Les éleveurs d’ovins, notamment ceux de la steppe, où la couverture végétale sur les parcours de pâturage est quasi absente ces derniers mois, s’insurgent contre la non-disponibilité de l’orge qui leur est nécessaire pour alimenter leur cheptel.

Ce complément d’alimentation connaît, en effet, depuis quelques semaines une tension au point où l’orge subventionnée n’arrive plus chez les véritables éleveurs, mais chez les spéculateurs. Ces derniers, selon la Fédération nationale des éleveurs d’ovins, font grimper
les prix « qui dépassent l’entendement ». Faut-il savoir que l’inquiétude qui s’est installée chez les éleveurs d’ovins a sa raison d’être dès lors où ils n’arrivent plus à s’approvisionner en quantité suffisante en orge pour leur cheptel. « La ration décidée par le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche n’est pas en adéquation avec les besoins minima de chacune de nos bêtes pour assurer leur bonne croissance. C’est pourquoi nous nous tournons vers le circuit informel animé par les spéculateurs, dont on ne sait par quel moyen ils ont pu acquérir des tonnages aussi importants d’orge qu’ils proposent à des prix qui nous sont inaccessibles et encouragés de la sorte par l’absence de contrôle », nous a expliqué Bouzid Salmi, membre de la fédération contacté par nos soins hier. Il y a lieu de savoir que la rareté de l’orge intervient chaque fois que la couverture végétale de la steppe est insignifiante. Elle regroupe plus de 80% des éleveurs ovins du pays poussant ainsi les éleveurs à se rabattre sur l’orge pour pallier le manque de pâturage nécessaire à la croissance de leurs bêtes ». Mais faut-il rappeler dans ce sens que depuis plus d’une décennie, des efforts importants ont été consentis à l’importation des facteurs de production destinés à développer la production animale, c’est-à-dire les compléments d’alimentation, notamment l’orge consommée surtout par les ovins afin que leur carcasse atteigne une valeur marchande rapidement. En d’autres termes, des aides financières ont été octroyées par les pouvoirs publics pour encourager la culture de l’orge. Mais sans pourtant se traduire par des résultats concrets sur le terrain, c’est-à-dire une extension conséquente des périmètres consacrés à la culture de l’orge. « Des sommes importantes ont été dépensées dans la perspective de ne plus en arriver à importer de l’orge. Mais nous nous retrouvons contraints d’en importer afin de répondre à l’urgence. Celle de pouvoir suppléer une absence de couverture végétale sur les zones pastorales de la steppe », déplore-t-on du côté de la Fédération nationale des éleveurs ovins.
Ceci étant, il faut savoir que cette Fédération a rencontré hier le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Cherif Omari, au siège de son département. C’est ce qu’avait annoncé le porte-parole de la dite fédération Djilali Azaouï, indiquant que la réunion portera notamment sur l’aliment de bétail qui se fait rare actuellement et d’autres points relatifs à la production de viande rouge. Notons qu’hier en fin d’après-midi rien n‘avait filtré de la rencontre du ministre avec la fédération nationale des éleveurs d’ovins.