et une amende de 100 000 à 300 000 DA contre toute diffusion ou divulgation, avant ou pendant le déroulement des épreuves et concours, des questions et/ou corrigés des sujets d’examens finaux d’enseignements primaire, moyen ou secondaire ou des concours de l’enseignement supérieur et de la formation et de l’enseignement professionnels et des concours professionnels nationaux.
Les mêmes sanctions sont infligées à toute personne qui remplace le candidat lors d’examens et concours. La peine est de 5 à 10 ans et l’amende de 500 000 à 1 000 000 DA si l’infraction est commise par les personnes chargées de préparer, d’organiser d’encadrer et de superviser les examens et concours. n