Le lait en sachet pasteurisé (LSP) subventionné continue de faire couler de l’encre. Et pour cause. La tension sur ce produit de large consommation, apparue au mois de février dernier, est toujours de mise.
Et pourtant, de nombreuses mesures ont été prises par le ministre du Commerce dans le but de mettre fin à la rareté du lait en sachet au niveau des commerces de proximité. Devant cette situation qui perdure au grand détriment des ménages aux faibles revenus, l’Association nationale de protection et d’orientation du consommateur (Apoce) interpelle les pouvoirs publics. Son président Mustapha Zebdi affirme, dans sa sortie médiatique de jeudi dernier, que la tension sur le lait en sachet s’est non seulement aggravée, mais s’est aussi généralisée sur une grande partie du territoire national. Ce dernier révélant dans ce sens : «Cette conclusion est tirée des remontées de données qui nous sont parvenues de différentes régions du pays.». Et d’ajouter : «Nous recevons énormément de requêtes concernant la non-disponibilité du lait en sachet subventionné et la concomitance opérée sur ce produit.» Comme il rapporte que «des commerçants nous appellent pour signaler qu’ils reçoivent moins de caisses. On ne comprend plus ce qui se passe». Du coup, Mustapha Zebdi s’interroge: «S’agit-il de résistance et donc un retour en force des spéculateurs qui ont la mainmise sur le circuit de la distribution au point d’imposer leur diktat, celui de créer une tension sur le lait en sachet, avec comme retombées des gains plus importants ?» Notons que l’alerte lancée par l’Apoce par la voix de son président a vite connu une riposte, ou du moins des mises au point de l’organisme public chargé de veiller à la bonne distribution du lait en sachet. L’Office national interprofessionnel du lait (Onil), car c’est de lui dont il s’agit, a rendu publics des éléments d’informations inhérents à la crise du lait en sachet sur le marché de la consommation. Selon le P-DG de l’Onil, Khaled Soualmia, qui se prononçait en marge de l’inauguration d’un point de vente, jeudi dernier, à la Cité 5-Juillet de Bab Ezzouar par le complexe laitier d’Alger (Colaital), filiale de Giplait, « cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en place des unités de vente de lait et dérivés opérée début 2020 par le Groupe Giplait à travers différentes communes de la wilaya». Pour ce responsable, cette initiative «a permis la maîtrise de la distribution du lait subventionné et des produits dérivés à des prix raisonnables». Plus en amont du circuit de la distribution, il a indiqué : «Les pouvoirs publics ont approvisionné, avant le mois de Ramadhan, en quantités doubles de poudre de lait les laiteries, afin d’assurer la disponibilité de ce produit vendu à 25 DA.» S’agissant de la tension sur le lait en sachet, le P-DG a déclaré : «Le contrôle permanent du circuit du sachet de lait nous a permis de constater que certains distributeurs et commerçants procédaient à la transformation du lait en l’ben pour un gain rapide au vu de la forte demande de cette boisson pendant le Ramadhan.» Ajoutant que «les auteurs de ces dérives se verront sanctionnés par la décision de mettre fin à leurs activités». Plus explicite, le P-DG a précisé que les clauses du contrat liant l’Onil aux laiteries astreignent l’Office à procéder, en collaboration avec les services locaux des ministères du Commerce et de l’Agriculture, au suivi du circuit du sachet de lait subventionné sur le terrain.
Pour sa part, Mohamed Miraoui le Directeur général du complexe laitier d’Alger Colaital, qui relève du Groupe Lait Giplait, a déclaré que pour ce qui est du contrôle de la distribution de lait au niveau des quartiers de la capitale, le ministère de tutelle a procédé à l’installation d’une commission mixte composée d’agents relevant de l’Office national interprofessionnel du lait et de produits laitiers (Onil), d’agents relevant du ministère du Commerce et d’autres agents des services agricoles de la wilaya d’Alger, avec pour missions, le contrôle de la traçabilité du lait subventionné.
Il a fait savoir, à ce sujet, qu’il a été procédé, dans le cadre de l’activité de cette commission, à l’arrestation de quelques distributeurs de lait en flagrant délit de détournement de cette denrée vers d’autres destinations pour l’exploiter dans la production d’autres dérivés de lait (fromageries, yaourt, etc.).
Estimant que les points de vente de lait subventionné créés visaient à «assurer cette denrée aux citoyens à un prix réglementé, tout en évitant la pénurie», ce dernier a enfin fait savoir que l’unité Colaital de Birkhadem (Alger) produit quelque 600 000 litres par jour de lait subventionné, tout en assurant que le complexe ne se heurte à aucun problème en matière d’approvisionnement en matière première (poudre de lait). n