La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) Louisa Hanoune n’a pas caché son «inquiétude» suite à la mort, la semaine passée, d’un jeune homme au niveau de Tinzawatin, rappelant les «combats» menés par sa formation politique au sein de l’APN pour un «plan de développement» pour le Sud algérien.
Elle a dénoncé, dans son discours d’ouverture de la réunion du Bureau politique du parti, les blocages et les obstructions dressés par les partis politiques de la défunte alliance présidentielle, notamment le duo FLN-RND.
Louisa Hanoune a mis en garde, à cette occasion, contre les risques de tensions sociales et économiques générées par «la rupture de confiance entre les citoyens et l’Etat», évoquant également «les conséquences des mesures de confinement sanitaire en vigueur depuis plus de trois mois» sur le quotidien des populations, notamment sur les catégories fragiles.
Elle a alerté sur le risque de voir les tensions sociales «converger» avec les tensions politiques induites par le «blocage de la scène politique et de l’activité syndicale et la prolifération des arrestations parmi les citoyens…».
Par ailleurs, la première responsable du PT a abordé le projet de révision constitutionnelle notamment dans l’article relatif à la possibilité de voir les forces de l’armée nationale intervenir hors des frontières nationales.
La conférencière a ainsi réitéré son «rejet franc» de cette perspective estimant que cette «nouveauté» arrangerait les grandes firmes internationales.
Louisa Hanoune a tiré également sur les membres chargés de rédiger la mouture de la future loi fondamentale auxquels elle a reproché de s’engager dans des questions politiques. «Ils outrepassent leurs prérogatives dans une confusion totale», estime-t-elle, désignant du doigt Laraba, un membre du comité, qui aurait déclaré que «le peuple algérien ne serait pas prêt pour un régime parlementaire».
«Pourquoi ce mépris et cette condescendance à l’égard du peuple», s’est indignée la cheffe du PT, qui est revenue, par la même occasion, sur les répercussions de la loi de finances complémentaire 2020.
«Les augmentations des prix du carburant contenues dans cette nouvelle loi n’augurent rien de bon pour les classes moyennes et les travailleurs qui aspirent à un avenir meilleur. Or, c’est plutôt le contraire qui a été entrepris par les autorités», soutient-elle, mettant en garde contre le risque d’un raz-de-marée social aux conséquences politiques lourdes.