Le 6e sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG), tenu mardi à Doha (Qatar), a été sanctionné par une Déclaration finale dans laquelle les pays membres ont assuré poursuivre le renforcement de la sécurité énergétique mondiale en tant que fournisseurs «fiables», tout en soulignant l’importance des «contrats à long terme» et des «prix équitables et stables», dans ce contexte de fortes tensions du marché gazier induites par la crise russo-ukrainienne et ses conséquences sur l’approvisionnement de l’Europe.

PAR INES DALI
Les pays membres du Forum des exportateurs de gaz ont donc réitéré leur détermination à renforcer la sécurité énergétique mondiale en tant que «fournisseurs fiables de gaz naturel pour répondre à la demande énergétique mondiale croissante», étant donné «le rôle central du gaz naturel dans la satisfaction des besoins énergétiques mondiaux et dans la réalisation des Objectifs de développement durable des Nations Unies», selon la Déclaration finale entérinée à l’issue des travaux du 6e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du FPEG.
Ils ont souligné «l’importance de la coordination et de la coopération au sein et entre les pays membres, et du dialogue entre les producteurs, les consommateurs et les autres parties prenantes concernées, pour la promotion de la coopération internationale visant à assurer la viabilité et la durabilité des marchés du gaz». Les autres points, et non des moindres, permettant un marché sécurisé sont «les contrats à long terme pour le gaz et le GNL et des prix équitables et stables». Leur importance réside dans le fait qu’ils sont les garants pour «soutenir la poursuite des investissements dans l’industrie mondiale vitale du gaz», est-il ajouté dans la déclaration finale publiée par l’APS.
Or, la situation actuelle du marché gazier dans le contexte de crise entre la Russie et l’Ukraine soutenue par les européens et les Etats-Unis complique et perturbe les prévisions, notamment sur les prix. La satisfaction du marché européen «en cas de difficultés» n’est pas aisée, le gaz russe approvisionnant l’Europe représentant «30 à 40% de sa consommation», avait déclaré l’émir du Qatar à l’ouverture des travaux du Sommet. Même s’il avait assuré l’Europe de son «aide» en cas de problèmes d’approvisionnement, il a, toutefois, reconnu que cette aide serait limitée aux volumes disponibles, les producteurs étant liés à «des contrats de long terme» et «les volumes qu’on peut rediriger vers d’autres clients représentent environ 10 à 15%», a-t-il indiqué.
Ce volet a été pris en considération dans la Déclaration finale du FPEG, sans citer explicitement les parties concernées. Ses membres ont exprimé leur «profonde préoccupation» et leur «désaccord» concernant «les restrictions unilatérales entreprises sans l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU contre des pays membres qui affectent négativement le développement et le commerce du gaz naturel», ainsi que «l’application extraterritoriale des lois et réglementations nationales» contre des pays membres.
Le FPEG a, par ailleurs, fait part de sa «préoccupation face à l’utilisation de l’agenda climatique pour perpétuer les inégalités, l’introduction de pratiques discriminatoires et l’incitation à des mesures protectionnistes en violation directe des règles du commerce mondial». Revenant sur les contributions positives de l’utilisation du gaz pour l’amélioration de la qualité de l’air et l’atténuation des changement climatiques, conformément à la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et l’Accord de Paris, le Forum a mis en avant «l’importance cruciale» de la poursuite des investissements et du développement des ressources naturelles et ressources gazières à travers la réalisation d’infrastructures pouvant assurer la sécurité énergétique et des systèmes énergétiques résilients». Inspirés par les précédentes déclarations de sommets, les membres du Forum ont décidé de promouvoir le gaz naturel en tant que «source d’énergie abondante, abordable, propre et fiable», et en tant que «combustible de choix pour satisfaire les besoins énergétiques mondiaux croissants». Il a été ainsi décidé de poursuivre les investissements et de développer les ressources en gaz naturel, tout en encourageant des politiques énergétiques «clairvoyantes» qui intègrent le gaz naturel comme source fiable et flexible pour la production d’énergie de base.
Affichant leur détermination à continuer à travailler ensemble et à surmonter les conséquences négatives de la pandémie de Covid-19 pour fournir un approvisionnement en gaz, les chefs d’Etat et de gouvernement se sont félicités de la proposition de l’Algérie d’abriter le 7e sommet du FPEG en 2023. Tenu sous le slogan «Gaz naturel, façonner l’avenir énergétique», le 6e sommet a vu la participation des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres, que sont l’Algérie, la Bolivie , l’Egypte, la Guinée équatoriale, l’Iran, la Libye, le Nigéria, le Qatar, la Russie, Trinité-et-Tobago et le Venezuela. Des pays observateurs ont également assisté au sommet, à savoir l’Angola, l’Azerbaïdjan, l’Irak, la Malaisie, la Norvège, le Pérou, les Emirats arabes unis et le Mozambique, qui a été accueilli en tant que nouveau membre observateur. <