Par Bouzid Chalabi
Alors que les producteurs d’huiles alimentaires persistent et signent pour dire que leurs usines tournent à plein régime, les grossistes continuent de refuser de commercialiser l’huile de table conditionnée sous prétexte d’une très faible marge de bénéfice.
«Les 10 DA sur le bidon de 5 litres, 7 DA sur la bouteille de 3 litres et enfin 5 DA DA sur les 2 litres n’incitent guère à continuer à faire du commerce en gros», affirme une majorité de grossistes. Certains approchés par Reporters s’accrochent à leur position. «Pas question de vendre à perte», clament-ils à l’unanimité. Ce qui, par voie de conséquence directe, va faire perdurer la tension sur ce produit de consommation au niveau des commerces. Il faut savoir que le prix au détail de l’huile végétale est plafonné, ainsi si les producteurs ont pu revoir à la hausse leur tarif au niveau de leurs usines, les grossistes ne peuvent le faire ou alors à perte, compte tenu des charges de transport qui viennent s’ajouter au prix de l’huile en gros. Devant cette situation de refus par les grossistes, les producteurs ont vu leur stock grossir. Ce qui, selon des sources concordantes, les a amenés à trouver un certain compromis qui pourrait arranger les deux parties. En effet, ils «ont proposé aux grossistes de leur livrer gratuitement de grandes quantités d’huile et de ne la payer qu’après avoir écoulé tout le volume». Il faut dire que, jusqu’ici, cet arrangement n’a pas connu un franc succès car nombreux sont les grossistes qui considèrent que ces propositions ne vont pas changer la faible marge de bénéfice qu’ils pourraient tirer dans la vente en gros aux détaillants. Autrement, ils sont décidés à ne pas changer d’avis «à moins que le ministère du Commerce trouve un mécanisme à même de rendre notre marge plus intéressante qui puisse nous encourager à vendre de l’huile de table en gros», lâche un grossiste de Oued Smar, banlieue est d’Alger.
Ce faisant, il faut croire que la tension sur l’huile risque de perdurer si d’ici là une solution n’est pas trouvée entre les producteurs et les grossistes. Mais toujours est-il que les pénalisés dans cette affaire ce sont bien sûr les consommateurs et à un degré moindre les détaillants. De leur côté, les associations de protection des consommateurs appellent à la régulation du circuit de la commercialisation. C’est d’ailleurs fort indiqué car l’huile végétale, denrée de grande nécessité, a connu ces deux dernières semaines des hausses dans les commerces.
Reste à savoir si le ministère du Commerce va enfin intervenir sur le terrain afin que la tension sur l’huile ne soit plus d’actualité notamment à l’approche du mois de Ramadhan où la demande sur le produit sera plus forte.